Je fais partie de celles qui ont tout bien fait.
Les livres de développement personnel ? Lus, surlignés, annotés.
Les routines matinales ? Tenues.
La gratitude, la respiration, la méditation, les post-it positifs sur le miroir ? Check.
Et pourtant…
Même quand on est une “bonne élève de la croissance intérieure”, la vie trouve toujours un moyen de venir nous bousculer. Un peu comme ce jeu de marteau à la fête foraine : tu frappes une taupe, et trois autres ressortent ailleurs.
Dans nos sociétés occidentales, on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter la douleur.
Certains modèles de voiture comportent jusqu’à 12 airbags. Les assurances couvrent tout ce qu’on peut imaginer (la voiture, la maison, les bagages, le téléphone, la météo, la santé du chat). On avale nos vitamines, nos huiles essentielles, nos super-aliments. On se soigne à coups de thérapie, de yoga et de carnets de gratitude.
Mais malgré tous nos efforts, on n’y échappe pas : tôt ou tard, la souffrance finit toujours par venir frapper à notre porte. Et comme on nous a appris que “réussir sa vie, c’est être heureuse”, on finit non seulement triste, mais encore honteuse de ne pas savoir nager dans le bonheur parfait.
Et pourtant… sans ces zones d’inconfort, il n’y aurait pas d’idées, pas de créativité, pas de changement, pas de feu intérieur, pas de perspective d’avenir ! Et nos vies seraient bien fades, comme nous le rappelle Christine Singer :
« Dans tous les lieux habités par la souffrance se trouvent aussi les gués, les seuils de passage, les intenses nœuds de mystère.
Ces zones tant redoutées recèlent pourtant le secret de notre être au monde, ou comme l’exprime la pensée mythologique : là où se tiennent tapis les dragons sont dissimulés les trésors.
Or notre société contemporaine n’a qu’un but : éradiquer à tout prix de nos existences ces zones incontrôlables — zones de brouillard, de gestation, zones d’ombre — et d’instaurer partout où elle le peut le contrôle et la surveillance. »
— Christiane Singer, Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Tout est dit : c’est là où nous rencontrons nos dragons que nous pouvons aussi trouver nos trésors.
C’est quand nous osons regarder la souffrance en face que nous pouvons dénicher quelque chose d’encore plus précieux que le bonheur : un sens à notre vie.
C’est quand nous accueillons courageusement les moments de désespoir que nous recevons la force de devenir “le changement que nous souhaitons voir dans ce monde”.
Parce que la vie ne nous demande pas d’être heureuses.
Elle nous demande d’être courageuses !
La quête du bonheur vs. la quête du sens : c’est le thème de notre festival Courage 2026.
Pour participer, je te donne RDV du 10 au 12 juillet 2026, à 15 minutes de Bordeaux. La billetterie est ouverte !





