Adieu, lit à barreaux - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Adieu, lit à barreaux

Pascaline Olivier 7 juin 2020
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Tenter de comprendre et décrire des sentiments diffus, ceux de l’acceptation d’un moment révolu, ceux du temps qui fait son office, qui fait grandir les enfants et vieillir les adultes. Des lignes pour essayer de saisir l’essence d’un manque avec lequel il va falloir vivre. En toute humilité et simplement, car je connais ma chance d’avoir 4 enfants en bonne santé.

J’ai regardé s’éloigner doucement dans les escaliers le lit à barreaux de ma petite dernière. Celui qui avait abrité mes quatre enfants dès leurs premiers jours de vie et jusqu’à leur deux ans et quelque. Celui qui nous suivait à chaque déménagement, qui a vécu des nuits agitées, qui m’a vu pleurer en mettant au sein des enfants qui ne voulaient pas s’endormir. Il a connu les premiers jours, toutes les chambres, les couches, les premières expériences sur le pot.

Et le week-end dernier, je l’ai regardé partir…

Pleurant sur mon bébé déjà trop grand et sur mes grossesses déjà si lointaines.

J’ai adoré être enceinte, je le serais encore sans réfléchir, pour ressentir cette plénitude, cette vie, cet instant unique, comme suspendu.

Je le serais encore pour m’arrondir, pour sentir en moi cet être qui bouge, pour retenir un peu ce sentiment d’être une jeune maman, une nouvelle maman.

Mais la vie passe, les petits deviennent plus grands, le temps est une succession de petits deuils, des égratignures qui ne se pansent qu’accompagnés d’écoute, de douceur et de bienveillance. On ne dira jamais assez combien le rôle de nos conjoints est important dans chacune des étapes que nous avons à vivre, nous, mamans.

Intellectuellement, je sais.

Qu’il faut beaucoup d’énergie et qu’il faut pouvoir aussi apprécier de dormir à nouveau, de se promener sans tout un attirail d’accessoires encombrants.

Je sais qu’il faut savoir décrypter les signaux de sa moitié. Qu’assez c’est assez. Assez de bruit, assez de nuits hachées, assez de dents qui poussent, assez de craintes des petites maladies. 

Intellectuellement, je sais qu’avoir des enfants plus âgés permet de faire des choses différentes, de veiller tard, de voyager plus léger, d’avoir des discussions de « grands ». Et ils me surprennent tous les jours, tous les jours je les trouve grandis et magnifiques.

Mon corps et mon coeur ne sont simplement pas prêts…

…ils sont encore flottants, en pleine ambivalence comme souvent.

Je rêve d’une autre grossesse mais j’aimerais tellement retrouver mon corps.

J’apprécie mes nuits complètes mais je serais prête à « resigner » pour plusieurs années.

Les grands se font de moins en moins câlins, sentir le cou chaud d’un bébé est un souvenir béni.

Finie l’inquiétude sourde des maladies, des chutes, bonjour l’autonomie, l’entraide, plus de simplicité dans la gestion du quotidien.

Alors là, à ce moment charnière de notre vie de femme, il nous faut encore apprendre à lâcher prise. Accepter ces sentiments désagréables, reconnaître la sourde jalousie lorsqu’elle se fait sentir et la laisser s’éloigner pour être heureuse.

Accepter, patienter, développer son aptitude à faire preuve de gratitude pour ce que nous avons, ce que nous allons pouvoir entreprendre maintenant.

Etre mère est un chemin et chaque étape compte.

Il faut les vivre, les accompagner au mieux, de douces pensées pour soi-même et de patience.



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Cet article a été écrit par :
Pascaline Olivier

Infirmière, rédactrice web et maman décomplexée de 4 charmantes têtes blondes, Pascaline est la créatrice du blog Crazy Cocotte, qui met en lumière des chroniques de sa vie de mère et interroge des supers mamans de famille nombreuse.

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