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À chacun(e) sa mission ?

 

Cet été, j’ai écrit un texte où il était question d’une reconversion professionnelle. Suite à sa parution sur le blog, j’ai reçu de nombreuses questions : « Comment as-tu sentie/découvert que tu étais sur la bonne voie ?  Je voudrai changer de métier … Je n’ose pas. »

Je vais tenter à travers cet article de vous en dire un peu plus. Mais nous sommes uniques, et ce qui a été vrai et bon pour moi ne le sera pas forcément pour une autre ou alors de façon nuancée, dans un ordre différent. L’essentiel est que vous puissiez tirer de ce récit une réflexion qui fera avancer la votre.  

D’une pause désirée à l’évidence d’une pause.

Auparavant, j’étais professeur des écoles. En janvier 2009, à la naissance de mon quatrième garçon, j’ai décidé de faire une pause : je voulais m’occuper à temps plein des enfants, être avec eux et pour eux. A ce moment, un passage de quelques jours à l’hôpital, un grand stress et beaucoup de fatigue auront suffit à conforter ce choix et me bousculer assez pour que je m’interroge :

– La vie que je menais répondait-elle à celle que je voulais construire ?

– En quoi et comment pouvais-je m’améliorer pour être plus accomplie et rendre heureuses les personnes qui m’entouraient ?

– Avons-nous une « mission » ?

Je vivais ce questionnement comme un appel ou un rappel à l’ordre auquel je me devais de répondre. C’était une évidence : ce temps de pause tombait à pic.

Se connaître pour avancer.

Pour nourrir ma réflexion, j’ai commencé par lire. C’est ainsi que j’ai découvert Jean Montbourquette. Pour lui, le terme « mission » désigne « le besoin ressenti de s’épanouir dans un agir correspondant à son identité, au service d’une communauté ».

Faire le point sur la question du « qui suis-je » paraissait donc incontournable et la connaissance de soi se manifestait comme un atout majeur pour avancer.

Je me suis fiée aux idéaux, aux valeurs, mais aussi aux qualités et aux défaut constitutifs de ma personnalité. Je savais que grâce à eux je répondais déjà à plusieurs missions de vie : aimer un homme, porter et élever des enfants, enseigner.

Je le savais non seulement parce que j’étais bien, mais aussi parce que cela répondait à mes rêves et intuitions d’adolescente. C’était cohérent et constant et j’en éprouvais une joie profonde. C’est donc naturellement dans ces espaces que je me sentais appelée à persévérer.

Il fallait peut-être que je les unifie et que je les appréhende différemment pour les mettre au service de cet « autre chose » que je cherchais et qui pouvait me correspondre.

Désirer et douter tout à la fois.

J’aurai bien aimé, à l’époque, avoir une révélation (!) ou que l’on me dise « Eh, Hélène, tu devrais faire ça ! Tu es faite pour ça ! »  Mais rien de tout cela. Il y avait une sorte de vide. Oui, du vide.

Enthousiasmant, parce que je savais que j’allais mettre en place du changement, et vertigineux parce que je ne savais pas comment m’y prendre ni par où commencer.

Pour être franche, cette confusion n’est pas facile à expliquer, elle est l’expression même de notre vulnérabilité dans ces moments là, tout comme de cette vie intérieure qui nous habite, en mouvements, bien vivants, bien féconds mais je dois l’avouer, parfois complètement paradoxaux ! 

C’est un peu comme si l’on sentait le projet germer, le dynamisme qu’il pouvait apporter, et en même temps … c’est comme si l’on avait peur de cette force qui attirait, de ces espaces nouveaux dans lesquels elle pouvait nous emmener, et nous faire briller.

Le fil d’Ariane …

Alors j’ai commencé par le commencement, c’est-à-dire par approfondir la relation à mes enfants en prenant du temps pour la questionner : après tout, c’était pour m’occuper d’eux que je m’étais arrêtée de travailler.

On m’avait proposé de participer à un groupe de parole pour mamans, je me suis laissée embarquer. De fil en aiguille, j’en suis devenue responsable et me suis formée à l’écoute active. Ces petits pas que je faisais sans m’en rendre compte me guidaient peu à peu vers mon projet, m’aidaient à le préciser.

Les rencontres que nous faisons  participent à nous révéler. Je fermais des questions pour en ouvrir de nouvelles. Parfois, je tournais en rond.

C’était désagréable, mais aujourd’hui, j’ose dire que cette période était nécessaire. Se perdre un peu ou piétiner fait partie du cheminement. C’est un (drôle de) cadeau que le temps nous donne. Du temps !

Non seulement pour aiguiser notre désir, mais aussi pour éclaircir, affiner notre recherche, étape essentielle qui permettra de ne pas foncer tête baissée, taraudée par le besoin de répondre, afin de poser un choix libre et éclairé.

Cogiter dans le désert !

Parmi les questions ou réflexions très nombreuses que j’ai pu avoir, en voici quelques-unes :

– au niveau professionnel : je sentais que je devais changer « quelque chose » mais quoi ? S’agissait-il du regard que je posais sur mon activité ou de ma façon de la vivre ? Devais-je évoluer, me spécialiser, changer de boulot ?

– sur la forme : suivre un nouveau cursus… Oui, mais : en continuant ou en arrêtant de travailler ? A quel rythme ?

– sur le temps : « tout de suite-maintenant » ou dans quelques années ?

– sur l’impact que cela aurait sur mon entourage : et mon mari, et mes enfants ? N’est-il pas égoïste de souhaiter se réaliser au niveau professionnel quand on a choisi de fonder une famille ? N’allais-je pas provoquer un déséquilibre dans notre vie confortable ?

– sur les moyens : avec quel organisme ? Comment financer ? 

– sur ma crédibilité : hé ! Mais qui suis-je, moi, pour prétendre devenir conseillère conjugale et affirmer que j’en aurai les qualités ?

Et voici quelques outils qui m’auront aidée (et qui m’aident toujours !) à vivre ces moments de chahut intérieur :

– des moments de solitude au sein d’une abbaye que j’aime. Le silence permet de rompre avec le quotidien et favorise la reliance avec soi-même.

Il rend possible le pèlerinage intérieur en nous aidant à descendre en nous de façon authentique. C’est une expérience d’écoute : celle de notre désir, mais également de notre rythme.

– des moments de méditation régulière. Comme je suis croyante, ces moments ont été vécus dans la prière. Il me semblait naturel de confier ce projet à celui en qui je crois, de vivre un cœur à cœur et de lâcher prise.

– des lectures pour aider au discernement, dont le livre A chacun sa mission de Jean Montbourquette.

– des moments de partage avec des personnes « ressources » et bienveillantes, ainsi que des temps de rencontres avec des professionnelles formidables.

Dire et exprimer nos doutes, nos joies, nos ambivalences, autorise la variation de nos pensées pour ensuite les fixer. Formuler un projet à voix haute permet de se l’entendre dire, de sentir l’écho que cela fait en nous et de visiter à nouveau ce que nous énonçons.

C’est une façon de mettre à distance pour mieux observer et pourquoi pas, se lancer !

– des temps d’écriture pour mettre à plat ce que je viens de dire, avec ce petit plus : les écrits permettent de revenir sur une période donnée et de voir comment nous avons évolué.

Il s’agit de discerner !

La mission est comme une présence que l’on chercherait à percevoir dans l’ombre. On la sent, mais il faut du temps pour en deviner les contours et décider quel sera notre parcours.

Du rêve à la réalité.

Se réaliser, se sentir à sa place n’est pas exempt de tout obstacle. Parfois, on peut être tentée d’abandonner. Il s’agit alors de persévérer, d’où la nécessité d’être accompagnée, afin de comprendre les obstacles et de les dépasser.

Votre mission est peut-être très proche de vous, si proche que vous ne la voyez pas !

Ou alors, peut-être l’avez-vous déjà trouvée sans le savoir : ouvrez les yeux !

A moins que vous ne la cherchiez encore, ou que vous ne la refusiez …

Quoiqu’il arrive, que votre tête soit à l’envers, malmenée par cette réflexion, ou au contraire bien posée sur vos épaules, je vous dis, à vous les Fabuleuses, un immense « GO » !

Faîtes le pari sur vos forces vives ! Il existe une multitude de missions, et je suis bien certaine que l’une d’entre-elles répondra à votre façon d’être femme et d’être mère. Il ne tient qu’à vous de la découvrir.

« La découverte de sa mission et l’application qu’on mettra à la réaliser produiront nécessairement un rayonnement mystérieux et imprévisible sur toute sa vie et, par la suite, sur tout son entourage ».

Ça vaut la peine, non ? Alors que votre mission soit belle …

helenedAprès avoir suivi un parcours de Lettres et Civilisations, Hélène est devenue professeur des écoles puis conseillère conjugale et familiale. Très attachée aux problématiques de l’articulation du maternel et du féminin, elle garde l’intuition que celle-ci ne peut être pensée sans la présence du masculin. Elle travaille aujourd’hui en cabinet libéral au rythme de sa vie de famille : un chouette époux depuis 18 ans et 6 enfants !
conseilconjugaletparentalite.com

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  • Nolwenn Morel Herjean

    Cet article me touche beaucoup, merci ! J’ai moi aussi trouvé ma mission de vie grâce à Jean Monbourquette, en lisant, puis en étant accompagnée sur le parcours A chacun sa mission. Et c’est désormais moi qui accompagne des personnes sur leurs chemins de croissance personnelle ou professionnelle, notamment avec les méthodes de Jean Monbourquette, et des méthodes de coaching plus classique. Mes domaines d’actions : la confiance et l’estime de soi, trouver sa vocation, équilibrer vie pro et perso, …J’accompagne aussi des jeunes, ados ou jeunes adultes.