Maman d'ados : j’ai perdu le mode d’emploi - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Maman d’ados : j’ai perdu le mode d’emploi

Une Fabuleuse Maman 30 mai 2021
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Quand ils étaient petits, j’avais beaucoup de certitudes. Même si ce n’était pas tous les jours facile, même si la fatigue et la lassitude pouvaient se faire sentir, même si la vie ressemblait parfois à un marathon : couches, biberons, promenades, bains, repas, réveils nocturnes, maladies infantiles, rendez-vous de pédiatres… et devoirs du soir lorsqu’ils ont un peu grandi.

Je savais à peu près ce qui était bon pour eux :

Une nourriture équilibrée, des heures de sommeil à respecter, des temps d’écran limités, des jeux ou des lectures partagés, du travail à surveiller, sans oublier de bien bouger et de laisser quelques moments pour s’ennuyer. Les chagrins ne duraient pas trop et je savais généralement comment les consoler.

Mais, un jour, je me suis aperçue qu’ils avaient grandi… vraiment grandi, et même si j’avais toujours l’impression de savoir ce qui était bon pour eux, ils ne l’entendaient pas toujours de cette oreille. C’est alors que mes repères se sont brouillés et que j’ai trouvé difficile d’exercer mon rôle de parent, difficile de surfer sur une étroite ligne de crête.

Du haut de ses 13, 14 ou 16 ans, il ne comprend pas aujourd’hui à quoi lui sert de travailler à l’école. Pourtant, il a des capacités, nous le savons, il nous le montre tous les jours mais il n’est pas intéressé…

  • Comment maintenir le dialogue sans verser dans la confrontation systématique ?
  • Comment maintenir l’exigence qui le fera grandir tout en acceptant que cet enfant-là ne rentre pas dans le moule si contraignant de l’école à la française ?
  • Comment limiter le temps d’écran lorsque les derniers rappels à l’ordre ou restrictions autoritaires ont entraîné de sa part des réactions explosives, des mises en danger traumatisantes dont nous, les parents, avons du mal à nous remettre ? Quand je le vois « faire son trou » dans le canapé avec son téléphone portable vissé dans la main un nombre incalculable d’heures d’affilées, je ne sais quelle attitude adopter.
  • Comment maintenir le dialogue en faisant passer le bon message ? Si je ne dis rien, suis-je dans mon rôle d’éducateur ? Si je dis, ne risqué-je pas de rompre ce dialogue ou d’entraîner une autre de ces réactions incontrôlables. ?

J’ai perdu le mode d’emploi.

Et je ne parle pas des tensions créées par la situation, trois sœurs et un frère qui ne comprennent pas pourquoi ce numéro 3 dans la fratrie a un traitement si particulier, pourquoi les règles parentales s’assouplissent curieusement avec lui. Et un Fabuleux pour qui les épisodes d’angoisse passés justifient aujourd’hui une patience que j’ai tendance à qualifier de passivité.

C’est vrai qu’à 16 ans maintenant il a mûri (un tout petit peu), c’est vrai qu’il ne nous fait plus aussi peur, c’est vrai que cela me fait du bien un Fabuleux qui relativise et m’aide à prendre du recul. (Il paraît que c’est bien pour ça que l’éducation, c’est plus facile à 2).

Mais l’adolescence n’est pas encore finie.

Je dois apprendre à me faire confiance pour lui dire au bon moment ce qu’il a besoin d’entendre, me faire confiance sans attacher d’importance au regard des autres, ces personnes extérieures qui ont toujours une réponse toute faite à proposer. Ces profs pour qui la solution est tout simplement de lui dire de se mettre au travail (Mais, bien sûr ! Comment n’y avais-je pas pensé !).

Les « Moi, mon fils … ».

« Oui, mais le vôtre a-t-il déjà enjambé la balustrade du balcon ? A-t-il déjà disparu jusqu’à 2 heures du matin ? Refuse-t-il toute aide d’un thérapeute extérieur ? »

Du coup, aujourd’hui, j’ai perdu mes repères, j’ai perdu le mode d’emploi. Mon Fabuleux arrive à se réjouir du moindre petit signe positif quand je trouve que cela ne va jamais assez vite.

Ce que je dois sans doute apprendre avant tout, c’est de lui faire confiance, à ce grand ado, et lui montrer cette confiance.

Et si c’était mon angoisse à moi qui l’empêchait d’avancer ?

Moi, j’ai perdu le mode d’emploi mais c’est à lui maintenant d’écrire le sien. Je ne peux pas faire à sa place, je dois le laisser faire en lui laissant le temps. Je dois juste me tenir disponible lorsqu’il aura besoin, montrer mon soutien et mon amour inconditionnel (même si toute marque d’affection me revient immanquablement en pleine figure…). 

Lorsque je regarde autour de moi, je me dis que c’est sans doute cela être une maman d’enfants qui grandissent :

Accepter qu’ils s’égarent un peu, qu’ils prennent du temps, qu’ils fassent des choix qui ne sont pas les nôtres et qu’ils continuent de nous empêcher de dormir même si ce ne sont plus les dents qui percent, mais être là toujours pour eux quand ils en auront besoin pour leur permettre de révéler le fabuleux qui est en eux.

Ce texte nous a été transmis par Sabine, une fabuleuse maman de 5 enfants entre 11 et 21 ans.



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Cet article a été écrit par :
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