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Entretien avec Mariela Demetriou, journaliste de mode et fabuleuse maman

Organisatrice de la fashion week australienne et de la venue du Prince Charles à Sydney, Mariela Demetriou est aujourd’hui journaliste de mode pour le Renegade Collective. Elle est aussi une fabuleuse maman qui nous a fait l’honneur de sa présence lors des Team Days des fabuleuses à Strasbourg !

Merci Mariela de passer ce moment avec nous. Quelle chance d’interviewer une fabuleuse australienne !

(Rires) En fait mon parcours est international ! Je suis née au Chili, où mon père était pilote dans l’armée de l’air. Nous avons vécu en Allemagne, puis en Australie. Ensuite je me suis mariée avec un homme qui est né en Grèce. Et aujourd’hui nous avons la chance de vivre en France !

mariela demetriou 2Tu nous présentes ta famille ?

Mon merveilleux mari s’appelle Peter. On va fêter nos 17 ans de mariage en février. Nos deux filles sont fantastiques : Siena, 12 ans et Paloma, 9 ans.

Comment est-ce que tu as su que tu voulais te lancer dans la mode ?

Ça a commencé quand j’avais 3 ans. Ma maman était couturière à Sydney. Je me promenais dans la boutique, je voyais le travail des finitions, je feuilletais les magazines, j’essayais les tenues… Je crois que le premier mot que j’ai prononcé a été «Gucci» !

En Australie, les écoliers portent la tenue obligatoire. Pour que je puisse quand même avoir ma touche personnelle, ma maman me faisait des capes et des manteaux extravagants. Ca faisait rire tout le monde mais moi j’aimais ça ! D’ailleurs je n’ai jamais été très à l’aise dans le scolaire, j’étais très créative, toujours la tête dans de nouvelles idées.

À quoi ressemblait ta carrière quand tu t’es lancée ?

À la fin du lycée, j’ai su que je voulais travailler pour Charlie Brown. J’ai décidé que je voulais bosser pour elle le jour, et faire mes études la nuit. Décrocher un job chez Charlie Brown semblait impossible mais à force d’insister encore et encore, j’ai été prise ! Je n’étais pas censée rencontrer Charlie. Mais les choses se sont passées autrement…

mariela demetriou 3Comme pour brider mon enthousiasme, on ne me donnait que des tâches difficiles et ras les pâquerettes : sortir les poubelles, découper des mètres et des mètres de tissu… J’ai essayé d’être fidèle dans tous ces travaux, en me disant qu’un jour je me ferais bien remarquer. Je l’ai compris plus tard : toute cette pression était un test.

Je me suis finalement retrouvée dans le bureau de Charlie et je suis devenue son assistante personnelle. Je la suivais partout.

Ma vie, c’était celle d’Andrea Sachs dans «Le diable s’habille en Prada» ! Charlie était très exigeante. Elle était réputée pour ne pas prendre de stagiaire mais je crois qu’elle m’a vraiment appréciée.

Elle me charriait en m’appelant «Mère Thérésa», parce qu’elle savait que je cherchais à récupérer toutes les chutes de tissu pour en faire des choses à offrir à des gens dans le besoin. Je crois que ça l’a touchée.

J’avais 18 ans à cette époque. Par la suite, j’ai réalisé que j’étais meilleure dans le relationnel que dans le design et on m’a alors proposé un poste dans la presse de mode.

On a été les premiers Australiens à importer des produits européens. J’adorais présenter des choses nouvelles.

3 grands moments qui ont marqué ta carrière ?

Il y a eu une phase où j’ai eu envie de passer à autre chose. Pendant 6 ans, j’ai donc travaillé dans le management. J’organisais des événements un peu partout dans le monde pour des lancements de produits. Depuis Sydney, j’ai organisé des événements partout en Australie mais aussi en Afrique du Sud, en Inde et au Canada. À cette période, j’avais à peine 25 ans et j’ai eu la chance de voyager énormément : de Singapour à Kota Kinabalu en Malaisie, en passant par les États-Unis, l’Amérique du Sud et l’Italie avec notamment Rome et le lac de Côme. J’ai également passé beaucoup de temps au Japon, l’un des nombreux pays que j’affectionne particulièrement.

mariela demetriouIl y a eu aussi l’organisation des fashion weeks en Australie. J’ai commencé en bas de l’échelle et au final je suis devenue manager général. C’était un immense défi, parce que les managers précédents étaient partis à Hong Kong en me laissant une importante désorganisation… En plus, c’était les 10 ans de la fashion week, donc il fallait marquer les esprits ! On m’a donné le surnom de «casque bleu» parce que je devais gérer les frustrations de chacun et qu’au final, j’ai pu faire en sorte que chacun soit mis en avant et se sente bien.

Et puis, il y a eu l’organisation de la venue du Prince Charles à Sydney, avec un défilé et tout l’aspect presse pour présenter nos produits. Ça été un moment fantastique.

Le Prince Charles était charmant. D’habitude, il ne mange pas en public à cause des photos. Pour vous dire à quel point il s’est senti à l’aise : il a goûté à notre barbecue australien !

Qu’est-ce que tu aimes dans ton métier de journaliste et d’intervieweuse ?

Je suis en charge de la partie mode du Renegade Collective et j’en suis vraiment heureuse. Plutôt que de nous dire comment on devrait s’habiller, ce magazine est une véritable source d’inspiration pour les pionniers, les entrepreneurs.

J’aime raconter l’histoire des gens. Le processus commence quand je lis quelque chose sur quelqu’un et que je détecte un aspect inspirant de sa vie. L’histoire qui m’a le plus marquée les derniers temps est celle d’une conservatrice du Louvre qui est la plus jeune et la première en France à avoir eu ce poste.

Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’on est tous humains. On peut toujours s’identifier à l’histoire des gens et y chercher quelque chose d’inspirant.

J’aime aller chercher quelles sont les forces des gens dans leurs combats.

Tu es épouse, maman, journaliste de mode et à côté de ça, tu développes Liberté ! Church avec ton mari. Comment fais-tu pour gérer tout cela en même temps ?

C’est la question à 1 million de dollars ! En tant que femme, on aime bien compartimenter les choses. On a tendance à vouloir changer de casquette en fonction de nos différents rôles et de nos différents horaires… J’essaie de traiter les besoins comme ils viennent en laissant couler les choses.

mariela demetriou 5Dans mon programme qui commence à 5h30 et se termine à 23h30, tout est une question de priorités. Par contre, je cherche à avoir des temps de qualité avec ma famille. Je ne veux pas leur donner des restes. Par exemple, quand je bois un chocolat chaud avec l’une de mes filles, je prends soin d’éteindre mon téléphone.

Et puis, je cherche à prendre du temps pour moi et aussi pour dormir…

Je pense qu’on ne peut pas s’occuper des autres, si soi-même on ne va pas bien.

Lorsqu’on vit une vie passionnée, on fait les choses parce qu’on est motivée et alors on a de l’énergie.

Comment est-ce que tu restes inspirée ?

Je crois qu’il y a trois réservoirs dans la vie : le corps, l’âme et l’esprit. Quand tu conduits et que le voyant s’allume, tu sais qu’il faut aller à la station pour mettre du carburant ! C’est important de connaître les niveaux de nos 3 réservoirs.

Pour connaître le niveau de son réservoir physique, on peut se demander : est-ce que je mange bien, est-ce que je dors bien, est-ce que je fais de l’exercice ?

Pour connaître le niveau de son âme, on peut se demander ce que l’on trouve beau : un tableau, un paysage… Prendre soin de son âme, cela peut aussi être : faire du shopping, rencontrer des amies ou boire un verre avec quelqu’un qu’on aime. Je viens de Sydney, qui est une ville immense et toujours animée.

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En arrivant à Strasbourg, j’ai découvert une ville beaucoup plus petite où il se passe beaucoup moins de choses… mais quelque soit l’endroit, on doit être intentionnel pour nourrir son âme. Il faut savoir se réjouir de ce qu’on voit et de ce qu’on fait.

D’ailleurs, la rêveuse que je suis vous prévient déjà que dans 10 ans, Strasbourg sera the place to be et que Paris, Londres et New-York pourront aller se rhabiller ! Pour que quelque chose devienne fou, il faut juste que des gens y croient….

En tout cas, pour nourrir son âme il est important de se trouver des endroits qui nous correspondent pour ce ressourcement. Ces endroits n’ont pas besoin d’être au bout du monde !

Les rêves aussi nourrissent notre âme. Je me pose souvent la question : c’était quand la dernière fois que j’ai fait un rêve éveillé pour l’avenir ?

En ce qui concerne mon esprit, en tant que chrétienne il s’agit de ma relation avec Dieu, qui est mon meilleur ami. Souvent dans les églises, on est dans le faire mais ce n’est pas ce qui nourrit notre esprit !

Donc pour garder mon inspiration, je fais attention à ce que mes 3 réservoirs soient au moins à moitié pleins. Vérifier les niveaux de mes réservoirs m’aide à prendre des décisions au quotidien, pour savoir où je dois agir en priorité. On devrait toutes faire régulièrement un état des lieux de nos réservoirs, en étant honnête avec nous-même et ensuite intentionnelle pour les remplir !

collective hubTu es hyper créative… qu’est-ce qui inspire tes idées ?

Beaucoup de choses… Rien que dans mon fil instagram, où je suis souvent inspirée par les citations de Bobbie Houston ou Christine Caine par exemple. Une autre personne qui m’inspire beaucoup, c’est mon éditrice.

Cela fait 1 an 1/2 que notre magazine a été lancé et aujourd’hui, nous avons autant de lecteurs que Vogue en a eu en 10 ans !

On va d’ailleurs bientôt sortir une version européenne aussi. Mon éditrice est inspirante car elle ose faire des nouvelles choses. Elle se fait des contacts extraordinaires. Elle sait qui elle est, c’est-à-dire comme tout le monde. Mais elle ose être pleinement elle-même !

C’est ça que j’aime dans la mode. J’aime les couleurs et je ne supporte pas quand tout le monde est habillé pareil. J’aime que la personnalité des gens ressorte dans leurs vêtements, et ce n’est pas une histoire d’argent qu’on dépense dans nos fringues. C’est une question de personnalité ! J’ai d’ailleurs une obsession pour les femmes plus vieilles qui sont encore bien habillées et coquettes. Je veux devenir comme ça !

3 mots sur lesquels tu bases ta vie ?

– Aventure : mon mari et moi, on est les derniers de nos fratries. On n’a jamais voulu qu’on nous dise quoi faire. On a toujours voulu faire nos expériences ! Bien souvent, nos familles ou le système nous disent comment être ou quoi faire. Nous, on veut avoir de l’espace pour l’aventure. Peter est capable de me réveiller à 5h du matin juste pour aller sur la terrasse voir un lever de soleil, enveloppée dans ma couette !

– Audace : si on me dit que quelque chose est impossible, ça active ma passion et je n’ai qu’une envie : le faire. Donc si j’ai envie de rencontrer quelqu’un ou de faire quelque chose, je me dis «pourquoi pas». L’impossible crée en moi une réaction de cause à effet : je ne peux pas m’empêcher de me lancer !

– Gentillesse : une gentillesse inhabituelle, exagérée, choquante ! C’est ringard mais ça marche. Oser perdre du temps pour être gentil. Alors, on vit une vie complètement abondante. J’ai enseigné cela à mes filles et 5 fois déjà, elles ont fait pleurer des vieilles dames dans la rue, juste par des actes de gentillesse… Que ce soit dans le foyer, les amitiés ou le travail, nous devons être intentionnelles pour montrer de la gentillesse. Ma devise : Let kindness be your strategy (Faites de votre gentillesse votre stratégie). J’ai eu d’incroyables portes ouvertes, juste en essayant d’être gentille avec les gens. La bonté n’est pas une faiblesse. C’est une force !

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