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À TAAAABLE !

Je ne sais pas chez vous, mais chez moi, le repas, ça me “bouffe” une énergie complètement folle. Et parfois, je me dis que la vie AVEC enfants, c’est bien, mais que la vie SANS repas, ce serait vraiment mieux. Et pourtant…

Pourtant un Bébé Fabuleux a besoin de se nourrir.

C’est comme un puits sans fond, un truc qui s’arrête jamais, un peu comme la roue du hamster qui tourne tourne tourne toujours toujours toujours. À peine un repas est-il terminé qu’il faut mettre le suivant sur le feu… Depuis que je fais partie de la caste la plus nombreuse du monde, à savoir celle des mères de famille (sans tablier, sans bigoudis, sans rouleau à pâtisserie mais mère de famille tout de même), je suis obligée de me plier à l’évidence.

Un enfant, ça ressemble parfois à un Ventre Ambulant et c’est non-négociable. Mais une fois le diagnostic établi, je fais quoi ?

Si par hasard votre Fabuleux…

– qui pourtant est très serviable et très efficace – n’est pas branché “cuisine”, je fais quoi (bis) ?

Car en attendant que BabyChou fasse lui-même ses repas, il faut bien lui donner la becquée. Il y a bien Picard, les BabyBio et les GoodGoo, mais à l’ère du bio et des pesticides, on a comme l’envie de préparer nous-mêmes son repas. Histoire d’éviter de l’empoisonner et de faire quelques économies.

Résultat : je passe pas mal de temps dans ma cuisine – ce qui m’empêche de faire des choses bien plus passionnantes, du moins à mes yeux. Serais-je alors ravalée au rang de “Cendrillon” ? Je n’en sais rien… Mais quand je pense à toutes ces mères qui, jour après jour, et dans le monde entier, nourrissent avec tendresse leurs enfants (et parfois même ceux des autres) je me dis que c’est sans doute une mission plus noble qu’elle en a l’air.

Entre « Cuisine, je te hais ! » et « Cuisine, je t’adore ! », mon coeur de Fabuleuse balance !

En fait, je passe de l’un à l’autre allègrement, essentiellement en fonction de mon humeur.  Et quand vraiment j’en ai trop marre,  je me souviens que la cuisine, c’est LE Lieu Essentiel de la maison, celui où les émotions peuvent se dire :

“Maman, ce prof, il est trop injuste 😡  !”,

les confidences s’échanger, le travail scolaire se faire sereinement (enfin presque), les p’tits plats s’apprécier, la convivialité se tisser, les nouvelles importantes s’échanger…

La preuve : ma princesse qui, l’autre jour, m’a montré la dernière appli-tendance dans la cuisine, entre les tomates farcies et France Info en boucle.

Je constate que beaucoup d’hommes – excepté le mien ! – cuisinent pour se détendre.

Là où les femmes voient une corvée, les hommes trouvent du plaisir. Cherchez l’erreur ! Mais la bonne nouvelle, c’est que nous, les Fabuleuses de 2017, nous pouvons quitter notre foyer quelques jours sans (trop) culpabiliser : notre homme prendra le relais.

Que voulez-vous, le Fabuleux du 21ème siècle, il assure ! Papa poule, papa gendarme, mais surtout papa à sa sauce… Alors sans complexe laissez-le inventer ses menus quand vous n’êtes pas là. Evidemment, il y a un hic, c’est le risque que ce soit “pâtes-pizzas-frites” et “pizzas-pâtes-frites” en votre absence. Et alors ? Cela veut dire que nous sommes une réelle plue-value : notre cuisine du quotidien est, osons le dire, plus équilibrée, et raffinée.

Evidemment, avec Papa on évite le Gratin de courgettes et la Soupe Verte aux épinards/brocolis/poireaux, mais avec Maman on a une Mousse au Chocolat digne de Bonne-Maman ! Et toc !

D’ailleurs, avez-vous remarqué… ?

que c’est toujours nous qui pensons à glisser le p’tit choco (qui finira écrasé) ou la compote (échangée contre un Kinder-surprise à la récré) dans le cartable. Un peu comme un gros coeur déposé la veille au soir tard (très tard) au pied du lit de notre chérubin, avec ce message tout doux :

“Je t’aime, je pense fort à toi, même quand je travaille ou que je suis loin de toi…” 

Car pour nous mamans, la nourriture terrestre, c’est surtout une affaire affective. Un peu comme le sein : ce n’est pas tant le lait qui coule qui fait le charme de l’allaitement (si charme il y a, et là les avis sont partagés) que le câlin…

Et si c’était de cette façon que la femme disait à son enfant “je t’aime ?” Et si c’était ça, être une “mère nourricière” ?

Les jours où je menace de me mettre en grève,

et d’arrêter “pour toujours” de faire la cuisine – non mais c’est vrai, y en a marre, jamais un Merci, toujours un “ah, c’est ça le dîner ?” avec la grimace qui va avec quand je pose le plat sur la table – je repense à mon ado qui me disait récemment : “Toi, Maman, tu fais tellement bien la cuisine !” Et pourtant je reviens de si loin.

Partie de rien, ou plutôt de “Cuisine je te hais”, j’avoue – sans rougir – qu’aujourd’hui je suis fière de moi. Blanquette, tajine, tiramisu, moussaka, gâteau de noix (recette familiale extra), gelée de pommes, confiture de fraises… n’ont plus de secrets pour moi. Comme quoi l’amour fait des miracles ! Mais ma plus grande fierté, c’est de savoir que mes Fabuleux se régalent avec mes bons p’tits plats. Et que tous ces moments passés dans la cuisine à “ne rien faire d’autre que cuisiner” ont du sens car ils contribuent à ce bonheur simple, celui d’être bien tous ensemble autour d’une table.

Evidemment, dans la vraie vie,

entre les :

  • “mange ta soupe !”
  • “tiens-toi bien”
  • “on ne sort pas de table”,

on a comme du mal à percevoir cette dimension de convivialité.

Pourtant, insensiblement, l’unité de la famille se tisse (si, si !)… Le repas, ce moment si particulier de la vie de famille, où l’on fait attention les uns aux autres, où l’on s’écoute (hein, quoi ?), où l’on se respecte (oui, oui !) est finalement le lieu du “partage du pain” – d’où le mot “co-pain”.

D’ailleurs, dans certaines cultures, prendre un repas ensemble c’est un acte quasi-sacré, un peu comme sceller un pacte d’amitié. 

“Puisque nous avons partagé un repas ensemble, nous ne sommes plus des étrangers l’un pour l’autre.”

Plus encore, le pain ou le repas pris ensemble est le symbole de la concorde, car je ne partage pas mon pain avec un ennemi. Autrement dit, mettre mes Fabuleux autour d’une table, jour après jour, c’est permettre à la paix de gagner du terrain. Une belle mission non ?

Ah, il y a encore du pugilat dans l’air chez vous ? Je vous rassure, chez moi aussi… Allez à taaaaaable ! Et bon appétit ! 

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