Hélène Dumont

Hélène Dumont
Après avoir suivi un parcours de Lettres et Civilisations, Hélène est devenue professeur des écoles puis conseillère conjugale et familiale. Très attachée aux problématiques de l’articulation du maternel et du féminin, elle garde l’intuition que celle-ci ne peut être pensée sans la présence du masculin. Elle travaille aujourd’hui en cabinet libéral au rythme de sa vie de famille : un chouette époux depuis 18 ans et 6 enfants ! conseilconjugaletparentalite.com
http://www.conseilconjugaletparentalite.com/

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La quarantaine

Hier soir, au lit avec mon mari.

Lui, avachi sur le ventre à bouquiner un polar qui semble passionnant. Moi assise, le dos contre un oreiller, mon nouvel agenda en main. Je scrute les pages : janvier 2018, février 2018, mars 2018… AVRIL 2018.

Je finis par le poser de côté. Gros soupir. Je soulève mon t-shirt et louche, le menton baissé à me casser le cou, sur mon ventre et ses boudins en escaliers.   Lire la suite…

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Le deuil de la maternité

Un matin en semaine. Hannah dort. Mon fils aîné attrape son sac à la volée pour partir au lycée. Il y a 17 ans, je l’attendais. J’étais heureuse : j’allais devenir mère pour la première fois. Puis les années ont filé. Trop vite… Par la porte entre-ouverte, j’aperçois le visage poupon et paisible de ma dernière-née.

Je sais qu’une page se tourne : je n’aurai plus d’enfant. Nous n’aurons plus d’enfant. Lire la suite…

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À chacun(e) sa mission ?

Cet été, j’ai écrit un texte où il était question d’une reconversion professionnelle. Suite à sa parution sur le blog, j’ai reçu de nombreuses questions : « Comment as-tu sentie/découvert que tu étais sur la bonne voie ?  Je voudrai changer de métier … Je n’ose pas. »

Je vais tenter à travers cet article de vous en dire un peu plus. Mais nous sommes uniques, et ce qui a été vrai et bon pour moi ne le sera pas forcément pour une autre ou alors de façon nuancée, dans un ordre différent. L’essentiel est que vous puissiez tirer de ce récit une réflexion qui fera avancer la votre.   Lire la suite…

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Maisons de famille

« C’est drôle, cette maison fera partie de nos souvenirs »* écrit Frances Mayes à propos d’une maison de vacances achetée en Toscane.

Cette idée me touche.

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Et quand ton mec se barre

La sidération du départ fait place à la parole.

Il y a quelques mois son « mec », comme elle dit, s’est barré, la laissant seule avec trois enfants. Le dernier venait de naître.
Elle qui rêvait de se poser pour un congé mat’… et bien, c’est raté.
Seule, elle devra reprendre le travail, trouver une maison moins chère, se débrouiller avec ses horaires, ceux de l’école et la nounou.

Maintenant, elle arrive à en parler.
Au départ, bien que dotée d’un caractère jovial et bavard, rien ne sortait. Le choc avait constitué comme un bouchon noir au milieu de la gorge, formé une grosse boule d’incohérence au fond de l’estomac. Impossible de penser ce qui lui arrivait. Lire la suite…

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Je suis partie

Il y a quelques années, j’ai fait ma valise et je suis partie.

Septembre 2012. Nous en avions parlé. Longtemps. Tout était prévu. Une heure de bus, une heure de train.

Sur le quai, je pense à la maison que j’ai laissée : un mari et quatre enfants dont un qui, à l’époque, faisait sa rentrée en petite section. J’ai quelques remords : il devra manger à la cantine dès le mois de septembre. Cela me tracasse.

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Mon enfant pense autrement

C’est la fin de l’année scolaire, l’heure des bulletins, du passage dans la classe supérieure, de l’orientation. L’heure du bilan : « Mon enfant a-t-il passé une bonne année ? »

Si de nombreux enfants sont heureux à l’école et ne rencontreront pas de problèmes majeurs, d’autres auront besoin d’un accompagnement particulièrement bienveillant. En effet, je vous parle aujourd’hui de ces enfants qui apprennent différemment, perçoivent le monde autrement, analysent les choses avec un angle de vue tout à fait original, appréhendent le temps et l’espace de façon parfois déconcertante. Et, souvent, cela conditionne de façon considérable leur bien-être à l’école.

Ils sont si loin du cadre proposé !

On les appelle les « précoces », les « zébrés », les « pense autrement » et leurs idées et pensées voyagent plus vite qu’un train lancé à grande vitesse. Ils sélectionnent leurs domaines de prédilection, y excellent ou chutent désespérément quand l’affectif s’en mêle. Ces enfants boudent la routine, la répétition, les espaces qu’ils ne veulent pas investir quand cela leur semble ennuyeux, inintéressant. Ils rechignent devant les difficultés, le goût de l’effort ne faisant pas partie de leurs priorités. Lire la suite…

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À toi petite Hannah qui vient de naître

Toi que j’ai désiré porter…

Je ne m’en lasse pas, je découvre ton corps si bien dessiné : la courbe de tes yeux, les lignes de ta main, le drapé de tes oreilles, la finesse de tes pieds.

Tout est bien là, et malgré ta peau rouge un peu fripée, tes poings serrés, la tête lourde abandonnée contre ma gorge, je suis saisie d’émerveillement.

Ton cri a surgi,

Première parole qui nous reliera désormais de mère à fille.

Tu me dis que tu es là, seconde nuance de rose après quatre nuances de bleu. Douce Hannah, ton regard qui s’ouvre péniblement cherche le mien et m’interroge.

Nous voici face à face :

Que puis-je te souhaiter ?

Bien entendu, je voudrais que tu sois heureuse,

Que tu sois « bien dans tes pompes », que tu croques la vie à pleine dents !

Je voudrais tant savoir être assez proche de toi pour te donner les moyens et l’envie irrésistible de vivre avec délice. C’est banal, n’est-ce pas ? En disant ça on n’invente rien.

Oui mais voilà, tu vois petite Hannah, c’est campé là, dans mes tripes de mère.

Quelque soit la longueur ou la blondeur de tes cheveux, je voudrais sans cesse que tu sois convaincue de la beauté de ton corps, de la noblesse de tes désirs, de la puissance de tes projets.

Corps de femme ?

Absolument. Et non pas corps de rêve.

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Nos foyers sont des pépinières : celles des citoyens de demain.

Je les écoute parler. Les femmes. J’aime leurs interrogations. La maternité les a bousculées.  Quand je les regarde partir, je perçois à quel point chacune éprouve, à sa mesure, l’envergure du chantier dont elles sont maintenant responsables : faire grandir un enfant.

Leur questionnement est issu de leur quotidien, de leur expérience, davantage pressant à chaque fois que l’enfant pose un pas vers sa vie d’adulte. Une réflexion traversée par la conscience aiguë d’en faire des hommes. Former les citoyens de demain, pour qu’ils puissent penser l’avenir et construire le monde.

Je les imagine

Fabuleuses, au sein de leur foyer, une entreprise familiale, pépinière de bouts d’hommes en pleine croissance. Si j’ouvre le Larousse, la pépinière est :

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« Être mère, c’est apprendre à se séparer »

Je l’aime bien cette phrase, attrapée au vol il y a quelques années en écoutant la radio. Elle bouscule un peu, c’est vrai, mais elle m’est précieuse. Elle m’aide à voir les enfants grandir, et moi avec.

Un jour, alors que je la glissais dans l’une de mes interventions, une femme s’est approchée de moi. Visiblement, elle était  contrariée :

« Vous n’y allez pas un peu fort ? On nous parle du lien à construire, à soigner, à entretenir, et vous, vous nous dîtes le contraire ? »

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demenage

« Chérie ? On déménage ! »

« – Hélène ?

 – Mmh ?

– On déménage ! »

Il est huit heure du matin, mon homme me téléphone alors que je suis en train d’habiller ma dernière. Je viens de relire mon planning de la semaine. Je sais que dans une demi-heure la maison sera vide et que je pourrai savourer ce calme pour me plonger dans mon boulot.

C’est un moment de la journée que j’aime, tout comme cette période de la vie, parce que je me sens tournée vers l’avenir malgré les questions de logistique exigeante d’une famille nombreuse.

QUOI ????????

Vous savez, ce genre de nouvelle imprévue. Lire la suite…

ventre rond

« T’es complètement malade ? » et autres réactions à nos ventres ronds

Petite fille, je jouais à la poupée. Ringard ? Peut-être. Et alors ? Je faisais également du vélo, sautais des falaises dans un lac, lisais et inventais des tonnes d’histoires. Je m’imaginais indépendante : dans mes jeux d’enfant, l’homme était absent, parti à la guerre ou à la chasse.

J’étais maîtresse de mon logis et de ma vie. Je trouvais Blanche-Neige débile, naïve, bien bête de chanter en lavant le linge de sept nains qui n’en foutaient pas une à la maison. Je rêvais de sauter en parachute.

Mais, jouer à la poupée, c’était vraiment mon truc. J’adorais ça. Je voulais devenir maman. C’était là, au fond de moi, collé à ma peau.

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fabuleuses enfants

Mais pourquoi donc faites-vous autant d’enfants ???

Je m’attendais à toutes sortes de réflexions, mais pas à celle-ci.

J’attends un sixième enfant et je viens de l’annoncer. Il y a dans ma déclaration naïve « Je suis enceinte ! » comme un parfum de scandale. La question me touche. Elle tourne comme un petit vélo dans ma tête. De longs jours. Au fond, c’est une très bonne question.

Une charade familiale.

Mon premier est arrivé à la fac. Enceinte à plus de 8 mois et demi à la bibliothèque royale de Bruxelles, j’ai bien cru que j’y accoucherais. Aujourd’hui, il adore lire.

Mon second est venu la veille de mes écrits d’instit. J’ai repiqué le concours l’année d’après. On ne trouve pas gamin plus scolaire que lui.

Mon troisième a été conçu dans le tsunami d’une maison que l’on retapait. Il est d’un calme déconcertant et ne craint aucun désordre.

Mon quatrième s’est invité lors d’un voyage en Italie. Pendant plusieurs années, sa grand-mère l’a emmené visiter lignes de bus, de tramway, de métro, à pied, en vélo, en trottinette …

Ma cinquième s’est annoncée un jour de brocante au village. Pour l’instant, elle passe son temps à vider les placards. Lire la suite…

Studio shot of trendy young family against a gray background

J’apprends à parler ados

Vous parlez quel langage, vous ?

Moi, je suis en cours de formation. J’apprends à parler « Ado ». J’attends ce jour fantastique où je pourrais peut-être valider quelques acquis. Je dis bien peut-être, car rien n’est jamais assez sûr dans ce domaine. Je repousse toujours mon échéance. Ou plutôt : ILS me forcent à la repousser.

ILS ? Ce sont mes ados, pardi ! Je cherche des parents qui suivraient le même cursus que moi.

Y a-t-il quelqu’un par ici ?

On pourrait échanger, décoder ensemble, plancher sur une version, oser un ou deux thèmes. Ça pourrait être sympa, non ? Chez nous, ils sont plutôt branchés rap, rock, electro, smileys attitude, selfies, shoesfies, expressions bizarres. Chaque jour, j’élargis ma culture générale, je découvre un univers de musiques hétéroclites, j’enrichis mon vocabulaire. Voyage en terre inconnue.

Waouh ! C’est cool ! Lire la suite…

Young beautiful woman with freckles, outdoors.

Evidemment que je suis fidèle

« Je suis en couple, évidemment que je suis fidèle ! »

Ah oui ? Fidèle à quoi, à qui ? Et si l’infidélité n’était pas toujours ce que l’on croit :

« Être infidèle, c’est tromper son conjoint, tout le monde n’est pas concerné » me direz vous.

Non, bien entendu … Quoi que…

« Au secours, ma femme me trompe ! »

me dit un homme, désemparé. Mais ce n’est pas de l’infidélité adultérine dont il est ici question car il ne suffit pas de prendre un amant pour être infidèle. L’infidélité dont je voudrais vous parler est plus subtile, mais ô combien douloureuse pour les hommes et les femmes qui la vivent, parfois même sans s’en rendre compte. Du moins, au début, car cette infidélité-là arrive sans crier gare. Elle a même un beau visage : celui de la maternité… Lire la suite…

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La vie en bleu

Un jour, devenir mère.
Voir la vie en bleu.

Se faire arroser un matin en changeant une couche. Découvrir la vie au masculin. Lui offrir sa première voiture : la faire rouler dans les couloirs, des kilomètres durant. User les genoux de pantalons, des siens, et des miens. Lui apprendre à faire pipi assis. Puis pipi debout.

Devenir mère une deuxième fois.
Accueillir la vie en bleu.

Se dire qu’à deux, ils feront la paire. Le vérifier très vite. S’émerveiller devant le premier château-fort. Tailler des cubes en bois. Construire. Déconstruire. Reconstruire. Recommencer. Ne jamais se lasser. Fabriquer des épées et coudre des capes : choisir entre un Zorro ou un super-chevalier. Chercher les capes. Retrouver son beau châle noir ayant servi de cape. Le retrouver après la bataille, bien entendu … Lire la suite…

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J’ai choisi de vivre au rythme de mon corps

Ado, je faisais le grand écart sur la poutre. Ça me demandait beaucoup de souplesse et d’équilibre. Je ne pensais pas que plus tard, en devenant femme, j’aurais à travailler ces deux capacités  sur mon propre corps. Quotidiennement. Que ce travail ferait partie de ma vie de femme. De mon corps de femme, ce corps à la fois habité et traversé par une expérience singulière du temps, cette expérience singulière et incarnée qui est celle d’un double mouvement temporel et source de conflit.

Féminin et maternel :  une différence de tempo

Mais de quoi je vous parle ? C’est tout simple, je vous explique ! La femme est habitée par une « double temporalité » :

– Une temporalité « féminine » linéaire, sur le temps long de l’existence, allant toujours de l’avant. Une temporalité marquée par le désir d’aller vers l’autre, de s’ouvrir au monde : vie sociale, amicale, professionnelle, amoureuse, érotique, engagée, artistique … Il y a tant à faire !

– Une temporalité « maternelle », périodique et cyclique, avec un début et une fin. C’est le temps du maternel, des premières règles jusque la ménopause. Un temps qui s’impose au corps, et qui est lié à l’attente et à l’expérience de la perte : le temps des règles, de la grossesse, de l’allaitement, des gestes maternants … Un temps qui habite la femme presque 40 ans ! 480 mois ! Ce n’est pas rien, tout de même ! Cela lui demande de se réapproprier son corps de façon permanente. Lire la suite…