Hélène Dumont

Hélène Dumont
Après avoir suivi un parcours de Lettres et Civilisations, Hélène est devenue professeur des écoles puis conseillère conjugale et familiale. Très attachée aux problématiques de l’articulation du maternel et du féminin, elle garde l’intuition que celle-ci ne peut être pensée sans la présence du masculin. Elle travaille aujourd’hui en cabinet libéral au rythme de sa vie de famille : un chouette époux depuis 18 ans et 6 enfants ! conseilconjugaletparentalite.com
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« Les femmes doivent croire en elles pour prendre leur place »

Rencontre avec Claire de Saint Lager, jeune femme rayonnante et inspirante, fondatrice du parcours Graine de Femme et de Isha formation, auteur du livre La voie de l’amoureuse*. Le concept ? Aider les femmes à renouer avec leur désir profond. Une « pédagogie du désir » innovante et qui décape, un challenge osé et réussi.

Claire, quelle est l’intuition qui t’a amenée à réfléchir sur le féminin ?

Je me suis toujours interrogée sur la femme. Adolescente, je me posais déjà des questions : que signifie être femme ? La femme a-t-elle une mission spécifique, un rôle particulier ? En 2010, je suis partie au Cambodge avec Enfant du Mékong, en tant que responsable d’un foyer de dix-sept étudiantes. Les femmes du Cambodge ont inspiré cette quête, cette recherche du féminin en moi et dans le monde. À mon retour, j’ai eu l’opportunité de créer Graine de Femme, un parcours pour aider les adolescentes à grandir et mieux se connaître. Ces expériences m’ont forcée à creuser le sujet : comment approfondir la question complexe de la femme et du féminin sans entrer dans une caricature? Lire la suite…

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Deux fabuleuses dans une salle d’attente

Me voilà au petit matin dans la salle d’attente déjà bondée de mon médecin généraliste, Hannah machouillant consciencieusement un quignon de pain dans sa poussette. Je suis particulièrement fatiguée et j’ai mal. Infection urinaire.

Quatre personnes patientent déjà.

Je compte rapidement : une vingtaine de minutes par consultation équivaut à plus d’une heure d’attente. Beaucoup trop à mon goût pour supporter la douleur.

Ma petite voix négative, sautant sur l’occasion que lui offre ce moment de fatigue, s’enclenche et me murmure à l’oreille :

« Tu en fais trop, te voilà dans le rouge ! »

Je la maudis. Et ce matin, je dispose de 3600 secondes pour me battre avec elle, remettre en question l’organisation de la maison, l’intendance, mon boulot et revisiter chacun des temps que je passe auprès des enfants à écouter, rassurer, consoler, encourager, aider et soigner. Lire la suite…

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Mes seins

J’ai toujours été une folle dingue du dialogue intérieur. Mais les choses ont empiré depuis quelques années. Maintenant, je parle même à mon corps. Et notamment à mes seins.

C’est un fait.

Je les regarde, nus et blancs, dans le miroir de la salle de bain tandis que je me déshabille pour me doucher :

« Un peu palots, mes chers amis. J’aurais dû accepter de vous laisser caresser par le soleil. Aux côtés de ma gorge dorée, vous auriez meilleure allure. »

L’un cloche du téton tandis que l’autre regarde ailleurs. Il faut que je vous dise : je souffre d’un léger strabisme « tétonnier » divergent. Comme la rééducation du téton n’existe pas (avez-vous déjà rencontré des orthoptistes de la poitrine ?) je n’ai jamais osé parler de ce complexe à n’importe quel médecin, même le plus indulgent, de peur de passer pour une psychorigide de la poitrine parfaite.      Lire la suite…

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Elle est moche, ta princesse

Iris tapote le coussin du canapé : j’ai promis de lui raconter une histoire.

Ses yeux débordent de gourmandise tandis qu’elle me tend son livre favori. Il me suffit d’un quart de seconde pour déchanter :

« Aaaah ! Non Iris, pas La reine des bisous, on l’a lu déjà 542 fois cette semaine. On ne pourrait pas raconter une autre histoire ? »

Je voudrais me lever, mais Iris saute sur mes genoux rouillés pour s’installer confortablement et me déglinguer au passage mon petit orteil de pied.

Je sens que mes cheveux se hérissent. Que mon égoïsme enrage. Je sens que je vais « péter une durite ». J’ai tellement honte de toutes les pensées qui affluent dans ma tête que je n’ose pas même vous les partager. Je n’ai pas du tout envie de lire La reine des bisous. C’est mièvre.

Je commence donc l’histoire d’une voix ramollie

comme le beurre du dimanche matin à 10h en plein mois d’août que mes enfants ont oublié de ranger. Iris me secoue le bras :

« Non, maman, pas comme ça ! »

Sa détermination m’amuse et me fait sourire. A la deuxième page, je décide de varier ma diction, en mode accéléré. Ses grands yeux ronds me fixent curieusement, avec un brin de malice : Lire la suite…

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La houle

Cernée, elle passe délicatement la porte du bureau. Elle m’explique que cette nuit, elle a mal dormi, qu’en ce moment, le ton monte, les portes claquent. Elle perd patience.

Elle pense à ces mamans dont les enfants vont bien et réussissent ; à celles qui collectionnent, depuis la petite section, les gommettes vertes, les félicitations trimestrielles, les mention TB, les chambres bien rangées, les mercis et les câlins. Elle se passe en film ces mamans qui ont le chic de dialoguer avec leurs marmots, quand ce n’est pas avec ceux des autres. Elle se demande comment font les familles où « ça » ne crie pas, où tout le monde s’entend bien. Pas de vague.

« Et ta fille, ça va ? »

Dans les repas entre copines, elle éclipse le sujet, ravale sa salive, change de conversation. Elle n’a pas envie d’en parler parce qu’elle a peur d’être jugée, d’avoir un peu honte. C’est comme avouer un échec : il y a un arrière goût d’amertume dont on ne peut se satisfaire. On se dit qu’on expose un truc qu’on a loupé, sauf qu’ici, on ne sait pas très bien ce qu’on a raté, exactement.

Suis-je trop sévère ? Pas assez présente ? Trop sur son dos ? Pas assez proche ?
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Leçon n°4 : dessiner un triangle

Vous voyez à peu près à quoi ressemble un triangle ? Bon. Dessinez-le sur un papier, nous l’appellerons M,P,E.

Ça vous évoque un vague souvenir de Brevet ? Soit. C’est d’époque. Mais puisque nous avons grandi, alors changeons les consignes :
M = Mère
P = Père
E = Enfant Lire la suite…

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Leçon n°3 : laisser passer les tempêtes, et valser… librement

« Équipe gagnante », ai-je écrit la dernière fois ? Pas toujours si simple, la nouvelle implication des pères entraîne un double mouvement :

  • Du côté de la mère :

Il faudra qu’elle accepte de laisser des espaces au père.*

* Quand bien même sa propre mère ou belle-mère pourrait lui reprocher de ne pas suffisamment s’occuper des enfants ou d’en laisser trop à son mari** !
** Quand bien même il peut être difficile de lâcher les rênes du foyer. Même 5 minutes ! Lire la suite…

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Leçon n°2 : un rôle sur mesure

Rassemblez-vous : distribution des rôles ! Travail de scène ? Non.

Travail de vie !

« Je suis admirative de ce que font les jeunes papas ! » me partage cette grand-mère bien âgée. « Ils sont vraiment habiles pour changer une couche, savent préparer un repas… ce que ne faisait pas mon mari. Cela ne veut pas dire qu’il ne s’en préoccupait pas, mais c’était comme ça. Et puis, j’étais aidée, je ne peux pas dire que j’étais malheureuse !» Lire la suite…

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Leçon n°1 : le laisser naître à sa paternité

On ne naît pas père, on le devient.

La naissance actualise ce devenir en herbe. Première rencontre. Premier regard. Premiers gestes. S’adapter à ce nouvel autre -mon tout petit – est un apprentissage qui renvoie chaque homme à ce qu’il est, son histoire, mais aussi à sa capacité de croire qu’il pourra être père. Un bon père. Lire la suite…

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Je rêve d’un père

C’est un fait, on ne va pas refaire l’Histoire et ses (r)évolutions : les femmes, en investissant le monde du travail, ont progressivement sollicité les hommes afin qu’ils s’impliquent davantage au sein du foyer. Marmots, boulot, dodo : il fallait être aidées, ne pas rester seules. Et le débat n’est pas clos.

Leurs aspirations s’étendent toutefois au-delà des services rendus et du partage des tâches. Lire la suite…

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Histoire de chaussettes (et de famille nombreuse)

6h, ce matin :

Mon mari s’approche de moi, un paquet de chaussettes hétéroclites dans les bras. Toutes orphelines, trouées, vieillies. Les chaussettes, se sont les mal-aimées de notre garde-robe familiale. On a un vrai problème avec les chaussettes.

« Faudra faire du tri, un de ces jours » me rappelle-t- il en cherchant deux chaussettes noires à sa taille et presque pareilles. Il repartira avec une chaussette haute, une chaussette basse, mais sous son pantalon de costume, personne ne le verra. La chaussette ne fait pas l’homme, n’est-ce pas ? Lire la suite…

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Elles sont à qui, ces grosses fe-fesses ?

Hannah me regarde en babillant alors que je la déshabille. Iris commence à sauter sur le lit, puis lance sa chemise en l’air : la voilà nue comme un ver. C’est l’heure du bain. Jacques vient à ma rescousse. Du haut de ses 9 ans, je lui demande d’attraper sa petite sœur qui se sauve en hurlant. Hannah bat des mains et des pieds. J’adore ses bourrelets, ses triples cuisses et ses joues boudinées. Je serai capable de les étouffer de baisers qui pètent.

Iris a disparu. Cachée sous le tapis, on ne distingue que le bas potelé de son dos.

« Mais elles sont à qui ces grosses fe-fesses ? » s’exclame son frère. « À moi ! » répond une petite voix hilare.

Le bain coule. Ce temps du soin est un moment joyeux. Au-delà des débordements de joie et de baignoire, cet espace laissé à la nudité est un privilège donné à nos plus petits pour, déjà, parler du corps, de l’intimité, de la différence des sexes, et tisser avec eux un lien de tendresse singulière. Lire la suite…

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Lettre aux femmes

S’il est des écrits qui nous bouleversent, alors la Lettre aux femmes de Jean Paul II, rédigée en 1995, en fait partie. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai lue, et tout particulièrement ces dernières années. Que l’on soit croyante ou non, on ne peut rester indifférente à la profondeur de ces quelques pages. Lire la suite…

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Séductrice ou séduisante ?

« Je vivais cette période de ma vie comme un élan : j’étais heureuse. J’avançais dans un temps de réalisation personnelle. Je me sentais libre, spontanée, belle. La question n’était pas de séduire ou non. Ma vitalité était naturellement contenue dans le seul fait d’être femme. Je ne pensais pas à l’impact que cela aurait sur les autres, et notamment sur cet homme. J’étais peut-être séduisante, mais jamais je n’ai été séductrice. » Elle s’arrête : « L’intention n’est pas la même, vous comprenez ? »

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Comment lui direz-vous « je t’aime » ?

Aimer et être aimé…

Nous aspirons tous à être aimé de façon authentique, pour ce que nous sommes.
Et nous avons tous besoin d’aimer en retour. Je le dis souvent aux personnes, petites et grandes, que j’accompagne :

Ce désir est sain. Il est essentiel et constitutif de notre humanité. Pour vivre heureux, « debout », nous avons autant besoin d’aimer que d’être aimé, autant besoin de se sentir aimable que de signifier notre amour.

Pourtant, au regard de mon expérience de femme, d’épouse et de mère, à l’écoute de ce que me confient les couples, aimer et se laisser aimer ne semble pas si simple. Ce désir est même la source de nombreux malentendus, quand il ne provoque pas (souvent, parfois !) de grandes déceptions et blessures.

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Amoureuse (oui, mais d’un autre homme)

L’entretien avait débuté de cette façon, à quelques mots près :

« Je suis sur le point de prendre un amant ; comprenez bien que je suis tombée amoureuse, sauf qu’il ne s’agit pas de mon mari. Et que malgré toutes mes convictions, le mariage, la fidélité… J’ai bien peur de ne savoir résister plus longtemps. »

La question de l’infidélité se pose au sein de nombreux couples

Elle n’est pas toujours actée mais déstabilise à chaque fois. Elle renvoie à la promesse de fidélité échangée et sur laquelle le couple a pu se construire et investir. Elle active à nouveau le souvenir de l’engagement pris, socle de confiance et de sécurité affective incontournable pour celles et ceux qui désirent cheminer ensemble le plus longtemps possible.

« Je ne peux expliquer ce qui m’arrive, poursuit-elle, ce n’est pas mon genre, mais là je craque. »

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Iris ou Madame en majesté

J’entends mes chaussures à talons qui claquent. Sauf que je ne les ai pas aux pieds.

« Bon-your maadââme ! Cha va ? »

Je sors la tête du hublot de la machine à laver d’où je viens d’extraire un troisième tas de linge mouillé.
Elle est là, plantée à mes côtés. Elle me fixe en hochant la tête, fièrement perchée sur 10 cm de cuir en daim retourné qui m’appartiennent, la bouche barbouillée de chocolat.

« Mmmh, ch’est bon, dit elle en remuant le papier chiffonné de la papillote fraîchement dérobée. Mmmmh, ch’est la pi-pa-yot. Cha va maaadâââme ? »

« Tu vois Iris, il y a 2 secondes, j’allais bien. Mais là, NON. J’en ai ras le pompon. »

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Tu ne connais pas la dernière ?

Pour toutes les fois où j’ai pu entendre en cabinet : « Et voilà ce que les autres en disent maintenant ! C’est déformé, ce n’est pas ce qui se passe, c’est tellement faux. Je me sens trahie, meurtrie, salie, au sein de ma famille, de ma belle-famille, de mes amies, de mon quartier, de mon boulot. »

Pour toutes les fois où je me suis dit : « Mais comment est-ce possible ???? »

Eh, pssst ! Tu connais pas la dernière ?

– Nan ??? Tu crois que sa fille est enceinte ?

– Elle a pris un amant ?

– Leur fils a fumé un joint ?

– Son homme a fait de mauvaises affaires.

C’est ce qu’ON m’a dit. »

En même temps …

– Elle n’avait qu’à la surveiller !

– C’est une séductrice, c’est tout.

– Pas si parfaite, finalement, la famille …

– Voilà ce qui arrive quand on voit les choses en grand.

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La quarantaine

Hier soir, au lit avec mon mari.

Lui, avachi sur le ventre à bouquiner un polar qui semble passionnant. Moi assise, le dos contre un oreiller, mon nouvel agenda en main. Je scrute les pages : janvier 2018, février 2018, mars 2018… AVRIL 2018.

Je finis par le poser de côté. Gros soupir. Je soulève mon t-shirt et louche, le menton baissé à me casser le cou, sur mon ventre et ses boudins en escaliers.   Lire la suite…

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Le deuil de la maternité

Un matin en semaine. Hannah dort. Mon fils aîné attrape son sac à la volée pour partir au lycée. Il y a 17 ans, je l’attendais. J’étais heureuse : j’allais devenir mère pour la première fois. Puis les années ont filé. Trop vite… Par la porte entre-ouverte, j’aperçois le visage poupon et paisible de ma dernière-née.

Je sais qu’une page se tourne : je n’aurai plus d’enfant. Nous n’aurons plus d’enfant. Lire la suite…

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À chacun(e) sa mission ?

Cet été, j’ai écrit un texte où il était question d’une reconversion professionnelle. Suite à sa parution sur le blog, j’ai reçu de nombreuses questions : « Comment as-tu sentie/découvert que tu étais sur la bonne voie ?  Je voudrai changer de métier … Je n’ose pas. »

Je vais tenter à travers cet article de vous en dire un peu plus. Mais nous sommes uniques, et ce qui a été vrai et bon pour moi ne le sera pas forcément pour une autre ou alors de façon nuancée, dans un ordre différent. L’essentiel est que vous puissiez tirer de ce récit une réflexion qui fera avancer la votre.   Lire la suite…

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Maisons de famille

« C’est drôle, cette maison fera partie de nos souvenirs »* écrit Frances Mayes à propos d’une maison de vacances achetée en Toscane.

Cette idée me touche.

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Et quand ton mec se barre

La sidération du départ fait place à la parole.

Il y a quelques mois son « mec », comme elle dit, s’est barré, la laissant seule avec trois enfants. Le dernier venait de naître.
Elle qui rêvait de se poser pour un congé mat’… et bien, c’est raté.
Seule, elle devra reprendre le travail, trouver une maison moins chère, se débrouiller avec ses horaires, ceux de l’école et la nounou.

Maintenant, elle arrive à en parler.
Au départ, bien que dotée d’un caractère jovial et bavard, rien ne sortait. Le choc avait constitué comme un bouchon noir au milieu de la gorge, formé une grosse boule d’incohérence au fond de l’estomac. Impossible de penser ce qui lui arrivait. Lire la suite…

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Je suis partie

Il y a quelques années, j’ai fait ma valise et je suis partie.

Septembre 2012. Nous en avions parlé. Longtemps. Tout était prévu. Une heure de bus, une heure de train.

Sur le quai, je pense à la maison que j’ai laissée : un mari et quatre enfants dont un qui, à l’époque, faisait sa rentrée en petite section. J’ai quelques remords : il devra manger à la cantine dès le mois de septembre. Cela me tracasse.

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Mon enfant pense autrement

C’est la fin de l’année scolaire, l’heure des bulletins, du passage dans la classe supérieure, de l’orientation. L’heure du bilan : « Mon enfant a-t-il passé une bonne année ? »

Si de nombreux enfants sont heureux à l’école et ne rencontreront pas de problèmes majeurs, d’autres auront besoin d’un accompagnement particulièrement bienveillant. En effet, je vous parle aujourd’hui de ces enfants qui apprennent différemment, perçoivent le monde autrement, analysent les choses avec un angle de vue tout à fait original, appréhendent le temps et l’espace de façon parfois déconcertante. Et, souvent, cela conditionne de façon considérable leur bien-être à l’école.

Ils sont si loin du cadre proposé !

On les appelle les « précoces », les « zébrés », les « pense autrement » et leurs idées et pensées voyagent plus vite qu’un train lancé à grande vitesse. Ils sélectionnent leurs domaines de prédilection, y excellent ou chutent désespérément quand l’affectif s’en mêle. Ces enfants boudent la routine, la répétition, les espaces qu’ils ne veulent pas investir quand cela leur semble ennuyeux, inintéressant. Ils rechignent devant les difficultés, le goût de l’effort ne faisant pas partie de leurs priorités. Lire la suite…

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À toi petite Hannah qui vient de naître

Toi que j’ai désiré porter…

Je ne m’en lasse pas, je découvre ton corps si bien dessiné : la courbe de tes yeux, les lignes de ta main, le drapé de tes oreilles, la finesse de tes pieds.

Tout est bien là, et malgré ta peau rouge un peu fripée, tes poings serrés, la tête lourde abandonnée contre ma gorge, je suis saisie d’émerveillement.

Ton cri a surgi,

Première parole qui nous reliera désormais de mère à fille.

Tu me dis que tu es là, seconde nuance de rose après quatre nuances de bleu. Douce Hannah, ton regard qui s’ouvre péniblement cherche le mien et m’interroge.

Nous voici face à face :

Que puis-je te souhaiter ?

Bien entendu, je voudrais que tu sois heureuse,

Que tu sois « bien dans tes pompes », que tu croques la vie à pleine dents !

Je voudrais tant savoir être assez proche de toi pour te donner les moyens et l’envie irrésistible de vivre avec délice. C’est banal, n’est-ce pas ? En disant ça on n’invente rien.

Oui mais voilà, tu vois petite Hannah, c’est campé là, dans mes tripes de mère.

Quelque soit la longueur ou la blondeur de tes cheveux, je voudrais sans cesse que tu sois convaincue de la beauté de ton corps, de la noblesse de tes désirs, de la puissance de tes projets.

Corps de femme ?

Absolument. Et non pas corps de rêve.

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Nos foyers sont des pépinières : celles des citoyens de demain.

Je les écoute parler. Les femmes. J’aime leurs interrogations. La maternité les a bousculées.  Quand je les regarde partir, je perçois à quel point chacune éprouve, à sa mesure, l’envergure du chantier dont elles sont maintenant responsables : faire grandir un enfant.

Leur questionnement est issu de leur quotidien, de leur expérience, davantage pressant à chaque fois que l’enfant pose un pas vers sa vie d’adulte. Une réflexion traversée par la conscience aiguë d’en faire des hommes. Former les citoyens de demain, pour qu’ils puissent penser l’avenir et construire le monde.

Je les imagine

Fabuleuses, au sein de leur foyer, une entreprise familiale, pépinière de bouts d’hommes en pleine croissance. Si j’ouvre le Larousse, la pépinière est :

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« Être mère, c’est apprendre à se séparer »

Je l’aime bien cette phrase, attrapée au vol il y a quelques années en écoutant la radio. Elle bouscule un peu, c’est vrai, mais elle m’est précieuse. Elle m’aide à voir les enfants grandir, et moi avec.

Un jour, alors que je la glissais dans l’une de mes interventions, une femme s’est approchée de moi. Visiblement, elle était  contrariée :

« Vous n’y allez pas un peu fort ? On nous parle du lien à construire, à soigner, à entretenir, et vous, vous nous dîtes le contraire ? »

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« Chérie ? On déménage ! »

« – Hélène ?

 – Mmh ?

– On déménage ! »

Il est huit heure du matin, mon homme me téléphone alors que je suis en train d’habiller ma dernière. Je viens de relire mon planning de la semaine. Je sais que dans une demi-heure la maison sera vide et que je pourrai savourer ce calme pour me plonger dans mon boulot.

C’est un moment de la journée que j’aime, tout comme cette période de la vie, parce que je me sens tournée vers l’avenir malgré les questions de logistique exigeante d’une famille nombreuse.

QUOI ????????

Vous savez, ce genre de nouvelle imprévue. Lire la suite…

ventre rond

« T’es complètement malade ? » et autres réactions à nos ventres ronds

Petite fille, je jouais à la poupée. Ringard ? Peut-être. Et alors ? Je faisais également du vélo, sautais des falaises dans un lac, lisais et inventais des tonnes d’histoires. Je m’imaginais indépendante : dans mes jeux d’enfant, l’homme était absent, parti à la guerre ou à la chasse.

J’étais maîtresse de mon logis et de ma vie. Je trouvais Blanche-Neige débile, naïve, bien bête de chanter en lavant le linge de sept nains qui n’en foutaient pas une à la maison. Je rêvais de sauter en parachute.

Mais, jouer à la poupée, c’était vraiment mon truc. J’adorais ça. Je voulais devenir maman. C’était là, au fond de moi, collé à ma peau.

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