doudou

Le doudou miraculé

Soleil radieux. Dans un coin de la piscine, un cours d’aquabike peuplé de sexagénaires, admirablement coachées par un gentil maître nageur tatoué. Et puis une pataugeoire bien chaude, un bassin désert, un toboggan géant, une caisse remplie d’arrosoirs et de canards. Rien que pour nous.

La journée parfaite. Notre lundi en famille.

Bientôt 14h. Les scolaires ne vont pas tarder. Vite, on passe sous la douche et avant qu’ils n’arrivent, on squatte le vestiaire collectif. Histoire que les deux fauves ne soient pas tentés de se faufiler sous les cloisons des cabines individuelles.

Dans le couloir, le bourdonnement d’une classe de CE1 en approche. En moins de 30 secondes, c’est l’invasion. On attrape nos bébés, on récupère nos sacs et on termine de s’habiller dans le couloir.

S’ensuit une belle demi-heure de jeux de ballon, et un bon goûter dans le parc voisin. Allez, on remballe. Avant de partir, le traditionnel check : « On a tout ? »

Non, on n’a pas tout.

Il manque un doudou. Le doudou singe.

Évidemment que c’est une mauvaise idée d’emmener le doudou à la piscine. Évidemment qu’il faut laisser le doudou dans le lit si on veut pas le perdre. Évidemment.

Bon, maintenant il faut se mettre en mode solution. Pendant que mon mari fait des tours de parking pour calmer ces messieurs (qui, à présent, sont vraiment fatigués), je quadrille l’aire de jeux. Mes yeux laser ne parviennent pas à localiser le singe en question.

Je négocie avec l’hôtesse l’accueil pour pouvoir continuer mes recherches dans les vestiaires. J’entre dans le vestiaire collectif où nous nous étions changés : il est constellé de slips, chaussettes, draps de bains, goûters et autres affaires appartenant à la trentaine d’écoliers qui y ont installé leur QG.

Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Je soulève un ou deux pantalons, puis je me dis que c’est indécent.

Je me dirige vers les casiers (se cacher dans les casiers : le jeu préféré de mes garçons à la piscine). Je concentre ma recherche vers ceux qui sont le plus près du sol. Méthodiquement, j’en ouvre une trentaine.

La femme de ménage me regarde bizarrement. Je lui demande si elle n’a pas vu un doudou (une peluche, pardon).

Non, évidemment.

Direction le parc. On entre dans la phase 2. Je dérange les gens qui sont assis sur le banc, pour être bien sûre que le doudou n’est pas sous leur siège. Je retourne à la voiture et réouvre les 4 sacs. Rien.

Je suis tentée de mettre un terme à mes recherches. Puis je pense aux heures de souffrance qu’il faudra supporter en l’absence du doudou singe. Oui, on a un doudou de rechange. Le même, exactement le même. Sauf qu’il n’empeste pas la bave. Aucun intérêt.

Il faut se ressaisir. Ne pas douter. Rester concentrée.

Il faut le retrouver.

Je repasse par le stand d’accueil, avec l’idée de laisser mon numéro de téléphone au cas où quelqu’un retrouverait le doudou. L’hôtesse est en pause café ; je me faufile discrètement vers les vestiaires pour un deuxième tour désespéré. Je regarde dans les toilettes, dans les douches. J’ouvre une vingtaine d’autres casiers. Rien. Dans le vestiaire collectif, toujours ces montagnes de fringues en bazar. Mais où est le doudou ?

Dans un ultime acte de foi, je tente ma dernière chance : « Dieu, je t’en prie, montre-moi où est ce doudou ! »

En un éclair, une pensée improbable me traverse l’esprit : « Regarde dans la poubelle. »

Je n’ai rien à perdre. Direction la poubelle. Je soulève le couvercle.

Il est là, bien logé dans un sac poubelle tout frais tout propre. Il m’attend. Le doudou singe.

Miracle ?

 

 

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  • Rachel

    Un vrai thriller cette histoire. Tu as évité le pire ! Bon réflexe 😉

  • Myriam

    c’est vrai qu »il faut écouter son for intérieur dans ces cas là …bon réflexe. Gaspard son doudou a réussi à se cacher une semaine dans le dortoir de l’école !!

  • 🙂

  • Trop forte Hélène ! Ecouter son ange gardien en toute situation 😉 Gratitude !

  • 😉