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Vie de famille

Le nid vide

Une Fabuleuse Maman 13 septembre 2021
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Quand l’aîné part après son bac faire ses études ailleurs, il peut y avoir un vide. Quand le deuxième à son tour fait un choix de cursus étudiant avec internat, tu sais que le vide s’agrandit. 

À mesure que les jeunes grandissent, ils se détachent de toi, pour s’éloigner, toujours plus loin

Alors tu profites un maximum de ta petite dernière, pas encore lauréate du sacro-saint Bac. 

Et l’inévitable arrive :

Elle décroche son diplôme et ça sonne la fin de la tranche de vie, que l’on croyait infinie, celle de la vie de famille fusionnelle, nous cinq, comme les cinq doigts de la main, côte à côte, parfois trop, mais tellement heureux sous le même toit.

Le nid n’est pas entièrement vide, il y a encore ton Fabuleux et toi, comme deux capitaines de navire, dont l’équipage s’est volatilisé. Le bateau, il y a peu bruyant, toujours en mouvement, souvent pris dans les tempêtes, est soudainement sur une mer d’huile sans vent, et sans un seul marin, même dans la cale. 

Ah, si, il reste le chat, qui dort imperturbablement, sans s’offusquer de la désertion des étudiants.

Quand le nid s’est vidé, tu le sais, au-delà même du nombre de chambres, portes closes et volets fermés.

Pour une maman dont le nid s’est vidé … c’est :

  • Finir par faire une lessive de blancs avec trois culottes, faute de plus.
  • C’est manger les restes toute la semaine, car tu as encore oublié que vous n’étiez plus 5 à table.
  • C’est arrêter d’acheter du lait en brique. Plus personne ne boit de chocolat chaud au petit-dej.
  • C’est se surprendre à vouloir sortir la poubelle par habitude, mais là bah y’a pas grand-chose de dedans… ça pourra attendre la semaine prochaine !
  • C’est repousser à plus tard l’approvisionnement du congélateur, qu’est ce que ça change d’avoir des réserves ?
  • C’est le silence dans la maison, alors qu’avant la sonnette tintait à chaque débarquement de copains, parfois par bande d’ados.
  • C’est ne plus recevoir de messages du lycée, du conservatoire, et du club d’athlétisme.
  • C’est ne plus poireauter pour prendre sa douche.
  • C’est revendre le monospace.
  • C’est quand une chaise de cuisine rend l’âme et que tu ne la remplaces pas, de toute façon personne ne s’assied dessus, deux chaises suffisent.

C’est désespérant.

C’est un peu comme quand tu envoyais l’été les enfants pour les vacances chez papi-mamie, c’était le calme provisoire, et déjà là tu tournais en rond. Quand le nid se vide pour de bon, tu tournes en rond pour de bon.

Ou alors tu te dis que c’est peut-être le moment de penser à toi, et de penser à ton couple.

Quand le nid se vide, c’est aussi…

  • Sortir de la salle de bain à poil, ce n’est pas le chat ni le Fabuleux qui y voient quelque chose à redire !
  • Revenir des courses avec un jacuzzi.
  • C’est mettre la musique que j’aime très fort dans la maison, même du Mireille Mathieu !
  • Faire l’amour la porte ouverte.
  • S’installer un coin à soi dans la chambre du grand dont les étagères sont vides.
  • Faire de la place dans le grenier, en débarrassant le coin de piles de livres Biblio Collège et dictionnaires.
  • Inviter les amis à passer après le marché pour un apéro improvisé, la vie m’appartient !
  • Faire des projets de voyage hors des vacances scolaires et juste à deux !

Quand les oiseaux se sont envolés, tu penses à eux avec l’impression qu’ils sont maintenant devenus comme des amis que tu aimes voir souvent, mais qui ont leur propre parcours : ils font leurs choix, ils votent, ils ne te consultent plus, mais ne te demandent plus de les accompagner partout non plus.

Ils sont autonomes.

Apprenant qu’avec ton Fabuleux, tu as acheté un jacuzzi ces jours-ci , soudain ils t’envoient un texto :

« Je passe ce week-end » !

Alors tu ne sais plus où tu en es…

Tu devrais te réjouir, mais aussi cela compromet ta tranquillité, car soudain tu sens qu’il faudrait faire des lits, il serait bien de garnir le frigo, et de se rendre disponible… 

Tu t’es ajustée, tu as accepté, et tu as commencé à voir les bons côtés, en restant plus tard au travail, en pratiquant certains loisirs mis de côté pendant quelques années, et en multipliant les sorties ! 

Et ton enfant a soudain de nouveau besoin de toi, il voudrait te raconter des trucs importants, :

Il revient au bercail ! 

Le cœur balance, tu as envie de serrer dans tes bras ton petit qui fait deux têtes de plus que toi, tu as envie de connaître de nouveau la joie de la fusion, ou tout au moins de l’effusion…

Alors, oui, tu lâches tout, et tu vas même jusqu’à le chercher à la gare en voiture, alors qu’avant, même chargé d’un gros sac, il rentrait à pied, et tu cuisines des choses qu’il aime, tu sors une bonne bouteille de la cave, et tu es toute disponible à lui !

C’est ça, la période où nos enfants nous quittent.

Ils ne nous quittent pas vraiment, en tout cas, pas définitivement. Ils partent à la rencontre de leur destin, et nous les mamans, nous devenons les spectatrices de leur transformation.

Il arrive, quand les enfants reviennent, que tu ne les reconnaisses plus tout à fait. Ils ont fait des choix de look, cheveux longs, piercing. Ils ont de nouvelles expressions. Ils s’habillent différemment. 

Et dans un regard, un sourire, une fossette, ou au détour d’un rire, tu vois ce qui est resté de lui, de son enfance, c’est ton petit, il n’a pas changé autant qu’il n’y paraît, et il continue de chercher chez toi la sécurité, l’écoute, et la tendresse. 

C’est normal et c’est très bien.

Pour toujours, tu es et tu restes celle qui veille sur le nid. Patience, discrétion, et indulgence sont tes nouveaux compagnons !

Ce texte nous a été transmis par une fabuleuse maman, Anne-Claire



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Cet article a été écrit par :
Une Fabuleuse Maman

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