92

Butin de bibliothèque 2

Cette fois-ci, j’avais mon tank-poussette avec moi, et je me suis lâchée. J’ai pris le maximum, 12 livres. J’ai essayé de faire un assortiment équilibré entre les albums cartonnés et les livres en feuille « qui-s’abime-fais-attention-c’est-fragile », mais étrangement, cela n’a pas vraiment eu d’influence sur les histoires que l’on a le plus aimées.

Commençons par les grands gagnants du butin.

Au secours, voilà le loup, Bourgeau et Ramadier – Album Cartonné chez Loulou et Compagnie et totalement créateur de multiples éclats de rire chez l’héritier.

On s’installe avec l’enfant, et on lit. La première phrase est à dire tout fort, la seconde donne à l’adulte des indications à suivre. Parce que le loup approche, et qu’on est pétrifié de peur. #suspensedefolie

Ainsi, on va tour à tour pencher le livre pour faire glisser le loup, le secouer, le retourner, et à renfort de hauts cris et autres performances scéniques dignes de l’Oscar du plus grand lecteur, on va essayer d’échapper au loup, et survivre aux éclats de rire.

Quand enfin on en réchappe, ce n’est que pour entendre le petit « encô » qui marquera le retour du loup menaçant.

Note de l’empereur : 5/5



Tu ne dors pas petit ours, Weddell et Firth – Album
Bon, là, j’avoue, je dois y être pour quelque chose. J’adore cette histoire. Je la lisais à ma sœur et mon frère enfant, et je suis une amoureuse de cette finesse dans l’illustration et la mise en couleur à l’aquarelle.

L’histoire est absolument délicieuse et nous parle de ce que l’on désespère parfois de voir arriver : le moment où ils dorment enfin, celui où les « je suis pas fatiguée/j’ai envie d’une verre d’eau/j’ai oublié mon ours » se taisent enfin et où l’on peut redevenir des adultes blasés de la vie, avec un penchant certain pour la râlerie. Parce qu’il n’y a pas que les petits lutins qui refusent de dormir. Petit ours aussi a du mal, et grand ours voudrait finir son histoire d’ours en paix dans son fauteuil d’ours… S’ensuit un ballet à la conclusion couinante #guimauvepower

Note de l’empereur : 4/5 (oui, parce que lui n’avait pas envie de dormir)


Les livres suivants sont bons, voir très bons, mais sans doute pour des enfants un peu plus âgés.

L’écoute aux portes, Claude Ponti – Album
L’indétrônable Claude Ponti et ses histoires…. Mmm j’hésite avec l’adjectif…. rocambolesques, abracadabrantesques, fantastico-burlesques ?
Quoiqu’il en soit, l’écoute aux portes, s’il ne remporte pas les suffrages à 18 mois, reviendra nous rendre visite dans quelques temps, pour voir entendre. En attendant, je vous le conseille.

La forêt des pandas, Olive et He – Album
Comment ne pas fondre devant un bébé panda ?
Bah non… l’histoire est mignonne, mais savoir si le bébé panda allait être sauvé n’a pas vraiment ému sa majesté.
A noter tout de même que les auteurs savent de quoi il parlent car notre histoire se passe dans la bonne région de Chine. Il n’y a rien de plus agaçant que de réaliser que l’on est en train de lire des bêtises à son enfant.

Encore un bisou (Kiss Good Night Sam), Hest – Album
Adorable cette histoire, mais dans mon cœur l’ours de cette semaine, c’était petit ours. Je ne pense pas avoir donné une réelle chance à Sam. Il faudra que j’essaye à nouveau. Car là encore, il est question du coucher, avec cette fois un focus sur le bisou, ce rituel sacré de la parentalité.

Deux albums bof pour la suite.

J’aime les pommes (Wabbes) et La petite reine (Jadoul et Pineur). Oui, bof. Parce que parfois il n’y a vraiment que ce mot pour être synthétique. Je n’ai rien contre ces histoires, mais pas de frissons et autre gloussements qui me donneraient envie en temps qu’adulte de retenter l’aventure. Je pourrais vous dire que les illustrations sont jolies (mais vous avez des yeux pour voir les couvertures) ; que dans le bon contexte on passe un bon moment (mais Octave a toujours faim, donc dire qu’il aime les pommes, c’est se risquer à lui rappeler qu’il n’a pas mangé depuis 4 minutes au moins). Mais non. Il faut bien du moyen.

J’avais mis dans le sac quelques albums cartonnés de plus, mais ces derniers n’ont pas eu le succès du premier livre. Pas de « Encore » rabâché, mais une lecture en autonomie appréciable.

L’arbre Graine, Ravaloson et Barbier. Clairement celui que j’ai le moins aimé du lot cartonné.

L’art des bébés, Palette – Album cartonné
Du noir et blanc avec des œuvres d’art. Sympa, mais de loin pas le meilleur du genre.

Maisons, Collectif – Album Cartonné de la collection Mon imagier photo découverte.
La collection a l’air super sympa. Il a été sous-exploité par le foyer, mais si votre enfant est en plein développement de la parole, c’est une bonne idée je pense.

Devine, Le Saux – Album cartonné de chez Loulou et Compagnie.
Celui là, je le recommande vivement et je l’emprunterai à nouveau. Deux images se font face. Deux très jolies photos en macro ou plein d’éléments différents (nature, animaux, outils, etc…). Entre les deux photos, un élément a disparu, il faut le retrouver.
Clairement, j’ai eu une problématique d’âge. Parce que sinon, il est délicieux !

Et enfin le dernier : Le loup dans la bergerie par Lemaitre et Rascal. Livre que je voudrais oublier. C’est donc l’histoire d’un loup… qui mange un troupeau de moutons gardé par un berger… Comme il veut rendre les choses intéressantes, le loup demande « Pourquoi est-on là ? » à chaque mouton avant de le dévorer. L’idée étant que si le mouton répond de manière satisfaisante, il pourra vivre. Sauf que le sens de la vie n’est pas une question simple, et qu’au final, le loup va manger tout le troupeau.
Comme il a de nouveau faim, il s’en va manger le berger (bah voyons) et au moment où il lui pose la question avant de lui sauter sauvagement dessus (attention spoiler !) le berger sort un fusil et déclare « Ce soir, je suis là pour te tuer ». Il tire, le loup meurt. Fin.
Non mais sans blague ? C’est quoi ce livre ?
La problématique du sens de la vie je veux bien, mais ce traitement par la violence à peine censurée et cette conclusion ?
Bref, celui-là, évitez quoi !

 

 

Je partage sur Facebook