Je bataille avec ce satané sommeil - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

Je bataille avec ce satané sommeil

bataille sommeil
Une Fabuleuse Maman 1 mars 2022
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J’ai souvent entendu des mères se plaindre que leurs nuits étaient trop courtes. Quelle ironie.

En réalité, les nuits d’une mère sont bien souvent longues, trop longues.

Une sucette qui s’égare dans le lit, un cauchemar effrayant, une dent qui pousse, ou tout simplement une soudaine envie de faire pipi. Peu importe l’âge de votre enfant, il trouvera toujours une raison valable de ruiner votre sommeil et par la même occasion d’être la source de ces magnifiques cernes qui ornent vos yeux le matin et qui vous vaudront les subtiles remarques de vos collègues célibataires et sans enfants.

Ma fille a aujourd’hui dix-huit mois et…

… elle ne fait toujours pas ses nuits, ou devrais-je dire “mes nuits”.

Certes, la situation est bien meilleure qu’auparavant, mais je bataille encore avec ce satané sommeil.

Je dois avouer que les premiers mois ont été chaotiques et m’ont valu quelques visites chez un psy. En effet, la fatigue et le manque de sommeil ont fait de moi un zombie stressé et irritable à souhait, dénué de toute patience et de tout raisonnement rationnel.

J’étais devenu une autre personne, à mille lieues de celle que je suis vraiment, mais surtout à mille lieues de la maman que je rêvais d’être.

J’ai souffert, beaucoup souffert.

J’ai pleuré sous la douche — quand j’arrivais enfin à en prendre une… — une bonne centaine de fois. J’ai compris en devenant mère pourquoi la privation de sommeil peut être utilisée comme moyen de torture. J’étais absolument démunie devant ce petit être qui me rendait complètement folle, mais que j’aimais démesurément.

Le doux paradoxe de la maternité.

Je n’en pouvais plus de cette situation, et en même temps, je l’aimais tellement que ça me faisait presque mal.

Après s’être battus pendant des mois afin de seulement arriver à la poser, après avoir passé de longues heures à tourner en rond dans le salon pour qu’elle ferme enfin les yeux, les choses ont doucement évolué. Mais malgré un bon nombre de progrès incontestables, il n’empêche que toutes les nuits, encore aujourd’hui, elle se réveille en pleurs, et de fait, je me réveille en sursaut pour finir dans sa chambre, agenouillée à côté de son petit lit à barreaux.

La sucette remise en place, le doudou collé tout contre elle, je pose une main dans son dos, et de l’autre, je caresse doucement les petites mèches de cheveux derrière son oreille.

En attendant que Morphée la prenne à nouveau dans ses bras, je la regarde.

Sans un bruit, j’observe son torse se soulever à chaque souffle.

Agenouillée à côté de son lit, je me refais alors le film de notre journée. 

  • Ai-je bien fait ceci, n’aurais-je pas dû choisir cela ?

  • Est ce que je l’ai assez calinée aujourd’hui ?

  • N’aurais-je pas dû la consoler plus longuement lorsqu’elle s’est cognée ?

  • Est-ce que, du haut de ses quinze mois, elle a compris quand j’ai chuchoté pour la centième fois, « je t’aime tellement » au creux de son cou en essayant de l’endormir ?

Agenouillée à côté de son lit, je m’imagine la personne qu’elle sera plus tard.

  • Aurai-je réussi à lui inculquer les valeurs qui me sont chères ?

  • Aurai-je réussi à faire d’elle une “bonne personne” ?

  • Aura-t-elle reçu tout l’équipement affectif pour devenir une femme forte, indépendante et épanouie ?

Agenouillée à côté de ton lit, je sais au plus profond de moi, que même si je suis exténuée et que j’aimerai ne plus me lever chaque heure,

ces nuits hachées et “trop courtes” ne dureront qu’un temps.

Je suis consciente que ces moments précieux sont malheureusement éphémères, car tu vas grandir et bientôt tu n’auras plus autant besoin de moi.

Agenouillée à côté de ton lit, je réalise que tous ces moments difficiles ne sont sont rien à côté du bonheur incommensurable dont tu emplis mon existence, juste en existant.

Agenouillée à côté de ton lit, je pense à ce jour où je viendrai tout près de toi alors que tu dormiras profondément, parce que cette fois, c’est moi qui en ai besoin.

Malgré tout, ces longues nuits, je ne les échangerais pour rien au monde.

Peu importe si elles sont faites de jolis rêves ou de pleurs inconsolables, je les passe auprès de toi.

Alors, demain, je porterai mes cernes avec fierté car elles sont la preuve que j’ai passé une nuit “trop courte” :

elles sont la preuve que je suis ta maman.

Ce texte nous a été transmis par une fabuleuse maman, Nancy Martins.



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Cet article a été écrit par :
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