18 étés avec mon enfant - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

18 étés avec mon enfant

Blanche Renard 10 juin 2024
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Quoi de plus délicieux, quand il fait froid et humide, que d’imaginer les prochaines vacances d’été au cours desquelles nous partagerons de doux moments ensoleillés avec ceux que nous aimons ?

En fonction des familles, pour celles qui partent en vacances, chaque été est différent, 

Il y a les adeptes des retrouvailles familiales dans des lieux où ils se sentent chez eux depuis tout petit.

Il y a ceux qui aiment l’exotisme et le changement. Chercher un nouveau climat, de nouveaux paysages, des saveurs inhabituelles.

Il y a les sportifs qui se ressourcent en gravissant des sommets ou réalisant des prouesses au kitesurf.

Il y a ceux qui veulent juste retrouver des gens qu’ils aiment, de vieux copains pour boire des coups et refaire le monde.

Il y a ceux qui ne veulent pas partir loin, juste prendre l’air, quitter la ville.

Il y a ceux qui veulent vivre une expérience inédite : habiter une roulotte, une yourte, marcher avec un âne ou vivre dans un éco-lieu.

Il y a aussi les adeptes des villages-vacances où tout est organisé : ils n’ont plus qu’à choisir et se laisser porter.

Quel que soit le style de vacances vers lequel nos goûts et notre compte bancaire nous orientent, depuis que nous sommes parents, il y a un nouveau paramètre : bébé.

Il est arrivé, il a bouleversé nos vies, nos repères, nos priorités. Il va aussi bouleverser nos étés ou, du moins, notre façon de vivre notre été.

Il grandira, parlera, marchera, nagera, grimpera aux arbres, goûtera l’effort de se dépasser. Un jour, il boira même l’apéro avec nous et préparera lui-même le barbecue.

0-3 ans

Commençons par le début.

Il y a d’abord les premiers étés, pendant lesquels tout tourne autour de notre cher petit et de son bien-être : l’oubli d’un doudou, la sortie d’une dent et l’otite qui s’en suit, peuvent pourrir cette semaine si longtemps attendue, rêvée, fantasmée. 

Le coffre de la voiture se mue alors en succursale d’un magasin de puériculture. Le challenge ultime est de réussir une nuit complète sans réveil au cours des vacances.

Les trajets sont entrecoupés par les arrêts forcés, quand la couche sent trop fort et gène bébé, et plus tard par les urgences du pot. Notre meilleur spot devient l’aire d’autoroute équipée du coin nursery pour le petit dernier et de jeux extérieurs pour le plus grand. Merci Vinci autoroute pour les programmes d’animations #BienArriver.

Arriver au lieu de vacances est déjà un but en soi. 

Une fois sur place, la famille baroudeuse sera heureuse de tester le nouveau porte-bébé en goûtant l’air pur et les paysages ressourçants. 

Pour ma part, j’ai plutôt vécu ces premières vacances comme un moment privilégié avec la famille élargie, pendant lequel les grands-parents sont heureux de pouponner et assurent la préparation des repas. Mon Fabuleux et moi nous sentions alors déchargés de ces tâches et en profitions pour nous échapper et revoir des amis.

4-12 ans

Les années passent et les enfants marchent, parlent et vont enfin seuls aux toilettes. Ils commencent à être plus endurants. Les étés sont alors faits de moments partagés.

Ce sont des balades où nous nous laissons surprendre par la résistance de nos petits et leur joie de partager ces défis avec nous.  

C’est l’occasion de s’extasier sur les prouesses de celui qui sait nager et escalader un arbre.  

Ce sont aussi les journées rien que pour eux où ils partent avec un pique-nique au fond du jardin, bien cachés des parents, pour montrer leur indépendance.

Ce sont des moments où on a le temps de faire des jeux de société ou de plein air ensemble. 

Ce sont enfin des supers châteaux de sable sur la plage, ensevelis par la marée montante, les pique-niques où le sable se glisse dans les sandwichs et crisse sous la dent. 

Pour nous parents, c’est aussi le stress de la surveillance des baignades et l’angoisse de les perdre sur la plage.

C’est l’occasion de découvrir combien le temps révolu de la sieste des enfants était important pour prendre tranquillement le café. Établir un nouveau cadre incluant « l’heure des parents » et un petit-déj en autonomie avec des céréales était un impératif pour moi !

Il y avait toujours les disputes entre frères et sœurs, les râleries des râleurs, les bouderies des boudeurs, les refus d’aller se coucher des plus fatigués qui ne voulaient pas le reconnaître. Mais ce n’est pas ce que j’ai gardé dans mes souvenirs.

13-18 ans

Puis il y a les étés avec les ados. Ils aiment vivre des expériences enthousiasmantes, partir à l’étranger par exemple. C’est toujours plus stylé de parler de Barcelone que de la Creuse quand en septembre on retourne au collège. Partir loin n’est cependant pas à la portée de tous. Leur donner l’occasion de se dépasser par un stage de voile ou de découverte d’un sport peut aussi être un beau cadeau.

L’enjeu est de trouver une activité plus intéressante que les réseaux sociaux et les jeux en ligne, histoire de leur offrir la possibilité de développer de nouvelles relations dans la vie réelle. Ce peut-être aussi une activité commune qui nous permette de les rejoindre et ne pas juste être « le daron relou ».

Les vacances permettent souvent un assouplissement du cadre de l’année : nous développons une certaine tolérance à l’égard de leur mode de vie. 

Ils ne nous réveillent plus tôt le matin : vivent les grasses matinées pour nous. 

Certains, plus âgés, seront ravis de prendre en charge le barbecue, de s’incruster à l’apéro en tant que « grand » et pas seulement pour piocher dans les cacahuètes.

Puis il y a les étés où ils ne viennent plus avec nous. Ceux que nous aimons ne sont pas toujours au rendez-vous. C’est le choc. Mon bébé a grandi et n’a plus besoin de moi. Leurs amis, leur chéri, leur stage, leur voyage, ou le premier job l’emportent sur notre désir de passer ces ou cette semaine de détente ensemble. Parfois ils viennent juste 1, 2 ou 3 jours. Merci à eux pour le cadeau de leur présence.

Nous n’avons que 18 étés avec eux.

Nos relations changent. Ils deviennent des adultes avec des joies d’adultes, des problèmes d’adultes, des choix de vie d’adultes.

Il n’y a plus de surveillance du temps passé sur l’écran, de l’heure de coucher, ni de sécurisation de la piscine, de RGO ou de cauchemars nocturnes. Tout cela est bien loin…

Il y a notre enfant, adulte, qui a juste besoin de notre confiance.

Et puis un jour, notre bébé a un bébé.

Quand il vient en vacances chez nous, son coffre est une succursale d’un magasin de puériculture et les cernes sous ses yeux me rappellent que je peux lui offrir des bras pour cajoler son bébé, lui donner un biberon pour qu’il en profite pour retrouver un peu de liberté.

La roue tourne. Chaque été possède sa saveur et sa tonalité.

Ce qui reste, c’est la joie d’être ensemble, de partager de bons moments, de se montrer qu’on s’aime et de savourer combien la présence de ceux qui nous sont si chers est ressourçante.

Et toi chère Fabuleuse, où en es-tu dans ce cycle de vacances, dans ce cycle de la vie ?



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Cet article a été écrit par :
Blanche Renard

Maman de 6 enfants et maintenant grand-mère, Blanche est thérapeute, formée à la méthode Vittoz. Consciente des tempêtes émotionnelles que vivent les mamans au quotidien, elle contribue à la communauté des Fabuleuses en leur apportant une écoute active et une réponse bienveillante à leurs emails.

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