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Portrait d’une Fabuleuse : Emilie

J’ai rencontré Emilie au travers de Jumeaux et Plus, une association de parents de multiples qui nous a beaucoup soutenus à l’arrivée de nos 2 bébés. Femme engagée, blogueuse avisée, maman courageuse, Emilie c’est LA copine qui te comprend et qui se débrouille toujours pour te faire rire.

 

3 objets qui te définissent ?

  • Mon smartphone : il contient ma vie, mes infos, mes rappels, mes photos… En somme, mon deuxième cerveau !
  • Mes bracelets Pandora, où chaque petite perle a une signification : un moment, une personne…
  • Et en ce moment, mais c’est fortement lié à la gémellité, je tourne au Coca-Cola et au chocolat….

Ta famille c’est qui ?

Ma famille c’est d’abord mes enfants : Eli l’aîné qui a dix ans, et les jumeaux, Anastasia et Stanislas, qui ont 19 mois. Ensuite c’est « les » papas, celui du grand, et le papa des jumeaux, qui vit à Paris pour l’instant, en attente du regroupement familial.
Et puis il y a tous ceux qui gravitent autour de nous, famille proche ou amis lointains mais chers à nos cœurs. D’ailleurs les enfants appellent plein de gens « tonton » ou « tata » 🙂

[UNSET]Pour toi, c’est quoi une maman de jumeaux ?

J’allais dire que c’est une femme sur-humaine, mais certains trouveront ça prétentieux peut-être ? Donc je dirais que c’est un soldat qui serait son propre supérieur. Elle doit définir et exécuter ses propres ordres, tout en assumant derrière. Je n’irais pas jusqu’à dire que les jumeaux sont une « petite armée », mais j’ai souvent l’impression d’être dans un stage commando quand même. Les bisous et les rires d’enfants en plus !

Pourquoi avoir lancé Oranjumo ?

Lorsque j’étais enceinte, j’ai passé toute une nuit blanche avec un cerveau fulminant d’idées de billets. Je n’avais jamais blogué, mais j’étais bien obligée de ne pas laisser tout cela se perdre, ne serait-ce que pour moi, alors je m’y suis mise.
J’ai aussi écrit pour parler du choc gémellaire, sujet que j’ai trouvé bien trop tabou sur les forums. C’était donc également un manifeste pour le droit de dire/vivre/ressentir que la maternité n’est pas toujours « que du (double) bonheur » !

Pourquoi t’être engagée dans l’association Jumeaux et Plus ?

J’ai baigné dans une famille où l’engagement associatif était courant. C’était donc normal pour moi de m’y trouver une place. Cependant, mes centres d’intérêts évoluent rapidement et je ne voulais pas me retrouver lassée, abandonnant le navire au bout de quelques temps. Lorsque Jumeaux et Plus 67 a lancé son appel aux bonnes volontés, ça a été le déclic. Être mère de jumeaux, c’est pour la vie !

J’y ai rencontré des gens fabuleux (dont toi !) et vécu de très beaux moments, avec des gens qui vivent des situations et ont des questionnements similaires. C’est très bénéfique !

Pourquoi est-ce que tu rêves de devenir sage-femme ?

Le sujet de la maternité m’intéresse depuis toujours. C’est un des rares trucs qui ne m’ont jamais lassée d’ailleurs. Est-ce qu’on peut parler de « vocation » ? Je n’ai jamais évoqué le sujet directement dans ma jeunesse, mais je déplore qu’on ne m’ait pas mis sur cette piste en voyant mes intérêts de l’époque…

J’ai ensuite eu une expérience unique de maternité et d’accouchement avec mon aîné, qui a conforté cet intérêt. J’ai également assisté une amie et son mari lors de la naissance de leur bébé, avant l’arrivée de la sage-femme.

Les jumeaux m’ont donné ce qui me manquait pour éventuellement un jour exercer correctement ce métier : une humilité face aux aléas de la grossesse, un nouveau regard sur les pratiques médicales et les besoins de chaque femme enceinte.

Quoi de plus beau que de partager les plus forts instants de la vie d’une femme ?

Mère au foyer : choisi ou subi ?

20130731_130048Hier soir, je t’aurais dit que c’était « subi »…! En réalité, c’est un peu les deux. On ne peut pas vraiment dire que c’était un choix, vu les difficultés à trouver un (double) mode de garde, et le peu de salaire en plus que j’aurais gagné. Mais je ne peux pas mentir, j’aime l’idée de traîner au lit le matin avec mes bébés, de prendre le rythme dont chacun à besoin, et de ne louper aucune de leurs petites mais si grandes étapes.

En fait, je voudrais choisir chaque matin si je pars travailler ou si je reste au lit !

Gérer seule les enfants et la maison : on fait comment ?

Je crois que toutes les mamans ont été seules pour une plus ou moins longue période, le tout étant de tenir sur la durée, sans forcément avoir cette échéance que serait le retour du mari !

  •  Mon premier secret, c’était d’avoir une ou plusieurs personnes que j’aurais pu appeler en cas de gros besoin, qui serait venue pour soit aider, soit juste me permettre de faire un tour prendre l’air SEULE.
  • Mon deuxième secret, c’est de profiter à fond de la carte-excuse « solo » : les gens sont souvent plus compréhensifs quand la maison est sale ou que les enfants sortent en pyjamas !
  • Mon troisième secret, c’est de laisser tomber tout ce qui peut l’être (repassage par exemple), de se trouver des petits moments rien qu’à soi (ici c’était prendre un bain, les bébés étant dans leur parc, surveillés par la caméra), et de ne jamais refuser un moment de plaisir (sortie ou visite de copine) sous un prétexte ménager !

En conclusion, j’essaie de pratiquer le « c’est pas grave »… La journée passée en body ou en couche, le T-shirt mis deux jours de suite ou le pyjama rose pour le garçon, le bol de céréales ou la barquette de taboulé en guise de repas du soir, le bain un soir sur deux… c’est pas GRAVE !

Pour toi, c’est quoi la solidarité entre mamans ?

emilieLa solidarité entres mamans pour moi, c’est déjà concrètement mon engagement associatif, mais aussi le temps passé sur des groupes de soutien de mère à mère (et principalement, notre groupe Facebook de soutien à l’allaitement de jumeaux). C’est aussi, tout simplement, être avec ses copines, être deux pour surveiller tous les enfants… Je ne sais que trop bien le soulagement que cela peut être. Apporter ou se faire apporter un repas…

C’est également essayer d’être dans le respect du choix de l’autre, et la soutenir sans condition. Sortir du jugement, qui finalement n’est qu’une façon de se dire que ce que nous-même faisons n’est « pas si mal », pour être dans le soutien compatissant. À lire sur le sujet, l’histoire d’une maman qui m’a touchée. (Je ne suis pas parfaite, le chemin est long, mais essayons !)

C’est aussi savoir accepter d’être dans une période de « réception » et pas toujours de « don ». Se dire que c’est pour mieux donner soi-même après… J’ai par exemple eu des moments très difficiles, et les propositions d’aides, même si elles ne se sont pas toutes concrétisées, m’ont fait beaucoup de bien et contribué à me remettre sur la piste !

Savoir que quelqu’un est là pour toi, c’est déjà énorme !

Un petit mot pour les Fabuleuses ?

Aimez-vous, prenez soin de vous, et… faites la sieste !

 

 

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  • Hélène

    La pratique du « c’est pas grave »… excellent !

  • Nadine

    J’aime l’idée de la caméra, pouvoir surveiller les bb qd je suis ds la cuisine ou avoir un oeil sur la 2e quand je donne le bain à la 1ere. …Chapeau et RESPECT Emilie!
    Ce qui me manque aujourd’hui c’est de pouvoir rencontrer et échanger avec d’autres mamans de jumeaux en bas âge, faire des balades….J’hésitais à renouveler mon adhésion à l’association Jumeaux et plus, cela me motive pour le faire du coup. …
    Hélène, le lien vers « l’histoire d’une maman » me renvoie vers Facebook. Pourrais-tu m’en dire plus ou m’envoyer un autre lien?
    Merci et grosses bises! !!! 😉

  • Helene BONHOMME

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