Face à la souffrance, rien de tel qu’un Babar - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Face à la souffrance, rien de tel qu’un Babar

Marie Hildwein 6 avril 2022
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Aujourd’hui, la maman de Babar a été tuée par le chasseur. Joyeux m’a dit une trentaine de fois au milieu de ses sanglots qu’il voulait que la maman se réveille quand Babar lui faisait un câlin. Je tremble en pensant aux questions existentielles ce soir au bord du lit. Je suis vraiment très tentée de rembobiner l’histoire, de dire à mes enfants qu’elle ne fait que dormir. 

Mais je ne peux pas leur mentir, leur dire que de telles choses n’arrivent jamais, leur dire « Tout ira bien ». 

Parce que je suis bouleversée, comme je l’ai été quand Silas s’est éteint dans mes bras, comme je l’ai été un matin où le téléphone a sonné pour m’annoncer le décès de mon petit frère chéri.

Parce que je suis aujourd’hui de nouveau touchée au cœur face à la souffrance abyssale de quelqu’un que j’aime,

une douleur qui fait désormais partie de notre vie.

Je ne peux lui dire « Tout ira bien » alors que ces derniers jours, mes enfants ont été témoins de ma colère et de ma tristesse. Je voudrais ne rien leur faire subir, mais je n’arrive pas à dissimuler le gouffre de mon âme. 

Je ne peux pas leur dire ça alors que je joue au bingo des trucs pourris de l’existence et que je suis en train de me demander ce que le niveau 4 du jeu me réserve. 

Mais je peux leur promettre que Babar est heureux malgré ce qu’il a vécu.

Je peux leur montrer la force de caractère qu’il a acquis au milieu des épreuves. Je peux leur dire que Babar n’a pas été seul, qu’il a eu la chance de rencontrer cette vieille dame, si prévenante avec lui, qu’il a Céleste et puis Arthur avec qui on peut toujours se marrer, même quand le ciel est sombre.

Pour être honnête, j’essaie un peu de m’auto persuader avec cette histoire…

J’ai vraiment envie d’y croire très fort. Alors j’essaie de me souvenir encore une fois des grandes amitiés scellées au chevet de mon enfant. J’essaie d’être consciente que j’ai appris à me connaître dans l’adversité. J’attrape chaque rayon de soleil au vol. Je ris au milieu des larmes et j’ose même l’humour noir. Je goûte chaque joli mot de mes enfants. Je me laisse toucher par ces messages attentifs que je reçois presque tous les jours. 

Et ce soir, si un coup de téléphone vient troubler ma soirée, je verserai toutes les larmes de mon corps. Mais j’aurai une petite pensée pour Babar, qui malgré les épreuves de la vie est devenu le roi de Célesteville.

Oui, vraiment, face à la souffrance, rien de mieux qu’un Babar. 



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Cet article a été écrit par :
Marie Hildwein

Maman au foyer, je vis d’autodérision et d’eau fraîche. J’aime partager une version sans filtre de ma maternité et de ma vie de femme : celle où la maison est parfois rangée, les repas parfois équilibrés, les cernes souvent creusées, les joies et les peines toujours partagées. J’habite en Allemagne avec mon Fabuleux, mon Joyeux et mon Malicieux, et nous portons avec nous Silas, notre aîné, décédé quelques jours après sa naissance.

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