roman

Mon nom est Roman

ROMAN

6 NOVEMBRE 2012, 9h20

Ce matin encore, alors que nous parcourions l’INFINIE étendue d’herbe verte, un tapis de mousse étouffait le bruit nos pas. À cette cadence feutrée succède maintenant le craquement aigu des gravillons sous nos sandales. Le terrain EST friable ; chaque foulée provoque de petits éboulements qui ralentissent notre ascension.
Les lanières de cuir de mon havresac adhèrent à la peau moite de mes épaules. J’essuie mon front à l’aide du chiffon déjà humide qui est fixé à NOTRE précieux bâton d’if par des cordelettes effilochées.
Je serre mes lèvres gercées par l’air chaud et sec. L’un de mes compagnons de route me tend sa gourde. Reconnaissant, je l’attrape et ouvre le goulot avec JOIE, lorsqu’une clameur grandiose retentit juste derrière la cime des pins.
J’en oublie DE me désaltérer ; nous pressons le pas et rejoignons bientôt le sommet de la colline. Nous nous arrêtons pour baisser les yeux sur l’acide clarté qui engloutit la vallée, de ces clartés si claires qu’elles VOUS assombrissent la vue. De la lumière blanche se détachent des centaines de petites ombres ; les silhouettes des pèlerins qui affluent de tous côtés convergent pour former une multitude organisée en cercles concentriques.
Je m’élance dans la fourmilière géante, dont la clameur résonne sur les parois rocailleuses de la vallée, pour ANNONCER l’imminence du combat. Les jeunes recrues sont lestées d’un ballot contenant leur cuirasse et leur dague. Ils tiennent une lance, et leur bouclier est sanglé à LA lanière de cuir qui leur sert de ceinture.
Le grondement d’une armée en marche, le grincement des épées dans les fourreaux, l’euphorie de la victoire, les sourdes blessures, le bourdon sous les casques, la NAISSANCE d’un rêve, les rires et les chants : à mesure que je m’enfonce dans cette foule de soldats improvisés, je suis assourdi par autant d’instants qui ont fait de moi ce que je suis.
Au signal d’un chef campé sur une estrade lointaine, la clameur cesse. Je me fraye un chemin au milieu d’une cohorte qui se tient en contrebas, près du torrent dont les eaux sont presque taries. Les légionnaires, rangés en ordre DE bataille, me regardent avec des yeux auxquels le soleil apporte un éclat blanchâtre. Dans cet intervalle silencieux, je m’attelle à ouvrir NOTRE étendard, ce simple bâton d’if auquel est attaché un chiffon en lambeaux.
Sur le dessin fripé qui se dévoile à mesure que je défais les FILS, je peux lire l’ardeur des combats, parcourir le terrain gagné, deviner le sourire des affranchis, considérer le prix des victoires. Mais tout cela n’a pas d’importance à mes yeux, devant la valeur inestimable de celui qui, sur le chemin, me garde dans sa main.
Mon nom est ROMAN, et tout ce que je désire, c’est de le connaître.

faire part naissance

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