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Comment j’ai appris à appuyer sur le bouton “pause”

Il est 19h40 et je veux juste qu’ils dorment. Qu’ils se lavent les dents sans râler. Qu’ils aillent faire pipi. Qu’ils ne réclament pas une autre histoire. Qu’ils ne me rappellent pas pour un énième verre d’eau.

Je veux juste la paix.

Me glisser sous mes draps, m’endormir et oublier. Oublier cette journée. Oublier mes cris, oublier mes soupirs. Stopper le pilote automatique que j’ai enclenché dès le moment où j’ai posé le pied par terre.

Je suis fatiguée, bien sûr. Mais surtout submergée par la honte : j’ai le sentiment de juste avoir envie de me débarrasser de mes enfants et de fuir. Dans le sommeil, dans une tablette de chocolat ou dans un film totalement naze qui m’abrutira pour me faire oublier à quel point je me sens nulle.

Pourtant, j’en ai abattu, aujourd’hui : entre deux articles et deux coups de fil pour caler une interview, j’ai :

  • pris un rendez-vous chez le pédiatre pour Numérobis ;
  • lancé et étendu 3 machines à laver ;
  • envoyé une pièce pour compléter le dossier MDPH de mon aîné différent ;

Mais je l’ai fait sans joie, sans entrain, juste par devoir : parce qu’une maman, ça fait tout ça.
Nous sommes en mars 2017.

En me mettant au lit en ressassant cette journée morose, ma dernière pensée se fixe sur cette phrase :

“Disparaître de la circulation, même pour quelques heures : comme ce serait fabuleux !”

C’est précisément cette phrase qui, la veille, m’a convaincue de sauter le pas et de m’inscrire à un défi gratuit proposé par Hélène Bonhomme. Objectif de la semaine :

prendre 10 minutes par jour POUR MOI TOUTE SEULE.

Mouais. Sauf que du temps pour moi toute seule, dès que j’en prends, je me le reproche. Aller chez l’esthéticienne, prévoir un déjeuner avec des copines : je sais faire… sauf que j’ai le sentiment de fuir.

En fait, dès que je prends un petit moment pour moi, dès que je m’arrête, mes pensées partent dans tous les sens : je me sens honteuse d’en avoir eu envie. Pas normale d’en avoir éprouvé le besoin. Résultat ? Je ne goûte pas le moment.

Je suis déjà dans l’“après”.

Exemple : alors que je déguste ma portion de quiche/salade dans un petit salon de thé cosy avec une copine, je pense au meilleur itinéraire à échafauder pour les courses qui suivront cette pause.

« Commencer par le plein au supermarché ou passer d’abord à la poste (le colis va bientôt repartir à l’expéditeur) ? Et puis ne pas oublier de passer au pressing. Mince : je n’aurai jamais le temps de préparer le gratin que j’avais prévu pour le dîner ! »

Peut-être que ce défi pourra m’aider à sortir de cet engrenage qui semble ne jamais vouloir s’arrêter…

Aujourd’hui, en janvier 2019, à 19h40, je me sens encore fatiguée.

J’ai toujours envie que mes enfants s’endorment rapidement ^^

J’ai toujours autant de machines à lancer, du linge à étendre, des rendez-vous à prendre. Mais j’ai appris à mettre mon cerveau sur “pause” et à savourer les moments que je peux grapiller dans la course du quotidien.

Parce que le seul moment que j’ai à vivre, c’est le moment présent.

En apprenant à rester dans le moment présent, j’ai commencé à ne plus avoir envie de cacher ma honte (pour ce que j’avais fait / pas fait / pour ce que je ferai / pour ce que je ne ferai pas) sous la couette, sous mes cris, derrière mes soupirs.

J’ai compris que mes enfants – et mon mari – n’ont pas besoin que je gère tout parfaitement : ils ont surtout besoin que j’aille bien !

Il y a 2 ans, ce défi m’a mis sur les rails de la bienveillance envers moi-même. Il m’a fait entrevoir cette possibilité : faire avec mon quotidien, avec mon contexte particulier, plutôt que de lutter contre.

Je ne vais pas te mentir :

je crie encore (parfois), je soupire toujours (trop souvent au goût de mes enfants), mais j’ai arrêté de me le reprocher…et, après m’être bien auto-flagellée, de le faire encore plus ^^

Tu t’es reconnue dans ces lignes ? Il est encore temps de t’inscrire au défi “Une pause s’impose”, qu’Hélène Bonhomme nous propose à nouveau cette année. C’est gratuit, ça commence demain, et c’est par ici.

profil anna latronDepuis plus de 10 ans et après une école de journalisme, Anna Latron met sa plume au service de l’information en collaborant à plusieurs magazines, sites et radios. C’est en réalisant un dossier sur l’imperfection heureuse qu’elle rencontre Hélène Bonhomme dont elle est aujourd’hui collaboratrice, notamment pour le programme de formation continue du « Village » et la rédaction en chef du blog. Mariée à son Fabuleux depuis 9 ans et après avoir traversé un cancer, Anna débarque dans l’univers de la maternité il y a 7 ans en devenant maman d’Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Une confrontation à la différence qui met cette jeune maman face à un défi : accepter les limites de son enfant, mais surtout les siennes, en choisissant la voie de la liberté ! Quant à Aymeric, le petit frère d’Alexis, c’est un fabuleux bêtisier de 3 ans qui pousse sa maman à persévérer dans l’acceptation de sa propre imperfection !

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