La rentrée ? Même pas peur ! - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

La rentrée ? Même pas peur !

Anna Latron 31 août 2021
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– Ohlala, pas du tout envie de faire les courses de rentrée !

– Les dossiers d’inscription aux activités extrascolaires, quelle plaie…

– Dans trois jours je serai déjà épuisée par la reprise du rythme !

– Et si jamais ça se passe mal avec sa nouvelle maîtresse ??

– …

Ces phrases, je les ai entendues bien des fois depuis quelques semaines.

Sur la plage, en balade, sur une terrasse autour d’un verre ou tout simplement au fil d’une conversation téléphonique de fin d’été. Et j’aurais facilement pu les laisser résonner dans ma tête, jusqu’à franchir mes lèvres.

Parce que oui, moi aussi, même si je suis quand même un peu soulagée de voir mes enfants reprendre le chemin de l’école — on ne va pas se mentir, je ressens déjà une gratitude infinie pour les instits — j’ai une tendance naturelle assez fâcheuse à anticiper les choses avec une touche de négativité et d’angoisse.

« Est-ce que je vais survivre au tourbillon de la rentrée ? Est-ce que tout le bénéfice de ces vacances ne se retrouvera pas cramé dès le 10 septembre quand j’aurai pris la vague en pleine face ? Comment je vais gérer les devoirs le soir, maintenant que mes deux enfants en auront ? Et si mon Fabuleux croule sous le boulot, comment ça va se passer ? Et si les rendez-vous des enfants changent de date et d’heure, comment tout ça va s’organiser ? »

Et blablabla. Chère Fabuleuse, ici, je te laisse compléter avec tes propres pensées et angoisses habituelles de la rentrée.

Ces phrases-là, ces pensées-là, je les connais bien : 

Chaque année, à partir de la mi-août, elles me font les yeux doux. Elles veulent m’attirer à elles, et je dois dire que c’est assez tentant : je les connais bien. Elles m’ont accompagné pendant tant d’années ! Elles et moi, on est des partenaires qui connaissent sur le bout des doigts chaque émotion qui leur est liée. Et du coup, emprunter la première sortie qui conduit directement à l’autoroute de la rentrée la plus stressante de la décennie et la plus pourrie du monde, c’est quand même super tentant. N’est-ce pas ?

Cette année pourtant, j’ai décidé de ne pas accueillir ces pensées à bras ouverts, de ne pas les rejoindre. J’ai pris l’engagement de ne pas emprunter cette autoroute pourtant si familière — un peu comme les aires de l’autoroute A10 que je sillonne à chaques vacances, jusqu’à savoir désormais qu’il faut toujours s’arrêter dans celles qui disposent d’une aire de jeux — et presque confortable.

Pour cette rentrée, voici ce que je décide de me dire :

  • J’aime faire les courses de rentrée et préparer leurs cartables avec mes enfants — et j’assume de le dire. Oui, chère Fabuleuse, pour moi, c’est un grand moment de plaisir, et j’ai décidé cette année d’en faire tout un foin : ce week-end, on a passé une matinée en pyjama à cocher chaque ligne de la liste et à déballer les fournitures ensemble en musique !
  • J’ai suffisamment de ressources en moi pour tester de nouvelles choses et accepter d’en tester d’autres en cas d’échec. Les devoirs, tremblez ! Je suis prête !
  • J’ai suffisamment profité des plaisirs de l’été pour dire sans honte que j’ai envie d’apprécier ceux que cette nouvelle saison a à m’offrir. Autant j’ai toujours aimé partir en vacances, quitter mes habitudes et routines, autant j’ai toujours ressenti une vraie joie à l’idée de reprendre le rythme et renouer avec la vie quotidienne : sauf que maintenant, je n’en ressens plus aucune honte.

Je décide de penser autre chose à propos de la rentrée.

C’est une nouvelle saison qui s’offre à moi, elle ne me veut aucun mal, mais plutôt : elle est un nouveau terrain de jeu qui m’invite à accueillir mes imperfections avec encore plus de douceur et celles de mes enfants avec encore plus de bienveillance…et surtout, surtout : elle m’invite à ne pas me juger trop durement en cas de coup de mou.

Parce que je sais bien que celui-ci ne tardera pas à se manifester : dans la soirée du 15 septembre approximativement — cherche pas, c’est un mercredi ^^ — je m’affalerai sur le canapé et me blottirai contre l’épaule de mon cher et tendre en me lamentant et en pleurant toutes les larmes de mon corps :

« C’est trooop dur, j’y arriverai pas ! Je suis la plus mauvaise mère du monde et la femme la moins organisée de l’univers !!! »

Tu sais, chère Fabuleuse, je souris en écrivant cela…

parce que la scène, je la vois déjà avec tant d’acuité que j’ai l’impression d’y être. D’en connaître tous les détails (jusqu’à l’air mi effrayé-mi désolé du Fabuleux). Mais si je souris, c’est surtout en pensant à la « Anna » du 15 septembre, à celle qui sera en train de galérer, à celle qui sera déjà en train de se juger, de se dire qu’elle n’est pas à la hauteur. Et tu sais quoi ? Je lui envoie beaucoup de douceur et je lui murmure, en la rassurant :

« T’inquiète pas, bichette. Tu vis juste quelque chose qui fait partie de l’expérience humaine. Tu n’es pas nulle, tu es simplement humaine. »

À toi, chère Fabuleuse,

qui te demandes comment tu vas sortir vivante du marathon de la rentrée, comment tu vas parvenir à jongler entre ton nouveau boulot et les besoins de ton enfant, entre les agendas de ton Fabuleux et celui de tes autres enfants qui grandissent…

À toi, chère Fabuleuse, qui es angoissée à l’idée d’une rentrée sans enfants à la maison pour la première fois, ou en garde partagée pour la première fois, j’ai envie de poser une question :

Que choisis-tu de penser à propos de cette rentrée ?

As-tu envie d’emprunter l’autoroute que t’indiquent les autres autour de toi, les réseaux sociaux, ou encore les pensées que tu as toujours eues à son propos ? As-tu envie de faire toujours et encore la même expérience, bien balisée, bien confortable, mais pas très fun ?

Ou as-tu envie de t’autoriser à faire une expérience un peu nouvelle, de laisser une chance à cette période qui peut aussi être considérée comme une page blanche ? N’aurais-tu pas envie, chère Fabuleuse, de sortir tes stylos à toi pour écrire l’histoire à ta façon ? Une histoire qui n’exclut aucun raté, aucun soir de déprime ni aucune insomnie. Mais une histoire qui t’appartient et dont tu es la fabuleuse héroïne.

Et si tu essayais ?

Et si tu décidais de répéter avec moi : « La rentrée ? Même pas peur ! » ? Essaye un peu devant ton miroir, tu vas voir, c’est un exercice assez puissant !



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Cet article a été écrit par :
Anna Latron

Journaliste de formation, Anna Latron collabore à plusieurs magazines, sites et radios avant de devenir rédactrice en chef du site Fabuleuses au foyer et collaboratrice d’Hélène Bonhomme au sein du programme de formation continue Le Village. Mariée à son Fabuleux depuis 10 ans, elle est la maman de deux garçons dont Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

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