J'ai mes règles - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

J’ai mes règles

Anna Latron 28 mars 2019
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« Ce matin, je suis épuisée et je me sens inutile. Bref, la déprime. J’ai juste envie de rester dans mon lit. De ne rien faire. Mais je dois me lever. Aujourd’hui encore, je vais devoir lutter… Alors, je serre les dents, je me lève et surtout, j’oublie que j’ai mes règles. »

Voilà ce que je me suis dit pendant des années.

Pendant des années, plusieurs jours par mois, j’ai serré les dents.

Vraiment. Oui, parce que Dame Nature ne m’a pas oubliée : j’ai des règles sacrément règles, si tu vois ce que je veux dire ^^. Pour faire simple : ça dure, ça fait mal, et ça ressemble aux chutes du Niagara.

Du coup, j’ai longtemps eu l’impression d’être inadaptée au rythme de notre société qui nous demande de performer en permanence, alors que moi, pendant ces quelques jours, je me sens juste crevée, à la ramasse…bref, pas très « bankable », comme on dit !

Pendant longtemps, j’ai essayé coûte que coûte de coller au maximum à cette vie à 100 à l’heure…d’assurer en réunion, de caler un dîner, de prévoir mille activités, alors que mon corps réclamait simplement du repos.

Résultat ?

J’étais encore plus crevée, mais surtout je me plaignais de ce corps que Dame Nature avait ainsi programmé. Au final, j’en voulais à la terre entière et devinez quoi ? C’était mon mari qui morflait. Ben oui, parce qu’il était bien souvent aux premières loges de ce petit combat que je menais contre moi-même.

Mon corps, pendant mes règles, ne réclame que du repos.

C’est simple, au fond, non ? Simple, oui, mais pas facile.

Car il y a la vraie vie.

Celle qui nous donne des tas de trucs à faire, que l’on ait ou pas ses règles.

Et puis, j’ai appris, peu à peu, à faire « avec moi » plutôt que « contre moi ».

J’ai découvert une nouvelle approche.

Celle que j’appelle le « minimum syndical » ou « économie d’énergie ».

Durant ces quelques jours qui reviennent chaque mois, je me mets en mode économie d’énergie. Je me couche aussi tôt que je peux, je prévois le moins de choses possibles dans mon agenda.

Alors bien sûr, je continue à aller chercher les enfants à l’école, à préparer de quoi manger, à rendre les dossiers les plus urgents…mais l’idée que j’essaie de vivre, c’est de trouver un équilibre entre agir en me respectant à 100% (c’est-à-dire rester sous la couette pendant 3 jours) et agir raisonnablement sans me faire trop de mal.

Simplement, en étant consciente de cette phase particulière qui revient chaque mois, j’apprends peu à peu à adapter une circonstance incontournable à l’état d’esprit (et de corps !) dans lequel je me trouve.

Exemple : Je dois rencontrer un nouveau client alors que je suis au premier jour de mes règles (le pire !). Non, je ne vais pas annuler ou décaler cette réunion ! Mais je peux m’offre un petit moment rien que pour moi juste avant pour me parler gentiment, me masser le dos doucement…

Je peux aller à ce rendez-vous sans “tout donner” en terme de motivation, mais rester par exemple dans une rencontre plus douce.

La double ou triple peine.

Le mode économie d’énergie m’offre cette possibilité de rester la plus écologique pour moi, c’est-à-dire ne pas m’imposer la double ou triple peine.

Alors, après ce rendez-vous client, je rentre chez moi tranquillement en écoutant de la musique et je ne prévois aucune sortie le soir. Ou alors, après avoir cherché les enfants à l’école, je les laisse tranquillement s’étriper et retourner leur chambre, tandis que je me repose sur mon lit histoire d’affronter le 18h-20h sans trop de difficultés.

L’idée de ce mode économie d’énergie, c’est de limiter la déperdition d’énergie, de rester un maximum dans la douceur et la bienveillance envers soi-même.



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Cet article a été écrit par :
Anna Latron

Journaliste de formation, Anna Latron collabore à plusieurs magazines, sites et radios avant de devenir rédactrice en chef du site Fabuleuses au foyer et collaboratrice d’Hélène Bonhomme au sein du programme de formation continue Le Village. Mariée à son Fabuleux depuis 10 ans, elle est la maman de deux garçons dont Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

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