Ce que j’aimerais que mes filles comprennent - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Ce que j’aimerais que mes filles comprennent

Aurélie Gonzalez 1 décembre 2020
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À mes puces qui auront 3 ans dans quelques mois, je voudrais dire tout un tas de choses. Que j’exprime souvent, pas toujours comme il faut, pas toujours au bon moment, et puis pas toujours tout court.

Tellement de choses que je voudrais leur dire aujourd’hui, pour qu’elles comprennent, pour qu’elles développent empathie, compassion, et bienveillance à l’égard de leurs prochains, pour qu’elles s’affirment en tant que jeunes filles, puis jeunes femmes, à l’aise dans leurs baskets.

Je voudrais dire à mes filles que je suis désolée de les stresser certains matins, depuis que j’ai repris le boulot, il y a 6 mois.

  • Parce qu’il faut manger, s’habiller, se débarbouiller et se coiffer, avant d’aller à la crèche et avant que j’aille au travail.
  • Parce que je m’énerve parfois quand elles essaient de se soustraire à la couette que j’essaie de leur attacher, et qui m’oblige à me contorsionner en râlant.
  • Quand elles se lancent dans une activité chronophage bien plus intéressante que de mettre ses chaussures et son manteau parce qu’on doit partir dans 2 minutes.

Je voudrais m’excuser d’être fatiguée parfois…

…et de ne pas avoir envie de jouer à cache-cache sous la couette, et de faire marcher la vache et le mouton en plastique de la ferme. De ne pas avoir envie de les porter pour la 5e fois (et 2×13.5kgs) de la cuisine au salon et à la chambre. De ne pas avoir envie de lire la 20e histoire alors qu’il est l’heure de se coucher depuis 15 minutes, et que mes yeux à moi, eux, se ferment tout seuls.

Quand parfois finalement, certains jours, je n’ai pas trop envie d’être une Maman.

Je souhaiterais leur demander pardon de les gronder parfois, alors que c’est juste moi qui perds patience, qui n’ai pas envie, qui ne sais pas. Et parfois aussi quand on mange les savons et les feutres pour la 5e fois, alors que ce n’est décidément pas très bon. Ou qu’on met de la mousse dans les yeux de sa sœur alors qu’on prend le bain, et qu’elle a déjà pleuré 4 fois pour la même raison en moins de 20 minutes. Ou encore quand on convoite le même jouet et qu’on se tape de colère pour l’avoir. Ou qu’on se dispute les bras de maman alors qu’il n’y en a toujours eu que deux, et qu’il faut apprendre à faire avec.

Non, mes puces, maman ne sait pas parfois comment réagir, elle ne sait pas faire.

C’est qu’elle est devenue maman quand vous êtes nées, ce beau samedi de janvier 2018. Elle ne sait pas ce qui est le mieux pour vous, pour elle, pour votre papa, qui est son amoureux :

Elle devine, elle tâtonne.

Parfois, la colère lui brûle les lèvres et elle la réfrène ; et parfois non, et elle s’emporte.

Jamais de mots durs ni de gestes violents envers vous, mais peut-être quelques gestes brusques, juste envers l’agacement et la colère que ces fois-là, je n’arrive pas à réfréner. Parfois, je crois que je suis plus en colère envers moi-même qu’envers vous, et parfois, flop-boum, ça se déverse.

Mais ce que je voudrais vous dire, surtout, c’est que je fais de mon mieux.

De mon mieux pour vous donner l’autonomie et la confiance dont vous avez besoin. Que tout l’amour que je possède, toute mon énergie, tout ce que je peux donner, tout est pour vous. Mais aussi, de temps à autre, je me perds quand je cherche à faire au mieux. Je me perds aussi quand j’essaie juste de penser à moi, au travail, aux copines, et aussi juste de penser à mon couple, à ma vie amoureuse. Et de penser à lancer une machine, et d’acheter le pain, et de prendre rendez-vous chez le docteur, et de racheter des chaussons en pointure 25 parce que décidément, le 24 coince depuis quelques jours.

Je sais qu’à votre tour vous comprendrez très certainement tout cela, quand vous grandirez, quand vous ferez preuve de discernement, quand vous aurez vous-même peut-être des enfants.

On ne comprend tout cela que lorsque l’on devient grand…

Mais croyez-moi, et soyez-en convaincues mes puces, quoique vous fassiez, quoique vous disiez, et même quand je m’impatiente et que je gronde, je vous aime plus que tout au monde.

Et pour toute la vie.



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Cet article a été écrit par :
Aurélie Gonzalez

Maman trentenaire de jumelles nées en janvier 2018, Aurélie s’interroge sur tous les changements liés à la maternité, sous l’œil bienveillant de son Fabuleux depuis bientôt 10 ans. Logisticienne de formation et d’expérience mais littéraire de cœur, elle confie ses doutes, ses craintes, ses coups de gueule mais aussi ses bonheurs simples sur son blog personnel.
https://ohreillyandherself.wordpress.com

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