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Belle-mère/belle-fille : pourquoi ce n’est jamais simple ?

S’il est une relation dans laquelle on marche sur des œufs, c’est bien celle-là. Je suis sûre que vous voyez de quoi je veux parler. Tendue, fragile, la relation belle-mère/belle-fille ne va pas de soi et – contrairement à la filiation – elle n’est jamais définitivement acquise. À tout moment, un caillou dans la chaussure peut la remettre en question.

« Au début, tout allait bien, confie ainsi Aurélie. Je la voyais de temps en temps, quelques heures, on se supportait bien. Tout a déraillé quand Florian et moi avons emménagé ensemble. Là, elle est devenue envahissante, elle téléphonait ou venait régulièrement sans s’annoncer, s’invitait dans nos prises de décisions personnelles. Florian avait inconsciemment son modèle en tête pour tout et j’ai eu du mal à trouver mes marques au sein de notre foyer, d’autant qu’il lui demandait conseil sur plein de choses. C’était à celle qui saurait mieux l’entourer et prendre soin de lui. »

Certaines mères, se sentant dépossédées de leur fonction maternelle, s’imposent assez vite comme des “rivales”. Par peur de perdre l’amour de leur fils, elles défendent bec et ongles leur territoire, oubliant qu’il s’agit d’une course vaine : après tout, nous voulons toutes les deux le bonheur de ce fils chéri !

Si notre but est le même, pourquoi on ne se comprend pas ?

  • Parce que la belle-fille a tendance à nier les sentiments maternels de sa belle-mère

Difficile en effet pour une mère d’avoir l’impression de “perdre” son fils, surtout si elle fait partie de ces femmes qui se sont pleinement investies dans ce rôle et pour qui la maternité représente un bonheur absolu.

« On se sent remplacée et c’est très dur à vivre. Surtout quand la belle-fille ne prend pas en compte nos sentiments, qu’elle privilégie ses propres parents pour garder les petits-enfants etc.. Les incompréhensions et la rancœur s’installent inévitablement », analyse Camille Rochet, psychologue, psychothérapeute du couple et de la famille, auteur de Ma boîte à outils pour être un couple épanoui, aux éditions Dunod.

  • Parce qu’on interprète trop les choses

Chacune de nous appréhende les réactions de l’autre. Voit des sous-entendus là où il n’y en a pas…et s’exprime maladroitement. De ce fait, on n’a jamais l’impression d’être vraiment en lien sereinement l’une avec l’autre.

  • Pourquoi c’est une relation exigeante ?

Parce qu’elle demande des efforts sur la durée. En tant que belle-fille, on peut avoir l’impression d’être la pièce rapportée, d’être jugée, de toujours devoir faire ses preuves. C’est usant ! De son côté, la belle-mère a toujours l’impression de mal faire les choses, de ne pas pouvoir se comporter avec son fils comme avant. Elle souffre et a du mal à trouver sa place.

Bref, c’est une relation où l’on peut avoir du mal à se laisser aller car le moindre mot ou la moindre attitude peuvent blesser. On est souvent sur le qui-vive.

La naissance des petits-enfants : un moment-clé

Je l’observe régulièrement autour de moi : c’est à la naissance des enfants que souvent, les heurts se font plus présents. Pourquoi c’est encore plus tendu à ce moment ?

« Parce qu’en tant que fille, on a tendance instinctivement à se tourner vers ses propres racines. Quand on devient mère, la relation avec nos parents se resserre, on a envie de les faire profiter de notre bonheur, note Camille Rochet. A l’inverse, on a plus de réticences à partager ce que l’on a de plus précieux avec une « inconnue » : cela ne semble pas naturel. La belle-mère n’est souvent qu’un second choix pour garder les petits-enfants. Cela crée d’emblée une inégalité entre les grands-parents. »

De fait, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 72 % des fêtes de Noël se passent chez la grand-mère maternelle. Les belles-mères partent donc avec un gros handicap !

Seraient-elles donc mal aimées, malmenées, les belles-mères ? Soyons honnêtes – et, en tant que belle-fille, sachons regarder en vérité nos agissements : c’est parfois le cas.

Du côté de la belle-fille, celle-ci est, en général, soucieuse de s’intégrer dans sa belle-famille. Mais elle n’est pas toujours accueillie comme elle le souhaiterait. Ou alors, c’est au fil du temps et des incompréhensions accumulées que la relation se dégrade. Pourtant, des rapports plus apaisés existent : dans un prochain article, on vous donne des pistes pour mieux s’entendre.

profil-ariane-chroniqueuseDepuis toute petite, Ariane Langlois écrit du matin au soir. Journaliste spécialisée en santé et psychologie, elle travaille pour la presse magazine féminine depuis plus de dix ans et tente de répondre chaque jour aux problématiques rencontrées par les femmes et mères d’aujourd’hui.
Amoureuse des livres, elle tient aussi un blog consacré aux ouvrages pour la jeunesse :
http://www.onlitunlivre.com/ Mariée à son Fabuleux très fabuleux depuis dix ans, sa vie tourne surtout autour d’une brunette à lunettes et d’une blondinette à bouclettes de 7 et 3 ans. Heureuse maman, elle tente – comme toutes les Fabuleuses – de conjuguer carrière professionnelle et vie familiale remplie : un vrai défi au quotidien !

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  • Anne Mont

    Il y a aussi les belles-mères qui ne sont pas du tout maternelles, qui ont raison sur tout, qui jugent tout, qui ne vont quand même pas se gêner pour leurs petits-enfants…