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Les gestes qui comptent

Quelques secondes, un mouvement, une phrase…. Et j’y pense encore.

Allongée sur le lit d’hôpital, tremblante, effrayée, direction salle d’opération pour subir une césarienne d’urgence, un visage se penche sur moi, me caresse la joue quelques secondes et me dit : « Tout va bien se passer ». C’était l’infirmier de l’équipe d’anesthésie et je le remercierai toute ma vie.

Quelques secondes, un mouvement, une phrase et je retrouve mon humanité, quelqu’un me voit.

La vieille tante de ma maman qui me glisse à l’oreille :

« Ta grand-mère aurait été si heureuse de voir ta famille ».

Ils sont si petits ces gestes, ils semblent si insignifiants et pourtant ils donnent du goût à nos vies. Comme des trésors semés dans nos cœurs.

  • C’est la main du pédiatre qui se pose sur ton épaule pour t’encourager. Ce sont ses mots qu’il prend le temps de dire pour que tu saches que si ton enfant est malade ce n’est pas de ta faute.

Dans les situations de tempête, les traversées du désert, les frayeurs au milieux des coups de tonnerre de nos vies : les gestes qui comptent nous parlent d’espoir, nous rappellent qu’on est vu, vraiment vu.

  • C’est l’amie qui a déposé un bouquet de fleurs, une petite bougie et un chocolat après ton rendez-vous psy qui t’as coûté tant d’efforts. C’est le « oui » de la maman d’accueil de l’enfant que tu vas adopter et qui comprend avant toi que tu seras une bonne maman pour ce bébé.

Quelques secondes, un mouvement, une phrase, si souvent un réflexe, un geste tout naturel pour celui qui le pose. Il prend le temps de l’instantané, fait un pas à contre-temps, se penche, souris et change un peu notre vie.

  • C’est la carte postale des vacances sur laquelle est écrit « Sur le marché en Provence j’ai vu ces poteries, toutes uniques, toutes si belles et j’ai pensé à toi», c’est le compliment vrai, qui s’échappe sans calcul, c’est le fou-rire partagé sur le bord d’un trottoir. C’est le pas de danse avec ta fille au milieu des légos quand la musique que tu aimes retentis.

Et si au fond la vie n’était que du vent… ? alors il ne restera rien de nous, sauf ces quelques secondes, ces gestes, ces phrases, milles graines de bonheur lancées dans ce vent, insignifiantes mais qui auront fait pousser des fleurs sauvages dans les cœurs, un beau bouquet.

  • C’est la petite musique que ton voisin joue sur son piano et qui te remplit de chaleur.

C’est le « tout fabuleux » des gestes qui comptent.

rebeccadernellefischerD’origine belge, Rebecca Dernelle-Fischer est installée en Allemagne avec son mari et ses trois filles. Psychologue indépendante, auteure de Und dann kam Pia et mère au foyer pleine d’entrain, elle garde de ses études en psychologie positive un regard bienveillant sur la femme et la famille. Après avoir accompagné de nombreuses personnes handicapées, Rebecca est aujourd’hui la maman adoptive d’une petite fille porteuse de trisomie 21. Découvrir le site de Rebecca (en allemand).

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