Rebecca Dernelle-Fischer

Rebecca Dernelle-Fischer
D’origine belge, Rebecca est installée en Allemagne avec son mari et ses trois filles. Psychologue indépendante et mère au foyer pleine d’entrain, elle garde de ses études en psychologie positive un regard bienveillant sur la femme et la famille. Après avoir accompagné de nombreuses personnes handicapées, Rebecca est aujourd’hui la maman adoptive d’une petite fille porteuse de trisomie 21.

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Vivre en famille, c’est un peu vivre en Belgique, ça a un petit côté surréaliste !

Ben oui, moi je peux le dire, je suis belge, une fois !

Et j’avoue qu’entre les communautés, les régions, les provinces, les langues officielles, les panneaux routiers, j’en perds aussi mon latin. La Belgique est un pays toujours un peu au bord de la rupture, avec son lot de conflits et qui pourtant est gorgé de richesses humaines, géographiques et culturelles.

Et non, je ne parle pas seulement des frites, de la bière et du chocolat ! Je parle de l’humour, des patois, de la rue des Radis à Bruxelles, des ligues d’impros, des forêts ardennaises, de la mer du Nord…

Être belge, c’est une affaire de cœur.

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Si la vie te fait un croche-pied…

…prends le temps mais relève-toi !

Ce jour-là, elle a trouvé le journal de bord de sa grand-mère chérie :

« À la fin, les pages blanchissent. Jour après jour, la maladie lui a pris ses mots pour la laisser dans le chaos ».

Elle me regarde, les yeux pleins de larmes. Sa grand-mère souffre d’une démence foudroyante.

Je suis assise à côté d’une amie, elle a mon âge et il y a quelques semaines, elle a enterré son mari et reste seule avec un bébé qui n’a même pas un an.

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femme vent fabuleuse

Fabuleuses face au vent !

Dès que je passe la porte du magasin, je les entends : « bruyants, désagréables dans le ton, mais surtout gênants ». En plus dans le groupe je reconnais assez vite une maman dont la fille a été à l’école maternelle avec Emma. Je baisse la tête un instant, je soupire comme les autres clients du magasin. Ça gueule !

Les enfants dans les poussettes crient des « mamans je veux ça », les mamans répondent au mieux avec un « ferme-la tu as déjà eu un truc dans le magasin d’avant » pas piqué des verres. La grand-mère, la jeune mère et son mec, la meilleure copine et les enfants, en hyper-nombre. Les cheveux sont mi-bleus, mi-mauves, mi-blonds oxygénés. Et à la caisse je me retrouve derrière eux.

Quand c’est notre tour, je croise le regard de la maman que je connais et je lui dis bonjour. Elle répond en criant (bon ben voilà tout le monde sait que je la connais), elle Lire la suite…

conseil ultime à ma fille

Ultime conseil à ma fille

Après-midi calme à la maison.

Je nourrissais la petite dernière dans la cuisine quand Emma est arrivée en pleurant au moins toutes les larmes de son corps.

« Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaan, mamaaaaaaaaaannnn. »

Je m’attendais au pire quand elle réussit enfin à m’exposer son problème, m’expliquant entre deux sanglots que

« plus tard Ann-Céline et ses copines vont acheter un hôtel et elles ne veulent pas que je les aideeeeeeeeeeeeee ».

5 ans d’études en psychologie, et pas un prof n’a eu l’idée majestueuse de nous donner la solution aux problèmes existentiels des enfants de 6 ans. Des tonnes de livres sur l’éducation et aucun qui ne soit titré « toutes les réponses dont vous aurez un jour besoin en tant que maman».

Je pose la cuillère pleine de panade sur la table, je prends Emma sur mes genoux, je l’écoute, je ne dis rien, je lui fais des bisous sur la tête en la serrant bien fort contre moi. Et puis, elle se tourne vers moi, me sourit de toutes ces dents laits encore présentes et repart jouer contente avec les autres enfants. Ah ben tiens… euh mais j’ai rien dit moi…. Lire la suite…

Jeu de parent - iStock_000069644889_Medium

Jeu de parent

Avec mon mari, nous avons découvert une communication toute nouvelle depuis l’arrivée de nos enfants.

Appelons-le simplement le jeu du « au-cas-où », lieu de tous les possibles inimaginables et répondant généralement à un « mais pourquoi tu fais ça?» totalement incrédule face à un comportement du moins irrationnel et dont la réponse, sonnant comme la meilleure blague du siècle, est suivie du rire du publique. Essayons voir…

« Mais pourquoi tu mets ton réveil sur 7h30 chérie ? »

« Ben au cas où la petite dormirait plus longtemps ! »

-rire du public- Lire la suite…

les cernes fabuleuses au foyer

Les cernes… mes meilleures ennemies

« Maman, dis, c’est vraiment bizarre ton maquillage, pourquoi est-ce que tu t’es dessiné de grosses traces brunes sous tes yeux ? »

Bam ! Je ne l’avais pas vu arriver celle-là.

C’est ma deuxième choupinette qui vient de me poser LA QUESTION.  Je réponds « mais je ne suis pas maquillée », me regarde furtivement dans le miroir et MERDE, je comprends. 

Rire ou pleurer, j’hésite un instant… un long instant. J’opte pour les explications neutres.

« Emma, ce n’est pas du maquillage, ça s’appelle des cernes, ça montre quand une maman est très très fatiguée. » Lire la suite…

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«  Déclarée coupable ! »

Une étoile, cette femme qui me parle. Je la trouve élégante, gentille, intelligente et pourtant, pourtant, elle vient de me dire, les larmes dans les yeux, qu’elle n’a jamais été bonne à rien. Elle me dit : « Rebecca, j’ai toujours été de travers, je ne fais rien convenablement ».

« Je ne suis bonne à rien »

Cette femme de 50 ans est une maman, grand-maman, épouse qui donne encore tout ce qu’elle peut pour que sa famille ait une vie agréable. Et là, je la vois si désespérée, si « au bout du rouleau ». Elle s’occupe de sa mère souffrant d’Alzheimer, travaille à mi-temps et avec cet argent, elle aide l’un des ses fils à payer ses études de médecine. Comment lui retirer ce poids ? Comment lui dire qu’elle ‘sonne juste’ ? Que je l’admire ? Comment lui transférer un peu de mon admiration pour elle, pour qu’elle se voie enfin avec plus de compassion ? Mes mots arrivent, se posent un instant mais semblent s’effacer sur le champ. Lire la suite…

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La femme de mon mari est chiante aujourd’hui

La femme de mon mari est à bout aujourd’hui…

…  elle aimerait partir sur une île déserte, sans même se prendre avec elle.

…  elle aimerait réagir en adulte aux chicaneries de la vie, mais elle se cache pour pleurer sous la couette.

… elle est tellement fatiguée qu’elle ne rêve que de dormir mais passe plutôt son temps à lire les statuts de ses copines à qui tout semble sourire.

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Elle va encore tout faire mieux que moi !

« Non non, je ne suis pas jalouse… »

Ce jour-là, je raccroche mon téléphone avec un pincement au cœur. Elle est enceinte. Elle me l’a annoncé, je l’ai félicitée : « Oh, super, enfin, tu vas être maman. Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais-moi signe.» Et j’ai pensé : « Ben voilà, elle a la chance de tout recommencer du début. Elle va encore tout faire mieux que moi. Mieux gérer, mieux éduquer, mieux habiller, mieux photographier… et son bébé va être le bébé du siècle. » Voilà comment une bonne nouvelle devient un sujet de déprime.

J’aimerais tant vous écrire autre chose. Vous écrire qu’âgée de 37 ans, mère de trois filles, psychologue, femme de pasteur, je me réjouis toujours du bonheur des autres ; que toute ma force se trouve dans la sérénité que j’ai trouvée aux cours des années ; que je n’ai plus l’impression que l’herbe est plus verte ailleurs. Lire la suite…

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Je suis une maman césarienne… et alors ?

Au moment où j’écris ce billet, il y a exactement 8 ans que notre deuxième fille voyait le jour. Elle est arrivée par césarienne et c’était planifié. Qu’est-ce que j’ai pu entendre comme remarques à propos de cette décision ! La veille de sa naissance, une sage-femme me demandait avec pitié et une petite once de jugement : « Êtes-vous vraiment CERTAINE de ne pas vouloir essayer ? »

Eh bien non merci, j’ai déjà donné.

Une semaine après, cette sage-femme est entrée timidement dans ma chambre d’hôpital en disant : « J’aimerais m’excuser, j’ai lu le rapport médical de l’accouchement de votre première fille. N’ayez pas honte d’avoir choisi de faire une césarienne directement cette fois-ci. » Quel soulagement d’entendre cette simple phrase : « Je sais ce que vous avez traversé, je comprends votre décision ».

Pourtant, il m’a fallu de nombreuses années pour déculpabiliser à propos de ma première césarienne. Parfois, j’ai l’impression d’avoir failli, d’avoir raté la venue sur terre de mes filles. Lire la suite…

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Gratitude

Lundi matin. Après un week-end bien rempli, je commence ma semaine, fatiguée, dans un appartement mal rangé. Ma petite de 2 ans et demi a une gastro-entérite carabinée. Elle gémit dans mes bras. Le contenu de son lange est étalé sur mon pyjama. Et là, je vacille entre la crise de nerf et le fou rire. Je choisis de rester calme et je réfléchis à mon prochain statut Facebook.

Consignes à moi même : respirer profondément (ab ben non en fait, si on prend en compte l’odeur) et penser à la machine à laver qui fonctionne. Bien entendu que mon pyjama est sale, que mes mains puent et que ma journée consistera en gros à faire des lessives, aller chez le pédiatre et essayer de faire boire ma fille le plus possible. Lire la suite…