Marie Chetrit

Marie Chetrit
Marie et son fabuleux époux ont chacun un grand d’une première union (une fille pour elle, un garçon pour lui) et deux petits diablotins ensemble. Ils tentent de gérer au mieux cette jolie famille recomposée, dans la joie et la bonne humeur (le plus souvent), dans les cris et les engueulades (parfois). Marie amorce le virage de la quarantaine comme une vraie remise en question personnelle et professionnelle. Scientifique de formation et de profession mais littéraire de cœur, elle partage sur son blog de petits textes sur les moments rigolos ou exaspérants de sa vie familiale. Découvrir son blog : "Les Petits Ruisseaux font les Grandes Rivières"
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Ma petite fille sera bientôt une jeune femme

Ma petite fille sera bientôt une jeune femme.

La garce ! Comment ose-t-elle ?

Bon, pour de vrai, je ne pense pas les choses aussi crûment. Enfin, du moins sur le plan conscient.

La petite fille sautillante avec ses couettes s’éloigne de plus en plus dans les méandres du temps. Je m’en rends compte chaque jour. Terminé, les petites jupes fleuries et les T-shirts à paillettes qui ont fait les délices de ses années de primaire. Au fur et à mesure que son corps s’épanouit, sa garde-robe devient plus sobre. Les hommes commencent à la regarder dans la rue. Ses conversations mûrissent, elle se pose des questions d’adulte. Les histoires de cœur commencent à pointer le bout de leur nez (Au moins chez les copines. Mais je suis sans doute naïve…).

Un petit répit, j’ai encore un peu de répit devant moi.

Dans quelques années, elle sera une jeune femme, déjà. Et moi, je ne serai plus une jeune femme. Je serai une femme jeune. Ou même une femme tout court, ou une femme mûre. Comment accepter qu’elle évolue vers le zénith de sa beauté, et qu’elle se métamorphose en douce pêche veloutée, alors que de mon côté, je me dirige vers le vieux pruneau ? Lire la suite…

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Maman solo en semaine

Chère Fabuleuse,

Peut-être es-tu une maman solo. Ou peut-être que ton chéri est militaire, commercial, sous-marinier, astronaute, travaille de nuit, ou travaille énormément, tout bêtement.

Dans tous les cas, on sait bien ce que ça veut dire : c’est pour qui, la course du matin, le tunnel infernal de 18 à 21h, le pédiatre, les lessives à la pelle et les enfants qui courent en hurlant tout nus et en jetant des jouets ? C’est pour toi.

Alors je voulais te dire que tu n’es pas la seule.

J’ai connu à peu près toutes les situations de maman dans ma vie. Maman mariée avec un enfant, maman divorcée, maman de nouveau mariée avec quatre, ou trois, ou deux enfants (selon les jours et les semaines), et depuis quelques temps, maman mariée mais solo du lundi au vendredi, et un week-end sur quatre.

Après un divorce plutôt houleux, j’ai vécu la garde alternée : une semaine intense et fusionnelle avec ma petite fille, sans rien déléguer. Puis une semaine en creux, sans trop oser lui téléphoner, pour ne pas perturber le cours de sa vie avec son papa. Une semaine de vide, de manque, qu’il me fallait remplir. Une semaine que j’ai appris à utiliser pour moi, pour renouer avec des amis perdus de vue, pour remettre de l’insouciance dans mon quotidien…et sauter à pieds joints jusqu’à la semaine suivante. Lire la suite…

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Montre-moi ton sac à main, je te dirai qui tu es

L’autre jour, avec une amie, nous parlions de nos sacs à main. Elle venait de s’en acheter un très original, le genre de sac qui claque et ne passe pas inaperçu, un sac assorti à sa personnalité. En le regardant, je me disais que jamais je n’oserais m’acheter un sac pareil :

“ Bien trop voyant pour moi, enfin ! ”

Et puis j’ai regardé le mien : classique, soigné, discret.

Trop discret justement.

En regardant mon sac, j’ai repensé à mes articles, ceux qui sont ici, sur le site des Fabuleuses, et ceux que je publie sur mon blog. Ici, je parle de moi en vérité, de ce que je n’oserais pas écrire là-bas. Là-bas, je montre mon autre visage, celui de la fille qui aime s’amuser, se tourner en dérision et parfois même exagérer jusqu’à raconter n’importe quoi, pourvu que cela fasse rire.

Ces deux facettes forment celle que je suis vraiment, au fond de moi. Lire la suite…

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Mon couple ne sera jamais celui de mes parents

Mes parents formaient le couple parfait. Jamais une dispute. Jamais un mot plus haut que l’autre. Pas de désaccord. Ils étaient une seule voix, une seule vision de la vie, l’incarnation de l’unité, du bloc parental indivisible. À la mort de mon père, ma mère est restée seule, toujours. Elle a été, et reste, la femme d’un seul homme, d’un unique amour.

Quand je me suis mariée, ce modèle était très présent dans ma tête. Pour moi, les choses étaient claires : je tendrais à reproduire ce couple parental parfait, idéal, celui des contes de fées.

Dans les contes de fées, le prince et la princesse vivent heureux et ont beaucoup d’enfants. Mais il manque la suite de l’histoire. On n’entend pas parler de Blanche-Neige qui gueule pour la vaisselle sale dans l’évier, ou du Prince qui se casse prendre l’air avec ses copains. Ma vie telle que je l’imaginais, était un arrêt sur cette image :

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

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Pourquoi je n’ai jamais réussi à tenir mes résolutions

Cette fin d’année, je me suis livrée à un petit bilan, évaluant tout ce que m’ont apporté les Fabuleuses en 2018. Mes pensées m’ont conduite naturellement à 2019.

Début d’année oblige, les blogs regorgent d’articles du type « 2019 : mes résolutions », « Pourquoi je ne prends pas de résolutions cette année », « La seule résolution que je prendrai », ou encore “Faut-il vraiment prendre des résolutions ?”

Tiens, mes résolutions, d’ailleurs…

Comme presque tout le monde, j’ai toujours tenu mes résolutions du nouvel An… disons, une bonne semaine, quinze jours tout au plus, le temps d’avoir émergé des vapeurs de champagne. Me mettre au sport, apprendre à peindre, faire de la bonne cuisine maison pour mes enfants la semaine, préparer des gâteaux parfumés pour le goûter le week-end. Des résolutions évacuées discrètement et au plus tard le 19 janvier (avec les cadavres des bouteilles). Lire la suite…

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Noël et famille recomposée : la guerre assurée ?

Noël approche.

Les rues sont illuminées, les enfants démarrent le compte à rebours, vont bientôt pouvoir s’émerveiller du sapin si grand qui trône sur la place, et imaginer ce que le grand barbu habillé de rouge pourrait bien leur amener (enfin, c’est ce qu’on leur raconte)…

Chez nous, Noël revêt une autre dimension : la prise de tête du calendrier.

Nos deux grands partagent leur vie entre leurs autres parents, et nous.

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« De quoi tu te mêles ? »

C’est vrai ça, de quoi tu te mêles ?

Pourquoi irais-tu parler à cette maman toute blême devant l’école et qui a l’air tellement fatiguée ?

Pourquoi irais-tu aborder celle qui accompagne son petit garçon handicapé à l’école, et qui repart rapidement, sans jeter de coup d’œil ni à gauche, ni à droite, parce qu’elle n’en peut plus de l’insouciance des autres et qu’elle veut oublier la vie dont elle rêvait avant ?

Pourquoi parlerais-tu à cette voisine, celle que tu entends s’engueuler tous les soirs avec son mari et dont le bébé de trois mois hurle sans arrêt ?

Parce que toi, chère fabuleuse, tu peux faire quelque chose pour chacune d’entre elles.

Tu as traversé, ou tu traverses encore, la grande épreuve qu’est la maternité.

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Super lapin

Comme toutes les Fabuleuses, j’ai traversé dans ma vie des étapes moins fastes que d’autres, des années difficiles, des plans foireux et des moments de découragement.

Dans ces moments-là je me suis fait « aider », comme on dit pudiquement. Parce que j’avais décidé que le meilleur investissement à faire n’était ni dans un iPhone, ni dans une robe Tara Jarmon, mais que c’était bien en moi que je devais investir.

Donc, la personne qui « m’aidait » (ma psy, pour appeler un chat, un chat) m’a dit un jour :

« Fondamentalement, je ne peux rien pour toi ».

Cela m’avait un peu chamboulée, moi qui me sentais perdue, minuscule,

et qui attendais tout d’elle, comme si elle était le génie de liberté, place la Bastille qui s’envole dans le ciel, perché tout là-haut sur sa colonne. Et pourtant, avec le temps, j’ai compris qu’elle avait raison. Lire la suite…

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La quarantaine : ce que mon corps devient

Il m’arrive de regarder les jeunes filles et de les envier.

L’autre jour, j’ai même fait un truc un peu vache : à une jeune collègue, grande liane brune gracieuse qui venait d’avoir 25 ans, j’ai osé écrire le mot suivant :

« 25 ans. Le début de la fin. Bon anniversaire ! 😊 »

LOL. En plus, la pauvre, cela lui restait un peu en travers de la gorge, d’avoir 25 ans. Mais tant pis, ça lui apprendra, à elle qui dit souvent :

« Unetelle, elle est assez âgée, elle a 42 ans. Ho pardon, je ne disais pas ça pour toi, tu fais super jeune ! »

Sale gosse, va. Lire la suite…

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Après le divorce, rester parents

« Et si tu me refais ça, direct je porte plainte chez les flics ! Tu vas me le payer, je te jure que tu vas me le payer ! » Ce cri d’un père à une mère m’a saisie, il y a quelques mois, alors que je sortais de chez moi. Sur le trottoir, un couple se déchirait devant une petite fille.

Peu importe le motif de la dispute, peu importe qui a tort et qui a raison ; mais ce qui m’a frappé, c’est le visage contracté de cette enfant d’à peine dix ans retenant ses larmes. Elle est partie dans la voiture de sa mère avec toujours ce même petit visage navré, contenant de toutes ses forces ce chagrin trop grand pour elle.

Cela m’a bouleversée…

…de voir à quel point nous, parents, faisons parfois subir à nos enfants des situations au-delà de leurs forces.

En les voyant, j’ai repensé à cette étape de ma vie qui me paraît maintenant si lointaine. Mon premier mariage.

Un jour, malgré la promesse faite les yeux brillants devant tous nos proches, il n’a pas été possible d’aller plus loin ensemble. Et la rage au ventre, le cœur en écharpe, il a fallu accepter la réalité : des mois, des années d’incompréhension et de rancœur avaient tout détruit. Notre histoire était parvenue à son terme, sans retour possible en arrière, sans rien à sauver, avec derrière nous des tas de cendres.

Et il a fallu expliquer à la toute petite fille aux joues rondes et aux grands yeux, que papa et maman ne pouvaient plus vivre ensemble, qu’ils se faisaient du mal, qu’ils souffraient à deux, et qu’ils auraient désormais chacun leur maison.

Mais qu’ils seraient, toujours, papa et maman, toujours là pour elle, toujours ensemble quand il le faudrait.

Ce jour-là, c’était il y a dix ans. Dix années d’effort pour rester, ou redevenir, des parents ensemble malgré tout. Dix années qui ont abouti, après beaucoup de tempêtes, à une relation paisible et cordiale, et à une grande fille heureuse. Lire la suite…

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Au revoir tristesse, bonjour septembre

Les vacances sont comme ces petits cailloux chamarrés

que l’on voit briller au bord de la plage dans l’eau transparente, nimbés de soleil et chargés de la joie impatiente que l’on éprouve de les saisir. Sitôt que nous les avons au creux de la main, les petites pierres précieuses ternissent et se transforment en vulgaires cailloux. Je me faisais cette réflexion en me promenant sur le bord de la plage, les pieds dans l’eau tiède, devant la jolie baie bleue. Les goélands flottaient dans le ciel, les aînés s’amusaient dans les vaguelettes à grands renforts de ploufs et de cris, les petits cherchaient des cailloux et faisaient des pâtés de sable, accroupis en avant, leur chapeau sur la tête. À côté de nous, des grands-parents avec leurs petits-enfants, des couples d’amoureux sur leurs serviettes de plage, des mamans en bikini avec des bébés dans les bras. Je me promenais devant ce beau paysage rempli de gens détendus et heureux, tout allait bien et pourtant je me sentais maussade.

Mes vacances tant attendues,

que j’avais imaginées reposantes, riantes, paisibles et harmonieuses, ont été, en fait, encore plus fatigantes que la vie quotidienne. Je rêvais de confidences échangées, de siestes réparatrices, de visites enrichissantes, de complicité avec les enfants et mon mari. La réalité, c’est : Lire la suite…

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En mode vénèr contre mon mec

Suis-je normale ? Parfois je déteste mon mari si fort que je me le demande.

Je rentre le soir, bien énervée, avec les petits tournicotant autour de moi et s’accrochant à mes jambes, en mode koala geignard. Ma grande ressent, toutes affaires cessantes, le besoin urgent de regarder « Norman fait des vidéos ». Le petit hurle pour avoir son lait et marche dans mes jambes comme un chat. Le moyen hurle car il veut, là, maintenant, tout de suite, que je joue aux playmobils / que je fasse des crêpes / manger de la glace avant le dîner / que je m’occupe de lui plutôt que de son frère. Lire la suite…

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Ma vie Instagram

Parfois, quand je regarde les albums photos de mes relations FBInstaTwitt, je le confesse : je suis un peu jalouse.

Je feuillette avec envie des horizons nouveaux, des chemins inconnus, des calanques et des fjords, des cieux nuageux ou des soleils insolents. Et aussi des orteils sur la plage, beaucoup d’orteils. De beaux sourires et des visages heureux, avec des enfants qui courent, patauds comme des petits chiens (enfin on ne les voit pas courir car ce sont des photos, hein ; mais j’imagine qu’ils courent comme ça). Lire la suite…

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La persévérance du cactus

Dans mon bureau, il y a un cactus. Il est impossible de s’asseooooooooir…. Pardon, je disais donc :

Ce cactus était déjà là quand je suis arrivée ici, il y a… quelques années (bon, ok : vingt ans. J’ai commencé à travailler à dix ans et demi, c’est pour ça). A priori, c’est le doyen de mon boulot.

Il y a vingt ans, il tenait dans un tout petit pot. Il était assez moche à vrai dire, et ne faisait que des sortes de candélabres verts à section carrée. Pendant longtemps, le petit cactus moche est resté petit, cactus, et moche, dans son petit pot. Lire la suite…

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Monsieur cuisine

Tous aux abris !

La semaine dernière, mon bien-aimé a pris quelques jours de repos et nous avons donc eu la joie de goûter à sa délicieuse compagnie. Il est allé montrer sa fraise à la maîtresse de Chaton, aux copains de crèche de Lapin, le matin ET le soir : top luxe ! Et, conséquence logique, c’est lui qui a commencé la préparation du dîner.

Aïe.
Aïe aïe aïe.

Sa compagnie est délicieuse, sa bouffe en revanche, moins.

Mais bon.

Soixante dix-sept fois sept fois, c’est le nombre d’essais que je lui accorde. Lire la suite…

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Maman se fait la belle

Bon, ça suffit maintenant ! Il y en a marre de toute cette guimauve, de cet émerveillement béat devant les niaiseries infantiles quotidiennes de mes rejetons !

Je lève l’étendard de la révolte maternelle, j’envoie tout péter et JE ME CASSE, comme Thelma et Louise (note pour moi-même : penser à regarder ce film, un jour), en laissant toute la clique de marmots avec leur parent n°2 – je veux dire, leur père et beau-père !

Ciao, à moi la virée en Italie !

Peut-être même avec des copines qui comme moi en ont ras la casquette, cheveux au vent dans une décapotable sur des routes bordées de cyprès, dans le doux soleil de fin d’après-midi et le verre de chianti accompagné de prosciutto en fines tranches, sur la place bruissante à la tombée de la nuit. Lire la suite…