Je me suis autorisé une fugue - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Je me suis autorisé une fugue

femme ciel bleu
Myriam Oliviéro 16 mai 2024
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Je l’ai fait ! Quel exploit ! Je n’en reviens pas…

Depuis combien d’années, de siècles cela n’était-il pas arrivé ? Je ne saurais le dire, mais je suis fière de moi, j’ai réussi ! Youhou !

Réussi quoi ? Eh bien, à partir tout un week-end, ni pour le travail, ni pour la famille, ni pour un quelconque engagement, mais juste pour moi et mon bien-être. C’est une fois bien installée sur le siège 28 de la voiture 6 du train n° 7326 en direction de Paris, que j’en prends vraiment conscience. Je vais retrouver une amie et nous allons assister à une conférence pour femmes. Son frère nous prête son appartement dans le quatorzième, à deux pas d’une multitude de boutiques, de restos et de bars très sympas. Ouh là, là, ça promet ! 

Et puis, cerise sur le gâteau : je ne ressens aucune, mais absolument aucune culpabilité à laisser mon Fabuleux gérer ces trois jours seul avec nos deux garçons.

Je me fiche de ce qu’ils vont manger, quel film ils vont regarder, à quelle heure ils vont se coucher, s’ils vont se laver ou non. Je sais que je retrouverai des affaires qui traînent et le plan de travail pas tout à fait nickel, le panier de linge n’aura pas diminué de volume… mais avec le temps, j’ai appris à ne plus me faire des nœuds dans la tête et l’estomac pour ces choses qui ne sont, finalement, que secondaires. J’ai appris à faire confiance à mon homme, même s’il ne fait pas tout comme moi — rien comme moi, en réalité —, à reconnaître qu’il assurait vraiment en tant que papa fabuleusement imparfait, et que les moments qu’il partageait avec ses fistons valaient de l’or pour chacun d’eux. 

Je me félicite aujourd’hui de raisonner de cette manière, mais cela m’a pris des années avant d’y arriver !

Nous sommes devenus parents il y a 14 ans, notre second enfant a 9 ans, et je crois que c’est la première fois que je m’accorde la possibilité de faire quelque chose rien que pour moi pendant trois jours d’affilée ! Je suis atteinte depuis l’enfance par le fameux « syndrome du don de soi » décrit par Amelia et Emily Nagoski dans leur brillant Pourquoi les femmes font des burn-out. J’ai été soignante de métier pendant des années, je suis maman et la culpabilité ne traîne jamais très loin de moi, surtout quand j’ose envisager autre chose que de donner — vs. recevoir. Et même si j’ai cheminé, convaincue aujourd’hui que c’est important de prendre du temps ressourçant pour moi, je ne m’étais pas encore autorisé ce décrochage du quotidien. 

M’autoriser à décrocher… Voilà une notion qui paraît simple, en théorie, mais qui, en pratique, est le fruit d’un long cheminement.

J’ai été bien sage durant toute mon enfance, pendant à peu près toute mon adolescence et une bonne partie de ma vie d’adulte. Je suis restée bien à ma place, celle qu’on a bien voulu m’assigner, que j’ai intégrée, et que j’ai fini par m’assigner moi-même. Pas un mot plus haut que l’autre, un peu d’ambition, mais pas trop, etc. Dans différents domaines, j’ai attendu qu’on vienne me chercher, qu’on m’autorise à être, à faire. D’ailleurs, parfois, j’attends encore… Ce n’est pas facile de sortir de ce type de schéma, cela demande de déconstruire, de se rééduquer, de trouver un nouvel équilibre, de puiser le courage au fond de soi, d’assumer certaines prises de position, de sortir du cadre. Quel vertige parfois ! Et puis, un jour, une étape est franchie et je me rends compte que, finalement, oui, je pouvais le faire sans que le ciel ne me tombe sur la tête.

Ce qui est chouette, et qui peut aider, c’est quand on n’est pas seule pour franchir ce cap.

Certes, la décision m’appartient, mais les coups de pouce sont bienvenus ! J’ai bien failli annuler ce fameux week-end à Paris… Si mon homme ne m’avait pas dit « vas-y, ça va être génial ! », et si je n’avais pas eu la perspective de passer du temps avec une bonne pote, il est probable que j’aurais laissé tomber. Dans ce genre de situation, je suis capable de lister toutes les raisons valables pour ne pas me faire de cadeau : c’est un budget, je n’en ai pas plus besoin que ça, et puis on verra plus tard pour se faire une soirée entre amies, blablabla. Je suis très pragmatique de nature — je tiens ça de mon paternel —, ce qui est bien souvent une force, mais parfois aussi un frein. Je peux avoir du mal à valider ce qui ne me semble pas « utile », notamment ce qui est de l’ordre de la détente, du loisir, ou du bien-être, car je vais trouver cela superflu. J’admets intellectuellement le bien-fondé du plaisir simple, mais me l’accorder est une autre paire de manches… J’ai donc parfois besoin des autres, spécialement de mes proches, pour me pousser, et m’autoriser des « folies ».

Je le reconnais volontiers : j’ai eu bien raison de les prendre, ces trois jours !

Et je le ferai encore ! La prochaine fois, je prendrai quelques jours dans un lieu retiré, comme une sorte de retraite, pour avancer sur un projet qui me tient à cœur… J’ai déjà fait quelques repérages, et il ne me reste qu’à le planifier. La suite au prochain épisode !

Et toi, chère Fabuleuse, oui toi, où en es-tu ?

Que t’autorises-tu pour ton bien-être, ton épanouissement, ta santé, et simplement ton plaisir ?

Prendre le temps de lire cet article, peut-être ^^ ? Quoi que tu choisisses de faire pour toi, dis-toi avant tout que tu es précieuse, fabuleuse, et que tu le vaux bien, et plus encore. C’est-à-dire, concrètement : tu vaux plus qu’un coiffeur tous les 36 mois, plus qu’une balade au bout du jardin pour sortir les poubelles, plus qu’une sortie pour aller à la réunion de l’APE, plus qu’un échange WhatsApp vite fait avec des amies que tu ne revois plus depuis des lustres… 

Bien sûr, il faut savoir apprécier les petites choses, et t’asseoir cinq minutes sans rien faire est déjà un très bon début ! Mais je t’invite à plus d’ambition, comme je l’ai fait pour moi. La réponse ne sera pas forcément matérielle, d’ailleurs, cela peut aussi concerner ton positionnement, l’expression de tes émotions, de tes opinions, l’affirmation de qui tu es. Toi seule peux t’autoriser à faire un pas en avant, car toi seule sais ce qui se passe au fond de toi. Quels sont tes besoins, tes aspirations, tes envies ? Quel nœud veux-tu défaire à l’intérieur ? Quelle porte veux-tu ouvrir ? Quelle facette de toi veux-tu révéler au monde ? Ça peut vraiment tout changer !

C’est cela aussi, être fabuleuse : t’offrir le cadeau de devenir qui tu es et, ce faisant, offrir ce cadeau au monde.



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Cet article a été écrit par :
Myriam Oliviéro

Myriam est passionnée par la mise en valeur des histoires et du talent d'autrui. Forte d'un passé d'infirmière riche en expériences humaines diverses, elle croit fermement que chaque voix mérite d’être entendue. Aujourd'hui, elle aide les auteurs à écrire et à publier leurs livres, en leur offrant un soutien adapté à leurs besoins et à leurs rêves. Maman depuis 2009, elle s'inspire de son quotidien pour contribuer au blog des Fabuleuses !
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