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Ce que l’industrie de la mode veut nous faire croire (par Valérie Gonnet)

Cet article est publié à la suite de l’interview de Valérie Gonnet, conseillère en image. Aujourd’hui, elle nous révèle les secrets bien gardés de l’industrie de la mode !

Lorsque je rencontre une femme qui cherche des conseils en image, j’aime mettre en lumière plusieurs points importants.

1. L’idéal de beauté médiatisé par les industriels n’a qu’une raison d’exister, et on l’oublie facilement : faire du chiffre !

J’ai travaillé dans le costume de scène, dans la robe de mariée, la haute couture, la création de vitrines, le prêt à porter, et l’industriel. Bref, j’ai vu beaucoup de choses et j’ai toujours pu remarquer que la mode est un système économique qui ne laisse rien au hasard, qui met des productions en marche, en fonction des besoins d’écoulement de stocks, de coût des matières, de la complexité des points et du patronage.

C’est d’ailleurs pour cela que «l’idéal de beauté» matraqué correspond à celui de la femme «tronc» et fine ; c’est forcément moins coûteux et complexe que d’habiller une femme qui a des formes.

Et c’est marrant de voir qu’à l’époque de Louis XIV, où les femmes étaient habillées de manière unique par les artisans, le modèle de beauté était celui d’un corps généreux, voluptueux, démontrant un signe de richesse.

 

2. L’idéal de beauté matraqué par les médias est celui de la jeune fille fine et proportionnée, dont il est plus facile de maîtriser la consommation

Mesdames, aimez-vous et ne vous comparez pas aux modèles de la pub : vous n’êtes pas la cible !

Certes, quelques rares femmes garderont leur corps de jeune fille toute leur vie, mais il y en a très peu et les industriels l’ont bien compris. Comme ce n’est pas rentable d’habiller chaque morphologie de manière unique, tout le marketing de la mode fait plutôt en sorte que chaque femme ait envie de ressembler à un même idéal, d’obtenir une silhouette qui facilite une production en masse et peu coûteuse.

Certaines femmes ne trouveront jamais un vêtement avec la taille marquée au bon endroit ou auront toujours l’impression que leurs pantalons sont serrés sur les hanches.

Il existe en effet autant de morphologies que d’individus, chaque femme est unique et devrait être estimée à sa juste valeur. La valeur d’une femme n’est PAS mesurable en tour de taille !

 

3. Chacun est responsable de sa propre consommation. C’est à nous de changer notre manière de penser !

Tant de femmes ressortent tellement déprimées d’une boutique après des essayages non concluants… Ne cédez pas à la manipulation et la culpabilisation. Ce n’est pas de votre faute !

Si l’on doit se mettre en colère à la sortie d’un magasin, c’est contre les industriels. Nous n’avons pas à nous rabaisser !

On peut également avoir envie de consommer quelque chose d’unique. Aujourd’hui, les gens ont soif d’authenticité, de spécificité.

C’est la raison pour laquelle le DIY est en pleine explosion et pour laquelle les artisans reviennent sur le marché. Avec Tu es précieuse, je veux respecter la femme et j’ai envie que le vêtement soit fait pour son corps, et pas son corps pour le vêtement. C’est une question d’ordre !

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