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Faire taire cette petite voix dans ma tête

Anna Latron 16 août 2019
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Le livre Le pouvoir du moment présent, dont j’ai parlé récemment, est resté longtemps sur ma table de nuit. Très longtemps. Son contenu est si riche – parfois ardu, il faut le dire – que j’ai eu besoin de plusieurs mois pour le terminer. Et depuis que je l’ai refermé, je ne cesse de le rouvrir pour y retrouver l’une ou l’autre phrase. Pour me répéter ces mots qui m’ont marquée.

C’est son écriture très poétique, quasi « mystique » parfois, qui m’a séduit et me séduit encore. J’ai même écrit certaines phrases dans le cahier que je traîne partout et dans lequel je note mes idées et mes pensées. Ces phrases, je les laisse infuser en moi parce que j’ai la certitude que la pensée de Tolle va me nourrir pour de longues années. Parce que j’ai aussi la certitude qu’elle détient une clé pour faire taire cette petite voix dans ma tête.

Cette petite voix qui m’empêche de vivre ma vie.

Dans mon précédent article consacré à ce livre, j’expliquais que Tolle nous invitait à nous “désidentifier du mental” pour ne plus laisser notre vie intérieure (et extérieure) être envahie par nos pensées.

Moi qui ai une réunion perpétuelle dans la tête, ça m’a tellement parlé !

Eckhart Tolle va d’ailleurs plus loin : en nous identifiant à notre mental, nous donnons vie à ce qu’il appelle “l’ego”.

Kesako ?

Pas besoin d’avoir une licence en philosophie pour comprendre ce concept très simple : l’ego, c’est cette part de nous qui a toujours peur, qui a constamment besoin de dominer et de se défendre. C’est l’ego qui nous pousse à avoir raison. Car pour l’égo, avoir tort signifie être faible et donc être en danger.

L’égo, c’est ce gros bouclier que l’on met en place pour se protéger. À chaque événement déplaisant, l’égo rajoute une couche au bouclier, il finit par devenir très très lourd, à nous étouffer, à nous épuiser.

Tu vois de quoi je parle ?

L’ego, c’est cette force qui nous pousse à :

  • une soif inextinguible de reconnaissance…
  • nous accomplir à travers le regard des autres
  • refuser nos limites personnelles
  • nous fixer des barrières
  • nous interdire de demander de l’aide
  • toujours vouloir faire mieux et plus
  • etc., etc. Je te laisse compléter la liste ^^

L’ego a ce super-pouvoir absolument effrayant d’associer chaque événement présent à un événement du passé. Et lorsque quelque chose d’inconnu se produit, il perd ses repères…et tente donc de reprendre le contrôle.

Pourtant, nous ne sommes pas notre ego. Voilà ce que dit Eckhart Tolle :

« L’identification au « mental » amène la pensée à devenir compulsive. L’incapacité à s’arrêter de penser est une épouvantable affliction. Nous ne nous en rendons pas compte parce que presque tout le monde en est atteint : nous en venons à la considérer comme normale. Cet incessant bruit mental vous empêche de trouver ce royaume de calme intérieur (…). Ce bruit crée également un faux moi érigé par l’ego qui projette une ombre de peur et de souffrance sur tout… L’identification au mental crée chez vous un écran opaque de concepts, d’étiquettes, d’images, de mots, de jugements et de définitions qui empêchent toute vraie relation. Cet écran s’interpose entre vous et vous-même, entre vous et votre prochain, entre vous et la nature…  »

Selon lui, nous passons notre vie à construire notre identité par le biais de détails, de petites choses que nous « figeons » ou « isolons » : ce sont les fameuses « étiquettes » – sous forme de jugement ou d’avis – que nous posons sur les choses.

La bonne nouvelle – car il y en a une -, c’est que l’ego ne peut survivre sans la notion du temps, le temps passé et le temps futur. Il a besoin d’une identité, qu’il trouve dans le passé : “Je suis parce que j’étais”. Il a besoin du futur pour se définir : “Je suis parce que je serai ou j’obtiendrai cela”.

En fait, l’ego n’est jamais dans le présent. Il est constamment en train de ressasser le passé, de ruminer son histoire personnelle. Il est tout le temps en train de se projeter dans le futur en quête d’espoir ou de désespoir d’ailleurs.

Projeter des scénarios négatifs, il adore.

Se désidentifier du mental, c’est prendre conscience que le seul moment qui existe, c’est maintenant. Pas hier, ni demain, mais maintenant ! Du coup, l’exercice auquel je vous invitais récemment est plus qu’un simple moyen de “ne pas penser à autre chose” : c’est LE moyen le plus concret pour faire taire l’ego.

C’est LE moyen le plus simple pour faire taire tous ces “j’aurais dû”, tous ces “je devrais”, tous ces “comment je vais y arriver ?” et ces “est-ce que ça va bien se passer ?”.

Voilà ce que dit encore Tolle : « Rien ne s’est jamais produit dans le passé : cela s’est produit dans le présent. Rien ne se produira jamais dans le futur : cela se produira dans le présent. »

Il nous invite donc à faire la différence entre ce qu’il appelle nos « conditions de vie » et notre « vie ». Notre vie, notre vraie identité, se trouve dans le moment présent. Nos conditions de vie peuvent être problématiques, voire très difficiles. Pourtant, les problèmes n’ont pas de prise sur le présent. 

Je reconnais que c’est difficile d’y croire profondément – et parfois, ça nous semble carrément impossible – mais je sens que moi, j’ai vraiment envie d’y croire.

L’idée, quand on est un peu submergée par ses pensées, c’est de se poser la question : « Ai-je un problème ? ». Pas demain, ni dans 10 minutes, mais là, maintenant, tout de suite…

Au fond, l’ego a besoin de problèmes pour survivre, il a besoin de « drame ». Il ne supporte pas le présent et le calme qu’il nous inspire. Cela t’est forcément déjà arrivée de te sentir bien, et pourtant rapidement tu as entendu une petite voix (ton mental) s’écrier :

« Oui, mais… »

Apprendre à rester ancrée dans le présent, c’est faire taire cette petite voix.

C’est faire taire toutes nos petites voix.

C’est sonner la fin de la réunion dans notre tête. C’est tordre le cou à cet “ego” qui nous fait croire que tout ira mieux quand… Alors que non, ça n’ira jamais mieux. Le mieux, c’est maintenant. Ici. Tout de suite.



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Cet article a été écrit par :
Anna Latron

Journaliste de formation, Anna Latron collabore à plusieurs magazines, sites et radios avant de devenir rédactrice en chef du site Fabuleuses au foyer et collaboratrice d’Hélène Bonhomme au sein du programme de formation continue Le Village. Mariée à son Fabuleux depuis 10 ans, elle est la maman de deux garçons dont Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

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