HB-apocalypse

Apocalypse now

Rendez-vous à 17 heures au bord de la piscine après avoir pris possession de vos chambres !

Sur le papier, ça avait l’air génial :

3 jours de réunion de famille dans un hôtel avec piscine. Mais quand j’ai vu ma cousine – sans enfants – descendre de sa chambre avec un mini sac (trop mimi), sa crème solaire, son roman et ses écouteurs, j’ai pris en pleine face le fait que mon programme serait bien moins farniente (dans sa version Mojito) que le sien.

Mettre les brassards avant qu’ils ne plongent dans l’eau, remonter dans la chambre chercher les biscuits pour le goûter (heureusement que j’ai pensé à en apporter), monter avec la mauvaise clé, donc redescendre… et enfin, m’asseoir sur le bord de la piscine pour les surveiller tout en papotant avec ma tante.

Profiter de cette fin d’après-midi estivale les doigts de pied dans l’eau : finalement, pas mal ce programme ! 

Regarde, maman, y’a des crottes dans la petite piscine !

L’illusion aura été de courte durée.

Évidemment, le chapelet foncé qui fait fuir tous les usagers de la piscine sort tout droit du caleçon de mon fils. Alors qu’il est propre depuis plusieurs semaines, il fallait que l’accident se produise dans une piscine (pas sur la plage, c’eut été trop simple), pas dans la nôtre (dans celle d’un hôtel), et sous les yeux de trente personnes (minimum).

C’en est trop pour moi. Après évacuation de tous les baigneurs, l’affrontement des regards accusateurs et le refuge dans notre chambre, je m’isole sur le balcon pour ouvrir les vannes : je pleure silencieusement tandis que mes garçons regardent Pat Patrouille (encore une fois, merci à elle). La fatigue de la journée s’envole à mesure que les larmes coulent : sur leur passage, elles emportent les 3 heures de ménage et de bagages du matin, les 4 heures de trajet dont un énorme bouchon (qui a interrompu la sieste prématurément) et l’arrivée dans l’hôtel (précision utile : chez mon aîné atteint d’autisme, qui dit nouveauté dit excitation ingérable suivie de crises interminables).

Et puis ça repart.

Cette petite séance de larmes, en purgeant les tensions de la journée, m’a permis de vivre à fond ces retrouvailles familiales autour d’une grand-mère qui souffle ses 90 bougies.

Oui, bon, son fils a lâché quelques crottes dans une piscine, ça n’est pas non plus la fin du monde !

Ok, mais ça, c’était avant le drame. Le lever de la sieste, le lendemain, me donne l’occasion d’aller encore un peu plus loin dans le lâcher prise et l’indispensable recul sur le quotidien.

J’entre dans la chambre de numéro 2 (celui qui m’a foutu une sacrée honte la veille) et le trouve endormi dans son lit parapluie. Sauf qu’il est tout nu – c’est-à-dire sans couche – et qu’il flotte dans la pièce une odeur âcre et familière.

C’est alors que mon regard s’attarde sur le sol :

la couche y gît, ouverte… et pleine.

Après avoir réussi à sortir de son lit (en même temps, étant donnée l’exiguïté de la chambre, on a dû coller le lit parapluie au lit d’appoint) et retiré sa couche, ce petit filou a tout simplement joué à la peinture avec son contenu, puis s’est essuyé les doigts sur la housse de couette (blanche, évidemment).

Ayant probablement jugé que ses doigts étaient encore un peu sales, il a donc pénétré dans la salle de bains, déroulé trois rouleaux de papier toilette dans la cuvette avant de tirer la chasse plusieurs fois, déclenchant donc le bouquet final de sa bêtise, à savoir l’inondation de ladite salle de bains. Ce que je n’arrive pas à définir avec plus de précision, c’est l’ordre dans lequel il a procédé : a-t-il vidé l’intégralité du contenu de nos trousses de toilette sur le carrelage avant ou après que la cuvette des toilettes ait débordé ? Je me le demande. Ce que je comprends bien, en revanche, c’est que sa petite session acrobatie-peinture-plomberie-maquillage-ouverture de tubes de pommade a fini par avoir raison de son dynamisme puisqu’il est finalement revenu dans son lit pour y tomber dans un sommeil profond.

Me voilà donc assise sur notre lit

(heureusement épargné par la peinture naturelle et odorante made in monfils), observant la scène telle un enquêteur de la criminelle, oscillant entre l’envie de hurler (ce qui le réveillerait) et celle de rire (même conséquence). Je choisis de m’atteler silencieusement à l’étape nettoyage, puisque l’équipe scientifique est passée (c’est-à-dire que mon smartphone a immortalisé la scène) et que le principal suspect se repose de ses émotions.

Les genoux dans l’eau, les mains dans la matière organique de ma progéniture, je rassemble mon maquillage foutu avant de reboucher le tube de Biafine et celui d’Homéoplasmine. Alors que mon calme m’étonne moi-même, une pensée s’impose, me rappelant à mon humanité de mère dépassée : Vivement la rentrée !

Assise dans le couloir, adossée à ma porte, je décide d’en rire. Je prends un petit moment pour choisir précieusement mes mots et relater, du mieux que je peux, ma découverte d’après-sieste à mes proches installés dans des transats. Autant en profiter pour faire rire la galerie, non ?

promo newsletter site

profil anna latronDepuis plus de 10 ans et après une école de journalisme, Anna Latron met sa plume au service de l’information en collaborant à plusieurs magazines, sites et radios. C’est en réalisant un dossier sur l’imperfection heureuse qu’elle rencontre Hélène Bonhomme dont elle est aujourd’hui collaboratrice, notamment pour le programme de formation continue du « Village ». Mariée à son Fabuleux depuis 9 ans et après avoir traversé un cancer, Anna débarque dans l’univers de la maternité il y a 6 ans en devenant maman d’Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Une confrontation à la différence qui met cette jeune maman face à un défi : accepter les limites de son enfant, mais surtout les siennes, en choisissant la voie de la liberté ! Quant à Aymeric, le petit frère d’Alexis, c’est un fabuleux bêtisier de 2 ans qui pousse sa maman à persévérer dans l’acceptation de sa propre imperfection !

Je partage sur Facebook
  • Isabelle Thorens

    J’en pleure de rire Anna, merci !!!!

  • Myriam

    Waouh pas de mots… Le mieux c’est que tu es pu garder ton calme…. La je dis tu es fabuleuse

  • Ingrid Bordes

    Bonjour Anna, ces petits mails sont justes magiques. Merci pour ces moments de nostalgies et de rires 😂
    Et merci pour ces mails deculpabilisant pour nous les mamans pour qui l’été n’est pas tjs synonyme de repos.
    Belle journée à toi et vive la rentrée 😊😉
    Ingrid

  • Sophie Bergotti Wienss

    Ohlala, j’imagine bien la situation… Heureusement que tu es une Fabuleuse !!!!!! 😉

  • Claire Guery

    J’avoue que j’ai ri! Je m’y vois tellement ! Bravo pour ta réaction Anna!

  • Dellie

    Mon dieu, je ne suis plus seule ! 😁
    Merci Anna de partager ce moment de « désespoir comique » que j’ai vécu il y a peu avec numéro 3.
    Je me suis tellement retrouvée dans le déroulement de ton récit !
    L’entrée dans la chambre, où l’on sent (au sens propre, non… au sens sale ! ) qu’il s’est passé un TRUC que l’on découvre avec « effroi ».
    Après l’odeur, le choc visuel et la même volonté de reconstituer les « faits ».
    Mon petit ange est là, dans son lit, nue (bizarre …) transformée en porcelet (quoiqu’il parait que les cochons sont en réalité propres).
    Elle repose, telle une petite « truie au bois dormant » couverte de caca liquide parce si elle n’a pas la diarrhée, ce n’est pas drôle. Maculée de matières fécales, sa tête gît dans le plus gros de sa dispersion.
    Quant au drap… il a fini directement à la poubelle.
    Quant au matelas… touché ! Pour sûr, l’alèse qui est censée le sauver et bien, j’ai oublié de la remettre ! Sinon, ce n’est pas drôle.
    Quant au magnifique tour de lit ( tu sais celui que j’ai trouvé sur un « petit site de puériculture sympa », fait à la main avec des tissus à craquer ) et bien, lui me fait penser aux grottes de Lascaux. Sauf que ma fille a utilisé son caca en guise de peinture. Et puis, elle a bien insisté sur les parties les plus claires histoire de compliquer le nettoyage, sinon ce n’est pas drôle.
    On en parle du tapis sur lequel jonche sa couche ? Bon, il est plus foncé que le tour de lit. Je me « console » comme je peux !
    Je passe les murs, le lit et TOUT le reste.
    Après une « opération de nettoyage humaine et matérielle dont je me serais bien passé vu mon état de fatigue et les valises qu’il me reste encore à faire (mais oui, on part demain en vacances !), sans compter un milliard d’autres choses, je décide de prendre la vie du bon côté :
    Allez, ça sera petite anecdote croustillante et bien scatologique à lui raconter plus tard ! Pas sûr qu’elle aime mais sûr que je m’en souviendrai toute ma vie et qu’elle me fera rigoler. Tiens, j’en souris déjà en te la racontant … Merci Anna

  • Marianne Herren

    Désolée je suis un peu beaucoup en retard avec mes mails…
    Je suis rentrée un peu fatiguée de mon travail (ce qui m’arrive assez fréquemment depuis que j’ai fait un burn out en avril) mais qu’est ce que j’ai ri et même pleuré de rire en lisant cette histoire et je reconnais que ça m’a fait du bien…pas ce qui s’est passé mais de rire !
    Par contre la question que je me suis posée est : comment est ce que moi j’aurais réagi si j’avais été dans ce genre de situation ? (Mes filles ont entre 17 et 24 ans donc le souvenir de leurs crasses est un peu flou). Je dois reconnaître que j’aurais probablement « péter un câble ». Alors bravo pour cette attitude remarquable de lâcher prise !