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Je suis submergée par mes émotions

Une porte qui claque, une phrase qui nous fait partir au quart de tour, les larmes qui montent, des gros mots qui fusent, l’envie de se cacher en attendant que ça passe… Elles nous envahissent, elles débordent de partout. On aimerait les contrôler, les évacuer au plus vite, surtout celles qui nous embêtent… pourtant ce sont elles qui nous submergent. Les émotions, on en fait quoi ? On en parle avec Yolande Ziegler-Schwab, psychopraticienne et coach de vie.

Y a-t-il de bonnes émotions et de mauvaises émotions ?

Yolande : Non ! Une émotion n’est ni bonne, ni mauvaise, elle est juste agréable ou désagréable.

L’expression de l’émotion peut déraper, mais l’émotion en elle-même sert à nous indiquer notre état intérieur.

Les 4 principales émotions sont : la peur, la colère, la tristesse, la joie. Certains ajoutent le dégoût, la surprise, le mépris. Elles sont appelées émotions de base car elles sont universelles et leurs expressions sur les visages sont facilement reconnues à travers toutes les cultures.

Mais la joie n’est-elle pas une meilleure émotion que toutes les autres ?

Yolande : Évidemment, nous préférons tous ressentir la joie plutôt que la tristesse ou la peur ! Mais cela ne veut pas dire que la joie est plus positive que les autres émotions. Les émotions nous disent : «  voilà ce que es en train de vivre. » Elles nous enseignent quelque chose à propos de nous-mêmes.

Étymologiquement, le mot émotion vient du verbe latin « movere » (mouvoir) et du préfixe « é » (vers l’extérieur). Une émotion est une réaction physico-chimique, c’est-à-dire une réaction du corps, subite et courte, à la perception d’un déclencheur extérieur.

Lorsque nous ressentons une de ces émotions, c’est donc avant tout une réaction physique. Le corps envoie un signal au cerveau. Bien-sûr, tout cela est très rapide, une affaire de micro secondes !

Quelle est la différence entre une émotion et un sentiment ?

Beaucoup d’avis divergents, il n’y pas forcément de consensus sur le sujet. Mon constat est le suivant : alors que les émotions sont plutôt vécues dans « les tripes » et sont réactionnelles,  les sentiments sont beaucoup plus dans la tête et s’installent dans la durée, l’anxiété par exemple est une peur qui s’installe et que nous alimentons par les pensées que nous ressassons.

Certains sentiments sont plus complexes et sont constituées d’un mélange. Par exemple :

le souci est un mélange de peur et de tristesse ;

la haine conjugue la peur de l’autre et la colère contre lui ;

la culpabilité est une peur de désobéir mêlée à une colère contre la loi ;

la honte est une conjugaison de peur et de colère ;

la jalousie est la peur d’être abandonné ainsi que de la colère ;

l’envie est un mélange de tristesse et de colère ;

l’amertume est un mélange de colère, de tristesse, de révolte.

Concrètement, une réaction émotionnelle, c’est quoi ?

Yolande : Notre manière habituelle de réagir au niveau émotionnel se décline de trois manières : déverser, refouler, alimenter.

nous déversons l’émotion : il faut qu’elle sorte. D’où les larmes, les cris…

nous refoulons l’émotion, nous sommes dans le déni : « y a  pas de problème », « tout va bien » Mais au final, l’émotion s’expriment tout de même dans le corps : on a mal au dos, une boule dans la gorge, etc.

nous alimentons l’émotion : nous ruminons, ressassons nos pensées… et le scénario prend de l’ampleur, l’émotion ne fait que gonfler et s’installe en sentiment durable, au lieu de rester au stade de simple réaction.

Pas très satisfaisant tout ça !

Yolande : En effet ! Ces fonctionnements ont un impact négatif direct sur la communication avec l’autre : on fait la gueule, on se tait mais tout le monde voit que ça va pas, on explose… Résultat : on ouvre la voie à encore plus de peur/colère/tristesse, et c’est le cercle vicieux.

Mais alors, nos émotions, on en fait quoi ?

Yolande : Voici quelques pistes (pas toutes !) pour une gestion saine de mes émotions  :

  1. Accueillir l’émotion : accepter qu’elle soit là, avec bienveillance.
  2. Entendre le message qu’elle veut me donner. Par exemple, si je suis en colère : qu’est-ce que je dois protéger ? De quoi suis-je frustré/e ? Quelle limite a été franchie sans mon autorisation ? Y a-t-il un obstacle (lequel) à ma satisfaction (laquelle) ?
  3. Prendre soin du besoin qui est caché derrière cette émotion. Pour reprendre l’exemple de la colère : si mon besoin est le respect de ma personne, comment puis-je me faire respecter davantage ?

En somme : accepter ce que je ressens, écouter ce que je ressens, prendre soin de ce que je ressens.

Yolande : Oui ! Si je suis plus au clair avec moi-même, au lieu d’être juste submergée par un tsunami émotionnel, je pourrai mieux communiquer à l’autre mes attentes et mes besoins.

Et pour finir avec le sourire, voici une excellente vidéo que j’ai découverte récemment qui résume bien ce que sont nos émotions et à quoi elles servent :

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photo-ronde-heleneHélène Bonhomme est auteure, conférencière, fondatrice du site fabuleusesaufoyer.com et chroniqueuse sur lepoint.fr. Après une prépa littéraire, des études de philo, plusieurs années d’enseignement et plusieurs autres de rédaction web, elle devient mère au foyer. Elle commence à interviewer des femmes inspirantes et à mettre par écrit des pensées motivantes. C’est ainsi qu’ont vu le jour ce blog en mars 2014, puis en mai 2015 son livre collaboratif pour révéler la fabuleuse en chaque maman et en octobre 2016 son petit guide de l’imperfection heureuse. Elle est mariée à David le fabuleux et maman de Roman et Adelin. Sa mission : aider les mamans qui veulent sortir la tête de l’eau, prendre un peu de recul sur leur quotidien et commencer à aimer leur vie !

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  • Delphine Protti-Hermenjat

    Très chouette article! Merci!! Il est aussi important aussi d’explorer la piste de l’hypersensibilité qui touche 20% de la population! « Hypersensible et alors? Un tempérament expliqué. » de Else Marie Bruhner