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Interview : Lydia Levant-Bol, psychologue du travail

Psychologue du travail… quel rapport avec les Fabuleuses au foyer ? Eh bien, je crois que Lydia a beaucoup de choses à dire aux Fabuleuses, beaucoup de choses qui pourront les aider au quotidien. Prêtes à faire sa connaissance ?

Peux-tu nous présenter ta famille ?

Je suis mariée depuis 11 ans à JD, un « slasheur*- créatif» : rédacteur en chef adjoint, mais aussi graphiste, musicien, bloggeur politique, papa-poule et tendre époux. Il a sa boîte de com et ensemble nous avons aussi une entreprise de vente directe. Il y a Timeo, 6 ans, une « éponge » qui observe tout, entend tout, pose des questions sur tout…! C’est un garçon à la fois hyper-dynamique et doté d’une grande sensibilité. Enfin, depuis peu : il y a Lévie, 3 mois, « Miss sourire », bébé cool et très câlin. Quant à moi, je suis psychologue du travail à mon compte. Mon leitmotiv est d’aider les gens à trouver leur voie et à développer leur plein potentiel.

*Slasheur : http://rhconseilpme.blogs.com/rh/2012/05/

C’est quoi, un psychologue du travail ?

Psychologue du travail est avant tout un titre qui donne accès à un panel de métiers. Brièvement, la psychologie du travail et des organisations intervient dans 3 grands secteurs :

  1. L’homme dans son devenir professionnel durant tout son parcours (orientation, reconversion, transition, évolution professionnelles, formation, apprentissage, identité professionnelle, projet professionnel…)
  2. Le milieu du travail et/ou organisationnel (Organisation, management, prise de décision, audit, diagnostic & analyse, définition de projet …)
  3. Et un secteur qui fait le lien entre l’homme, sa relation au monde du travail/de l’entreprise (recrutement, insertion, bien-être au travail, gestion des talents en entreprise, épanouissement professionnel, gestion des ressources humaines, prévention des risques professionnels comme les burn out, ergonomie professionnelle…)

Et de nouveaux métiers vont encore naître…

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce que tu fais ?

Mon rêve de jeune fille était de devenir infirmière. Je voulais prendre soin des gens. J’ai réussi l’écrit du concours, et j’ai échoué l’oral : on m’a clairement dit que j’étais trop petite pour ce métier. Un échec basé sur ma taille, quelque chose que je ne pouvais pas changer… J’ai alors pris une année de pause après le bac pour éviter de « moisir par défaut » sur les bancs de la fac. Je me suis demandée comment je pouvais garder mon objectif (prendre soin des gens) de façon différente. Je me suis alors dirigée vers la psychologie. Je me suis régalée…

A la fin de la licence, j’ai du faire le choix de ma spécialisation (psycho clinique, psycho enfant/ado, neuropsycho, etc.) Je me suis aperçue que la fonction de psychologue telle que l’entendent en général les gens ne m’attiraient plus du tout (séries d’entretiens avec des personnes traversant des difficultés ou des personnes ayant des pathologies.) Je me suis demandée si je m’étais trompée de voie… J’ai pris le temps de réfléchir, de faire le point sur mes différents stages, de faire des recherches, de questionner mes profs.

Et j’ai eu un déclic : une grande majorité de personnes passe plus de temps éveillé au travail que chez eux ! C’est donc primordial qu’ils soient heureux au travail et épanouis afin qu’il y ait des répercussions positives dans tous les domaines : identité, vie familiale, santé, humeur, etc.

Mon choix était fait ! Ayant moi-même été confrontée à l’échec et à la remise en question dans mon orientation professionnelle, je saisis pleinement la difficulté de ces saisons. Je crois également que chaque personne a un potentiel inexploré. Nous avons la responsabilité de nous découvrir nous-mêmes et de nous développer, mais les entreprises/organisations ont également un grand rôle à jouer dans ce domaine. Ils seront d’ailleurs les premiers bénéficiaires du développement des talents de leurs collaborateurs.

Est-ce que ton regard sur le travail a changé depuis que tu es devenue maman ?

Totalement ! Non seulement sur le travail, mais sur notre style de vie. Le fait d’être parent nous a permis de revoir nos priorités. Avant d’être parents, on était plutôt du genre à nous impliquer au niveau associatif dès qu’on en avait l’occasion, à ne pas savoir dire non, à rendre service à tout bout de champ, à répondre oui à toutes les propositions de soirée… Après avoir vécu un épuisement physique, on a bien vu qu’on ne pouvait pas tenir le même rythme et on ne souhaitait pas l’imposer à notre fils, qui en ferait les frais en premier.

On a dû faire des choix. Sans surprise, nous sommes clairement plus efficaces et plus productifs dans ce que l’on fait, et surtout on avance là où on doit avancer, pas là où les autres doivent avancer !

Nous nous sommes recentrés sur nos projets de vie pro et perso. Notre couple, nos enfants, notre famille : c’est notre priorité. J’ai eu Timeo durant ma 2ème année de thèse, et 2 mois après ma soutenance, je me suis installée à mon compte pour avoir la liberté d’exercer selon ma vision des choses, mon projet de vie, pouvoir transmettre aux autres ce que je dois leur transmettre, et travailler à mon rythme. C’est un choix que j’ai pris avec mon mari. Ce n’est vraiment pas « pour l’argent », mais pour la liberté d’action. Cela a un coût : rémunération totalement instable, solitude professionnelle, charges, etc, mais cela me permet de dépasser mes limites et m’améliorer au niveau de l’organisation, la prise de décision, etc.

Comment ton organisation a-t-elle changé depuis la naissance de ta fille ?

Mon organisation a changé plusieurs mois avant la naissance de ma fille. Nous avons démarré une activité de vente directe pour financer les futurs projets et j’ai pu travailler sur cette entreprise de chez moi durant les derniers mois de la grossesse durant lesquels je ne pouvais plus être mobile.

Au niveau de mon activité en tant que psychologue, je suis pour le moment en pause pour m’occuper de Lévie pendant plusieurs mois. J’ai la chance de pouvoir le faire et d’avoir un mari qui s’associe à moi pour cela. En plus de son job à plein temps, il travaille quelques soirs par semaine en tant que graphiste afin de compenser le fait que je ne travaille pas pour le moment.

Cette pause me permet également de repenser mon activité. J’ai appris beaucoup de choses en trois ans, et évolué au niveau des défis professionnels. Je vais donc reprendre mon activité en temps voulu avec d’autres types de missions, d’autres publics, toujours selon mon leitmotiv, tout en gardant à l’esprit que je ne vis pas pour travailler, mais je travaille pour vivre.

Je sais que je ne peux pas avancer au même rythme sur tous les fronts, il y a des saisons de vie différentes et « ralentir » ma carrière ne me fait pas peur car je sais pourquoi je le fais et je suis totalement en paix avec cela. C’est une phase transitoire (et si unique !) avant de reprendre des projets.

 

À venir : les astuces de Lydia Levant-Bol pour les Fabuleuses qui travaillent à domicile.

À découvrir dès maintenant : le blog de Lydia Levant-Bol, très pro et très humain !

 

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