jouet

J’ai décidé d’être une mauvaise mère

Article rédigé suite à une réflexion suscitée par une des grandes discussions de l’émission Les Maternelles, où un pédopsychiatre invitait les mères à ne pas rechercher à être des mères parfaites mais à « être », tout simplement…

J’ai décidé d’être une mauvaise mère. Cela fait assez sens avec ma première fille qui me reproche souvent d’être méchante… et je vais vous dire comment et pourquoi.

#1 – en ne répondant pas toujours à leurs demandes

#2 – en ignorant leurs caprices

#3 – en ajoutant une mesure de frustration à leurs petites vies

#4 – en disant non souvent

#5 – en acceptant leur reproche : « oui je suis méchante et je t’aime ! »

#6 – en ne leur donnant pas tout, en ne leur montrant pas tout et en ne leur disant pas tout. Mais en laissant une part de mystère, celle qui aiguise la curiosité et l’apprentissage par soi

#7 – en apprenant que mes erreurs en tant que mère ne leur donnent pas nécessairement droit à un pass coupe-file pour 15 ans de thérapie comportementale

#8 – en me pardonnant mes excès émotionnels (colère, fatigue, lassitude…)

#9 – en leur permettant de voir que mon humanité et mes faiblesses les autorisent d’être à leur tour humaines, faibles et imparfaites et que c’est N.O.R.M.A.L.

#10 – en étant juste moi, tributaire de mon éducation mais néanmoins responsable de celle que je décide de leur donner

Car je veux que mes filles aient toutes les cartes que j’ai en main et qu’elles recherchent activement celles qui leurs manquent. Je veux que frustration, contrôle, limite mais aussi liberté, créativité et détermination forment l’essentiel de leur jeu.

Parce que je veux qu’elles aient la juste dose de confiance en elles, qui les rende sensibles à la peur et au doute, juste assez pour se dépasser, assez pour s’élever et élever les autres.

Je veux être une assez bonne mauvaise mère pour qu’après leur avoir donné tout ce que j’ai et n’ai pas et qu’elles se soient lassées de mes bras, qu’elles courent chacune sur le sillon qui leur est réservé à la conquête de ce manque nécessaire à leur développement, qu’une mère parfaite n’aurait pu leur procurer. Afin qu’elles partent à la conquête de ce qui les remplira, à la conquête de l’autre, de l’inconnu, du monde, d’elles.

Voilà pourquoi, de tout mon coeur, je veux être une mauvaise mère et pourquoi je vous invite à l’être aussi, juste un petit peu (parfois). Et vous ?

promo-ebook

Je partage sur Facebook
  • Adeliine Arcenciel

    « ce manque nécessaire à leur développement, qu’une mère parfaite n’aurait pu leur procurer.  » … cette phrase ( et bcp d’autres que je détaillerai plus tard )me dérange particulièrement : personne n’est parfait : la mere parfaite n’existe pas donc par conséquent c’est impossible et cette phrase n’a donc pas de sens…. de fait encore et toujours c’est juste une manière de se deculpabiliser de nos choix alors qu’on sait que nous pourrions faire mieux … c’est bete de ne pas vouloir progresser, faire mieux, se  » perfectionner » ! oui il n’ y a pas de honte à vouloir se perfectionner dès lors que c’st pour le bien etre de son enfant ( et pas juste pour se faire mousser : mais soyons honnetes quelle mere se fait mousser en se déclarant être mère parfaite ??? aucune !!! ) la encore c’est une étiquette que l’on colle à ses mères qu’on  » jalouse » d’une certaine manière parce que depuis notre petite tour personnelle on a l’IMPRESSION qu’elles font mieux que nous ou que ce qu’elles font nous dérange uniquement parce qu’on ne fait pas pareil !!!!! allons jusqu’au bout : arrêtons de juger ses mères en les qualifiant de « parfaite » juste parce qu’on culpabilise de ne pas en faire autant .. et si ce n’est pas pour ca alors pourquoi sommes nous tellement embêtés par l’existence de ses « pseudo mere parfaites » ????? ( la perfection n’existe pas mais il n’y a pas de honte à vouloir s’en approcher ! )

  • Marine

    Merci. Je pense pareil. J’ai l’impression que maintenant on cherche à culpabiliser les mamans qui veulent faire leur maximum. Moi j’aime me donner à 300% et quand parfois je n’arrive qu’à donner 50%, je ne culpabilise pas mais j’aspire à donner plus et oui, j’ai envie d’être presque parfaite…Alors ce discours là m’agace. Si on en croit les articles, être fabuleuse, c’est être cool, laisser traîner le linge, crier sur ses gosses et le tout sans culpabiliser. Et les mamans qui se donnent à 300% se font présenter comme des névrosés qui obligatoirement s’oublierait ou serait de mauvaises épouses…Alors non, ne quittons pas un cliché pour tomber dans un autre.

  • Marcende

    Si la perfection peut faire mal, elle peut nier celle que l’on est profondément. Elle peut nous conduire à vouloir faire ce que nous ne pouvons faire. Cette image de la mère parfaite est extrêmement dangereuse. Combien de femmes soutenons nous au sein de l’association Maman Blues rongées par la culpabilité de ne pas être conforme à l’image d’epinal qu’on nous vend dans les médias. La perfection est douloureusement culpabilisante pas dans le sens où l’on souhaiterait égaler les autres mères mais parce qu’elle isole alors que toutes les mères devraient pouvoir exprimer combien elles ont envie d’être elles mêmes sans perfection, sans ambages, sans jugements. Merci les fabuleuses pour votre article 😉

  • Adeliine Arcenciel

    je suis d’accord avec les points 5/6/7/8/9 et ces points la montrent justement que vous ne vous considérez pas comme parfaite ( personne ne l’est d’ailleurs) mais ne font pas de vous non plus une mauvaise mère ! au contraire je dirais que ce sont des bons principes pourquoi les décrire comme étant ceux des « mauvaises mère » ? en revanche j’ai bcp de mal avec les points 1 à 5 et le 10 ! je vais commencer par le 10) non nous ne sommes pas tributaires de l’éducation qu’on a reçu au sens ou effectivement notre éducation influence la notre mais il faut savoir reconnaître les bons cotés mais aussi les mauvais coté de l’éducation qu’on a reçu , faire la part des choses ( ca ne veut pas dire qu’on accuse nos parents d’être nul ou ne pas reconnaître le coté bon de leur mode éducatif : simplement faire preuve de maturité en reconnaissant que tel point puisse être amélioré et que nous en tant que parent à notre tour sachions reconnaitre nos blessures d’enfance et ce qui nous a parfois « traumatisé » oui le mot est fort et on a parfois peur de le dire mais qd on se souvient de certains points de notre enfance aussi clairement c’est bien que ca nous a marqué .. traumatisé oui on peut le dire sans craindre d’offenser nos parents qui ont fait de leur mieux avec ce qu’ils avaient, avec les connaissances de l’époque etc on le reconnait !!! ) Mais avant de pouvoir devenir parents il faut reconnaitre les blessures de notre propre enfance afin de les guérir et de ne pas reporter tt ca sur nos enfants ce qui ne serait pas juste !!
    je reviens maintenant au point 1 ) ne pas tjs répondre à leurs demandes …. tt d’abord il faudrait différencier les « besoins » ( psychologiques, physiologiques, physiques affectifs etc etc) auqxuels il est essentiel et auxquels si nous voulons que nos enfants s’épanouissent il faut impérativement répondre : il s’agit non pas d’une lubie mais d’un besoin essentiel a leur développement de la mm manière que nous adulte qd nous avons un besoin nous faisons tt pr le combler … les différencier des « désirs » ces envies qui effectivement demandent à être au moins écoutées par l’adulte ce qui ne signifie pas combler ce désir. oui il est important d’apprendre à l’enfant qu’on ne peut pas tt avoir dans la vie mais en revanche il a tt a fait le droit d’en avoir l’envie !!! dc dans tous les cas on devrait répondre à ses demandes au sens ou ne serait ce que d’écouter ce dont ‘il a envie c’est déja répondre à sa demande et parfois cela leur suffit déja rien que ca ECOUTER !!
    passons au 2) ignorer ses caprices …. il n’ y a pas de caprices avant 4-5 ans comme l’ont démontré les « scientifiques » d’après les études récentes sur le cerveau et son développement et il faudrait cesser de tt appeler caprice juste parce qu’il s’agit d’une demande que nous adulte ne comprenons pas ou encore considérons comme non important …. mais si c’est important pour l’enfant de mettre des chaussettes bleus pour l’enfant et que ca ne nous change rien à notre vie pourquoi ne pas écouter son ressenti plutot que de tt catégoriser ds la catégorie « caprice » ? nous adulte jugeons bcp trop vite des actes/réctions de nos enfants sans essayer de COMPRENDRE ce qui se cache réellement derrière !!! c’est dommage … de plus ignorer le  » caprice » ne fait qu’accentuer le pb puisque on ne cherche pas a savoir pourquoi l’enfant réagit ainsi on ne résout pas le pb …. et au final si simplement on essayait de parler avec l’enfant de savoir ce qui le pousse à agir ainsi on éviterait certainement les « caprices suivants » . l’ECOUTE est essentiel et ignorer son enfant parce qu’il a un comportement que nous jugeons innaproprié n’est pas la solution profonde : la on arrache la mauvaise herbe sans la racine … on traite la conséquence de la maladie sans régler la cause de la maladie !!
    pour le 3) ajouter une mesure de frustrations à leur vie …… ouaaaaaah il n’ y a donc pas assez de frustrations déja ds la vie pour ne pas en rajouter dans leur enfance ???? il y sont de tte façon confronté car personne ne vit ds une petite bulle bien hermétique !! et leur rajouter de la frustration sous prétexte de les « préparer à la vie » de les  » blinder » est inutile !!! c’est d’ailleurs prouvé la encore par les dernières études scientifiques qui démontrent que au contraire cela est néfaste pour eux et n’améliore pas du tt leur confiance en eux etc au contraire : il vaudrait mieux leur apprendre à gérer les frustrations qui surviennent puisqu’il y en a tjs ( exemple meme petit : un enfant qui n’arrive pas à empiler une tour de cube rien que ca ca génere une frustration qui peut donner lieu à la colère !!!) que de leur en rajouter une couche pour leur  » apprendre la vie » … inutile d’en rajouter la vie s’en chargera bien assez tot !! APPRENDRE A GERER les frustrations qui arrivent naturellement ne signifie pas les PROVOQUER EXPRES comme un entrainement !!!
    point 4 ) dire non souvent ….. dire non juste pour les « entrainer à la frustration » est complètement contre-productif …. savoir dire non est essentiel mais il faut que ce non soit motivé par des raisons justes et valables et non pas parce que ca fait des génération qu’on fait ca ou que  » ca ne se fait pas » les règles ne sont pas coulées dans l’airain. exemple : un enfant qui voudrait rentrer le petit toboggan du jardin ds le salon. bcp de parent diraient non … juste parce que ca ne se fait pas etc c’est fait pour aller au jardin … mais meme sur la notice il n’est pas écrit réservé au jardin et si nous ca ne nous changera pas notre vie de le mettre au salon en quoi est ce légitime de dire non ? en rien … finalement notre raison pour dire non est nulle et non avenue … elle est « bidon » …. on dit bien trop souvent trop rapidement non car beaucoup de ces refus ne sont motivés que par le  » ca ne se fait pas »  » que vont dire les autres » ou juste parce que c’est plus confortable pour nous …. et on cherche à se justifier en disant : il faut bien qu’il apprenne la frustration … il l’apprendra de tte façon mm si vous acceptez de rentrer le toboggan ds le salon !! la vie s’en chargera !! ce n’est pas pour ca que votre enfant deviendra un  » enfant roi » capricieux et je ne sais quoi … sous prétexte de ne pas les transfomer en « enfant roi » nous devenons nous meme les  » parents roi » !!!!!! ce n’est pas juste. nous sommes adultes et ca en nous donne pas pour autant tt les droits et nous nous devons de montrer l’exemple à nos enfants. dc dire non , oui d’accord mais pour des raisons valables et légitimes !!! de plus a force de répéter non non non il ne faut pas s’étonner que le tt jeune enfant passe aussi par la « phase du non » et oui il n’entend que ca alors il répète tt simplement … alors que si nos non sont « mesurés » ou plutot donnés uniquement pour des raisons bien valables et légitimes cette phase du non sera bien atténuée voir inexistante !! pour l’avoir testé moi meme avec ma fille de presque 20 mois aujourd’hui je peux en témoigner. j’ai utilisé le mot « stop » pour arrêter les gestes dangereux / signifier mon désaccord qd elle faisait des gestes inapproprié etc plutot que le non pour bien différencier ce NON qui finalement dépend bien de notre volonté tout en arrêtant les  » gestes/actes/mots » « inadaptés et bien aujourd’hui elle devrait être ds une phase du non systématique et bien non elle ne dit non que pour des choses qu’elle ne veut pas mais dit oui a plein d’autres ….d’ailleurs elle a su dire OUI bien avant le « NON » contrairement à l’enfant d’une proche qui dès 9 mois répétait non non non non car c’est le mot qu’elle entendait le plus souvent …. à tester donc !!
    voila en conclusion j’ai envie de dire : pourquoi vouloir se caser ds une case de type de mère ? il n’ y a pas de mère parfaite, et pas non plus de « mauvaise mère » il n’ ya que des mère qui essayent de faire au mieux pour leur enfants et dès lors qu’on cherche à s’améliorer pour un bien meilleur il n’ y a pas de raison d’avoir honte ni de se dénigrer …. je ne suis pas une mère parfaite mais je cherche à me « perfectionner » au sens appliquer le meilleur pr le bien etre de mes enfants en m’appliquant et me tenant au courant des dernières découvertes sur le cerveau des enfants etc afin de  » faire au mieux » … plus tard mes enfants me reprocheront certainement tel ou tel point mais au moins j’aurais essayé de faire au mieux plutot que de me cacher derrière les  » ca se fait comme ca » ou de me  » déculpabiliser » de mes choix parce que c’est tellement plus facile de ne pas changer …. au final si on culpabilise c’est bien qu’il y a un motif a cette culpabilisation ? alors pourquoi ne pas chercher le trouver et le résoudre ?
    voila pourquoi, de tout mon coeur, je veux être une bonne mère, la meilleure mère pour mes enfants même si certains me qualifieront certainement de  » mère parfaite » ( ce que je ne serais jms malheureusement ) et pourquoi je vous invite à l’être aussi, juste un petit peu (parfois).

  • Adeliine Arcenciel

    ce concept de  » mère parfaite »  » mauvaise mère » etc n’existerait pas sans la jalousie finalement … je viens de lire un autre article sur ce blog résumant bien la situation je vous met l’extrait qui me semble très juste:
    « Alors si on faisait un rêve ensemble ?

    Le rêve d’une société qui nous laisse « être » et qui encourage la diversité.

    Le rêve de mamans qui parlent de leurs problèmes sans avoir peur d’être constamment jugées ou encore jalousées.

    Le rêve d’une communication vraie, où le positif comme le négatif peut être dit.

    Le rêve de réseaux de mamans qui se serrent les coudes quand tout va mal et qui font la fête ensemble quand la vie leur sourit.

    Le rêve de pouvoir dire à quelqu’un sans se sentir gêné « je suis tellement fière de mes enfants » ou encore « je me réjouis avec toi ».

    Le rêve d’un antidote universel contre la jalousie, contre la compétition à outrance, contre la médisance, contre la comparaison entre les mamans, leurs enfants…