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« Comment tu fais ? »

« Comment tu fais ? »

Cette question, posée récemment par une connaissance, m’a fait réfléchir. Elle m’a d’abord renvoyé une image de « femme qui gère » alors que, le plus souvent, j’ai juste l’impression de m’en sortir à peine.

C’est en tous cas mon sentiment général, en ce début d’année. Voici mes circonstances du moment :

  • Un fabuleux souvent en déplacement et qui, quand il n’est pas à l’autre bout de l’Europe, rentre de plus en plus tard du boulot ;
  • Des rendez-vous récurrents pour mon aîné différent, auxquelles se rajoutent des tracas administratifs incessants
  • Un cadet en pleine période de demande d’attention qui ne me décolle pas d’une semelle et qui, dès que j’ai le dos tourné (ou les yeux rivés sur mon smartphone^^), me rappelle gentiment à l’ordre en vidant son verre d’eau sur le carrelage / la boîte de cacao dans la poubelle, en dessinant sur les murs de sa chambre ou en les attaquant carrément au marteau ;
  • Une vie professionnelle trépidante, passionnante mais remplie de défis ;

Au milieu de tout ça, j’ai parfois le sentiment de surnager…

…d’assurer le minimum syndical, notamment en me mettant sur pilote automatique.

Et pourtant : dans cette question posée, on sentait poindre une once d’admiration.

Moi, admirable ? Laissez-moi rire !

Ou au moins en douter.

Je ne compte plus ces soirs où la purée Vico me permet de mettre deux assiettes chaudes sur la table en moins de dix minutes, où je me glisse sous la couette à 21 heures, où je me mords les lèvres pour ne pas hurler quand Numérobis (mon cadet) décide de faire son dernier pipi de la journée sur le parquet du pallier.

Je ne compte plus ces matins où, dès 5h30 du matin, je pense à toutes les choses à ne pas oublier : lancer le lave-vaisselle avant de partir, étendre le linge pour que la tenue de sport de mon aîné soit sèche le soir même, appeler le médecin dès 8 heures pour espérer avoir un rendez-vous après l’école, réserver les billets de notre prochaine virée en famille avant que les prix n’explosent…

Et j’en passe.

Alors, comment je fais ?

J’accepte de l’aide dès qu’elle se présente à moi. Et j’ose en demander.

J’héberge une amie quelques jours à la maison ? J’accepte immédiatement qu’elle prépare le dîner ou qu’elle surveille le bain des enfants.

Je dois amener mon aîné à son rendez-vous hebdomadaire à 60 kilomètres de chez nous car nous n’avons plus de transport pris en charge par la sécurité sociale ? Je décroche mon téléphone et je demande à une amie de me garder Numérobis pendant quelques heures (histoire de ne pas péter un câble dans la salle d’attente ^^).

Une adorable veuve du voisinage me propose de prendre mon aîné à déjeuner et de l’emmener ensuite au cinéma ? J’accepte.

Je fais feu de tout bois

Cela me coûte. Soyons honnêtes, c’est parfois presque crucifiant de décrocher son téléphone pour demander un service. Mais j’ai décidé de résister aux petites voix qui me disent :

« Tu es incapable de te débrouiller toute seule ! »

Parce que, en fait, quand on y réfléchit…

Qui a dit qu’on était censé se débrouiller seul(e) ?

En ce qui me concerne, plus je me débrouille seule, plus je veux gérer « à la force du poignet », plus je me transforme en guerrière pas franchement accessible. Je revêts ma tenue de combat qui finit par me rendre flippante.

J’abandonne toute vulnérabilité pour me transformer en bulldozer qui fait fuir.

Alors, comment je fais ?

Je renoue avec la vulnérabilité.

J’accepte de confier à mes amies proches que « c’est difficile » ; j’accepte d’en rire avec elles, d’en pleurer aussi, parfois.

J’accepte aussi d’être accompagnée dans mon cheminement de maman d’enfant différent, de femme frappée de plein fouet par le fléau de la honte maternelle. Régulièrement, j’évoque mes fameuses« circonstances » avec un professionnel.

Il y a 7 ans, la naissance de mon aîné différent me plongeait – avec joie et douleur – dans l’aventure de la maternité ;

Il y a 3 ans, la naissance de mon second me plongeait dans le doute : « allais-je y arriver ? » ;

Il y a plus de 2 ans, les premiers textes d’Hélène Bonhomme que je découvrais m’ouvraient à la notion de vulnérabilité ;

Il y a un an, je rejoignais l’équipe des Fabuleuses et commençais à écrire aux mamans, mais surtout à les écouter et à les encourager.

Différentes étapes qui me permettent, aujourd’hui, d’affirmer :

Être aidée ou avoir été aidée aide aussi à aider.

Toi aussi, tu veux enclencher un « cercle vertueux » de l’aide ? Rejoins-nous le 16 février ! Il est encore temps de t’inscrire au séminaire de formation « Premier secours relationnels » avec Hélène Bonhomme, Yolande & Philippe Schwab.

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profil anna latronDepuis plus de 10 ans et après une école de journalisme, Anna Latron met sa plume au service de l’information en collaborant à plusieurs magazines, sites et radios. C’est en réalisant un dossier sur l’imperfection heureuse qu’elle rencontre Hélène Bonhomme dont elle est aujourd’hui collaboratrice, notamment pour le programme de formation continue du « Village » et la rédaction en chef du blog. Mariée à son Fabuleux depuis 9 ans et après avoir traversé un cancer, Anna débarque dans l’univers de la maternité il y a 7 ans en devenant maman d’Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Une confrontation à la différence qui met cette jeune maman face à un défi : accepter les limites de son enfant, mais surtout les siennes, en choisissant la voie de la liberté ! Quant à Aymeric, le petit frère d’Alexis, c’est un fabuleux bêtisier de 3 ans qui pousse sa maman à persévérer dans l’acceptation de sa propre imperfection !

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  • Salomé Valiton

    Tellement touchant… merci Anna !!! Quelle belle piqûre de rappel sur le fait d’être vulnérable! Et MERCI pour tes exemples précis et concrets de ta vie que tu nous offres! C’est vraiment un cadeau ! 🌻